Dr Burhan Hussein

Réseau canadien des scientifiques noirs

2025

Lauréat du prix Jeunesse

Bio: Burhan Hussein est un chercheur chimiste, enseignant et passionné d'innovation, spécialisé dans les technologies durables, la science des matériaux et les politiques scientifiques. Sa carrière englobe la recherche universitaire, la collaboration avec l'industrie et la commercialisation, avec des travaux allant des matériaux de capture du carbone aux nouvelles thérapies contre le cancer. Au-delà du laboratoire, Burhan se concentre sur les écosystèmes d'innovation inclusifs et la mobilisation des connaissances, veillant à ce que la science se traduise en solutions qui servent équitablement les communautés. En tant que directeur de programme du Réseau canadien des scientifiques noirs, Burhan dirige des initiatives qui renforcent l'équité en STIM et créent des voies pour les voix sous-représentées en sciences. Son travail relie la recherche, l'engagement public et les politiques, avec pour objectif de bâtir un écosystème scientifique et d'innovation plus accessible au Canada.

Proposition:

Burhan Hussein s'engage à promouvoir l'innovation inclusive grâce à ses recherches et à ses propositions politiques tournées vers l'avenir. Sa proposition, « Cadre d’innovation décentralisée : libérer le potentiel de R&D communautaire » vise à remédier aux inégalités structurelles de l'écosystème d'innovation canadien, où le financement et les infrastructures de recherche demeurent fortement concentrés dans un petit nombre d'établissements et de régions.

L’originalité de cette proposition réside dans son approche globale et communautaire, qui vise à reconnaître les organismes locaux de confiance, tels que les bibliothèques, les centres de sciences, les pôles autochtones et les ateliers de fabrication, comme des lieux légitimes pour la recherche et le développement. En favorisant la décentralisation, l’accessibilité et la collaboration, la proposition cherche à accroître la capacité d’innovation du Canada, à soutenir les communautés sous-représentées et à créer de nouvelles voies pour que les idées passent des initiatives locales à un impact national. À travers ce travail, Burhan démontre comment une innovation inclusive et communautaire peut renforcer le développement régional et le leadership du Canada en matière de recherche et de technologie.

Inspiration de la proposition :

Cette proposition s’inspire de mon expérience de scientifique, d’organisatrice communautaire et d’innovatrice confrontée aux obstacles entre la recherche, l’accès public et la commercialisation. Malgré un important vivier de talents en R-D, de nombreuses idées, notamment celles issues de groupes sous-représentés et de régions mal desservies, ne dépassent jamais le stade du laboratoire ou d’un projet pilote communautaire. L’infrastructure de recherche canadienne est centralisée : en 2023, 84 % du Fonds d’innovation de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) ont été alloués aux 15 universités à forte intensité de recherche (U15), tandis que les collèges, les petits établissements et les organismes sans but lucratif n’en ont reçu que 6 % [1]. Près de 80 % du financement fédéral de la recherche est octroyé à 15 universités, qui ne représentent que la moitié des chercheurs et des étudiants des cycles supérieurs canadiens [2]. J’ai proposé le Cadre d’innovation décentralisée (CID) pour remédier à cette inégalité. Le CID est une approche de politique publique favorisant l’innovation inclusive, qui permet à des organismes communautaires de confiance d’agir comme hôtes reconnus de la R-D. Fondé sur l’équité, l’accessibilité et la décentralisation, le CID s’appuie sur le rapport du Forum sur l’innovation sociale [6] afin de créer de nouvelles voies pour l’innovation pilotée par le public.

Titre de la proposition de politique
Cadre d'innovation décentralisée : libérer le potentiel de la R&D communautaire

