Bâtir l’avenir du Canada : investir dans l’enseignement des géosciences

Publié le: octobre 2025Catégories: Série éditoriale 2025, Éditoriaux

Auteur:

Paul Hubley

Photo de Paul Hubley – Paul Hubley
Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.

Le Canada se trouve à un tournant décisif dans la poursuite de ses objectifs nationaux liés à la résilience climatique, aux minéraux critiques, à l’énergie propre et aux infrastructures durables. Or, un obstacle majeur menace les progrès : la baisse des investissements dans les sciences de la Terre et les géosciences (au Canada, les géosciences désignent l’application des principes des sciences de la Terre à la protection du public). Sans un soutien solide au développement de géoscientifiques qualifiés, le Canada risque de ne pas atteindre ses objectifs fédéraux au cours des cinq prochaines années et au-delà. 

Les géoscientifiques sont essentiels à de nombreux secteurs qui sous-tendent l'économie et la gestion environnementale du Canada. De l'évaluation et de l'extraction des ressources à la gestion des eaux souterraines, en passant par l'identification des risques et les sciences du climat, leur expertise est indispensable. En 2023 seulement, le secteur canadien des minéraux et des métaux – initié et soutenu par des milliers de géoscientifiques – a contribué à hauteur de 117 milliards de dollars au PIB national, soit 6 % du total. Si l'on inclut les effets indirects, ce chiffre atteint 159 milliards de dollars..  

 Les professionnels des géosciences ne sont pas seulement des moteurs économiques ; ils sont aussi des acteurs clés dans la réalisation des priorités nationales telles que les stratégies relatives aux minéraux critiques, les infrastructures vertes, les énergies propres, le logement abordable et l'atténuation des changements climatiques.

Malgré son rôle central, la géoscience demeure marginalisée dans le système d’éducation canadien. Les élèves du primaire et du secondaire sont rarement sensibilisés aux carrières en géoscience, et les inscriptions aux programmes postsecondaires en géoscience ont chuté de façon spectaculaire depuis 2015.Ce déclin survient à un moment où les gouvernements fédéral et provinciaux mettent l'accent sur l'approvisionnement national en minéraux essentiels, l'accès à l'eau potable et la construction de logements. Il en résulte une diminution du bassin de main-d'œuvre qualifiée, situation aggravée par le départ à la retraite imminent de 20 % des effectifs actuels en géosciences..

Ce manque de main-d’œuvre qualifiée compromet la capacité du Canada à mener à bien des projets d’intérêt national. Les programmes collégiaux et universitaires sont sous-financés ou fermés, ce qui touche de façon disproportionnée les groupes marginalisés et sous-représentés. Sans intervention, le Canada risque de perdre son avantage en matière de développement responsable des ressources et de leadership environnemental.

Pour relever ce défi, une stratégie à plusieurs volets est nécessaire :

  1. Accroître le financement de la sensibilisation: Il est essentiel d’accroître le soutien aux organismes de vulgarisation en géosciences existants, tels que Géoscientifiques Canada, la Fédération canadienne des sciences de la Terre, le Réseau canadien d’éducation en géosciences et Mining Matters. Ces programmes, d’excellente qualité et jouissant d’une grande réputation, nécessitent une multiplication exponentielle pour répondre aux besoins actuels.
  2. Sensibiliser le public: Des recherches menées au Canada sur la perception du public à l’égard des géosciences sont nécessaires, ainsi que l’élaboration de stratégies fondées sur des données probantes pour attirer les jeunes et les personnes en reconversion professionnelle vers les études et les carrières en géosciences.
  3. Soutenir l’innovation: Investir dans l’innovation en géosciences, notamment dans les applications de l’intelligence artificielle, la modélisation et le retraitement des déchets minéraux pour des technologies comme les téléphones cellulaires, les batteries et les éoliennes, permettra au Canada de maintenir son leadership en matière de développement durable des ressources.
  4. Renforcer l'enseignement primaire, secondaire et postsecondaire: Un soutien ciblé est nécessaire pour stabiliser et développer les programmes de géosciences à tous les niveaux d'enseignement, afin de garantir un vivier de talents national durable.
  5. Développer des outils de reconversion: Création de ressources pour aider les professionnels à effectuer une transition entre les secteurs lors des fluctuations du marché, renforçant ainsi la résilience de la main-d'œuvre et fidélisant les talents dans le secteur des ressources.
  6. Permettre une évaluation précoce des risquesIl convient de développer, dès les premières évaluations de projets, des outils intégrant les enjeux de durabilité, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et les objectifs environnementaux. Cela permettra de réduire les retards et les frictions dans les projets d'intérêt national.
  7. Promotion de l'équité, de la diversité, de l'inclusion et de l'accessibilité (EDIA): Réduction des obstacles systémiques par le soutien à des pratiques d'embauche inclusives, au développement du leadership et à l'amélioration de l'accessibilité dans les milieux éducatifs et professionnels. Des initiatives ciblées en matière d'égalité des chances et d'accessibilité garantiront une participation plus large aux géosciences.

Pour accélérer ces changements, une partie du budget du CRSNG pourrait être allouée, pour les cinq prochaines années, à l’enseignement et à la diffusion des connaissances en géosciences. Parallèlement, la modification des exigences afin de permettre l’inclusion de la recherche et de la diffusion des connaissances dans une seule proposition, plutôt que de les séparer en deux volets distincts, permettrait d’accroître l’efficacité. Cet investissement/cette réaffectation permettrait au Canada de tirer pleinement parti de son potentiel pour atteindre ses objectifs fédéraux en matière de minéraux critiques, de résilience climatique et de développement durable. 

L’avenir du Canada repose sur une main-d’œuvre en géosciences compétente, diversifiée et novatrice. En investissant dès aujourd’hui dans l’éducation et la sensibilisation, nous pouvons garantir que les défis de demain seront relevés avec expertise, équité et excellence.

À propos de Géoscientifiques Canada

Géoscientifiques Canada est l’organisme qui chapeaute les membres des ordres professionnels de géosciences. Ses membres délivrent des permis d’exercice à plus de 12 000 géoscientifiques dans toutes les provinces et territoires du Canada, à l’exception du Yukon et de l’Île-du-Prince-Édouard. Seule voix nationale de la profession de géoscientifique, notre organisme s’engage à collaborer avec le gouvernement fédéral afin de contribuer à l’élaboration de lois, de règlements et de politiques. Géoscientifiques Canada s’engage à œuvrer pour un avenir prometteur pour les géosciences au Canada et est prêt à travailler avec le gouvernement fédéral à cette fin. 

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Paul Hubley

Géoscientifiques Canada

PDG