Besoin ou opportunité d’agir
L’économie de l’innovation canadienne est marquée par des inégalités structurelles. Bien que le gouvernement fédéral investisse massivement dans la R-D, les retombées demeurent concentrées entre les mains d’un petit nombre d’établissements et de régions. En 2023, dans le cadre du Fonds d’innovation de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), 84 % du financement ont été octroyés aux universités de recherche de moins de 15 ans, tandis que seulement 6 % ont été alloués aux établissements plus petits, aux collèges et aux organismes sans but lucratif [1]. Les collèges ne reçoivent que 2.9 % du financement total de la recherche des trois organismes subventionnaires, malgré leur rôle crucial dans l’innovation régionale [2]. Cette centralisation crée des angles morts géographiques et démographiques. Par exemple, l’Ontario a reçu 42 % du Fonds d’innovation de la FCI en 2023, tandis que les provinces de l’Atlantique n’en ont reçu que 3 %, dont 94 % pour la Nouvelle-Écosse [1]. La capacité d’innovation demeure limitée en dehors des grands pôles universitaires, privant ainsi de nombreuses collectivités des outils et des partenariats nécessaires pour concrétiser leurs idées. Dans le même temps, les investissements des entreprises dans l’innovation par employé ont diminué de 20 % depuis 2006, malgré des dépenses en R-D projetées à plus de 55 milliards de dollars en 2024 [4][5]. Une politique d’innovation plus ambitieuse doit s’intéresser non seulement à la génération d’idées, mais aussi à la capacité de réception, c’est-à-dire à l’aptitude des organisations et des collectivités à absorber et à appliquer les résultats de la recherche. Des programmes comme Mitacs et Lab2Market soutiennent les jeunes entreprises, mais sont souvent limités aux établissements d’enseignement postsecondaire. Les Centres d’accès à la technologie (CAT) et le programme CCI [6] offrent un soutien axé sur l’industrie, tandis que PromoScience du CRSNG [7] se concentre sur la sensibilisation aux STIM. Pourtant, aucun de ces programmes ne comble pleinement le fossé entre la participation scientifique et la R-D communautaire ou la création d’entreprises. Le Cadre d’innovation décentralisée (CID) vient combler cette lacune. En permettant à des organismes communautaires tels que les centres scientifiques, les bibliothèques, les pôles dirigés par des Autochtones et les réseaux axés sur l'équité d'agir comme hôtes légitimes de R-D, le FID accroît la capacité d'accueil du Canada, libère de nouvelles régions à fort potentiel d'innovation et renforce l'infrastructure inclusive axée sur la demande qui fait défaut dans les stratégies fédérales actuelles.

Solution proposée/Changement de politique :

Pour remédier à la fragmentation, à l’exclusivité et à la sous-utilisation de la capacité d’innovation du Canada, nous proposons un cadre politique soutenu par le gouvernement fédéral appelé Cadre d’innovation décentralisé (CID). Le DIF n'est pas un nouvel organisme de financement ou un accélérateur, mais un instrument politique qui permet aux espaces d'innovation ancrés dans la communauté de servir de pôles de R&D reconnus, dotés de ressources et accessibles, alignés sur les priorités régionales et les objectifs nationaux d'innovation. Le DIF fournirait une accréditation, un financement de base et une infrastructure de coordination à un large éventail d'acteurs de l'innovation non traditionnels, notamment des centres scientifiques, des bibliothèques publiques, des espaces de fabrication, des pôles de recherche dirigés par des Autochtones et des organisations axées sur la communauté. Ces organisations jouent déjà un rôle de piliers communautaires de confiance et sont souvent implantées dans des régions mal desservies. Le DIF leur permettrait d'héberger des pôles d'innovation locaux, de se connecter à des partenaires public-privé et de soutenir des parcours de R&D inclusifs sans exiger d'affiliations universitaires ni de compromis importants en matière d'équité. Cette approche répond directement aux lacunes persistantes relevées dans la politique d'innovation canadienne. Comme le souligne l’IRPP, les programmes d’innovation ont historiquement mis l’accent sur l’offre, comme les brevets universitaires et le financement des start-ups, tout en négligeant l’accès à la demande et la capacité de réception dans les communautés et les PME [8]. DIF rééquilibre cette inégalité en créant une infrastructure pour la mobilisation des connaissances, l'expérimentation et la création d'entreprises menées par la communauté. Parmi les principaux exemples de nœuds potentiels du DIF illustrant la faisabilité et la diversité du modèle, citons les espaces de création Ampere Makerspaces à Bathurst, Curve Lake et Iqaluit, qui sont des espaces de technologie numérique et artisanale dirigés par des Autochtones. Le Centre INNOVATE des Territoires du Nord-Ouest est une installation hybride qui fait le lien entre les connaissances traditionnelles et les technologies de fabrication. CityStudio Vancouver est un studio d'innovation civique qui met en relation les étudiants, le personnel municipal et les communautés pour des projets pilotes concrets. Le Centre Dechinta, situé dans les Territoires du Nord-Ouest, est un espace de recherche et d'apprentissage autochtone ancré dans le territoire, qui coproduit déjà des recherches appliquées et des solutions communautaires. Les bibliothèques d'outils d'Halifax et de Calgary sont des bibliothèques de prêt publiques qui fournissent du matériel, des ateliers et des services de réparation communautaire. IMP Labs à Regina est un laboratoire technologique, artistique et public qui soutient la narration numérique et la recherche et développement axée sur les médias. Ce ne sont là que quelques exemples non traditionnels d'organisations susceptibles d'accroître la capacité de réception du système d'innovation. Le DIF reconnaîtrait ces organisations comme des hôtes de R&D et des partenaires d'innovation légitimes. Le gouvernement fédéral, potentiellement par l’entremise d’ISDE ou du Fonds stratégique d’innovation, fournirait des subventions pour l’infrastructure de démarrage, une plateforme numérique partagée, des outils d’évaluation et des services de jumelage pour les talents et le codéveloppement avec l’industrie et le gouvernement. Les gouvernements provinciaux et municipaux pourraient coinvestir, et des outils de finance sociale, tels que le Programme de préparation à l'investissement, pourraient soutenir la durabilité. Cette politique se justifie pleinement. Le Moniteur de l’innovation inclusive [9] appelle à une infrastructure plus importante pour réduire les écarts de participation dans le système d’innovation du Canada. Le rapport « Costly Gap » de l’IRPP [8] souligne comment les angles morts du côté de la demande bloquent l’engagement généralisé dans l’innovation. Le rapport de Social Innovation Canada [3] et la stratégie SISF [10] identifient le besoin de cadres de politiques publiques qui soutiennent l’innovation locale, en particulier en dehors des centres urbains et universitaires. Le rapport ISED sur les BAI [11] montre que les accélérateurs d’entreprises améliorent la performance, mais restent inaccessibles à de nombreux groupes. Hejazi et al. [12] et l’analyse sectorielle MaRS-DEI [13] confirment la sous-représentation systémique dans les filières d’innovation et appellent à des alternatives participatives et décentralisées. Le DIF permet de traduire ces résultats en actions. En intégrant l’infrastructure publique d’innovation dans des institutions existantes et dignes de confiance, nous réduisons les obstacles à l’entrée, décentralisons le processus d’innovation et permettons au Canada d’exploiter un plus large éventail d’idées, de problèmes et de solutions. Il ne s'agit pas seulement d'inclusion, mais aussi de développer l'économie de l'innovation et de veiller à ce que la R&D profite à toutes les communautés, et pas seulement à celles qui sont à la portée des investisseurs en capital-risque ou des laboratoires universitaires. Le DIF créerait un cadre national d’innovation fondé sur l’équité, la curiosité et la confiance, renforçant la capacité des Canadiens de partout à résoudre des problèmes, à élaborer des solutions et à partager la valeur économique et sociale de l’innovation.

Nouveauté/Créativité de la solution/du changement de politique proposé :

Le Cadre d’innovation décentralisée (CID) est une réponse politique originale à une lacune négligée de l’écosystème d’innovation canadien. Alors que les politiques d’innovation se concentrent souvent sur le financement des jeunes entreprises ou de la recherche universitaire, le CID identifie et soutient le chaînon manquant : les organismes communautaires qui peuvent faire le lien entre l’inspiration et l’invention. Sa nouveauté réside dans le repositionnement d’institutions ouvertes au public comme les centres des sciences, les bibliothèques, les pôles autochtones et les groupes communautaires en tant qu’hôtes de R-D. Le CID considère ces acteurs non pas comme de simples facilitateurs de sensibilisation, mais comme des contributeurs légitimes à la capacité d’innovation du Canada. Ce nouveau cadre élargit la capacité d’accueil tout en réduisant le coût et la complexité d’accès au milieu de l’innovation. Contrairement aux accélérateurs traditionnels, le CID n’exige ni participation au capital, ni affiliation universitaire, ni préparation au capital de risque. Il s’appuie plutôt sur la confiance du public et la pertinence communautaire. Il s’agit d’une solution d’infrastructure qui complète les efforts existants (p. ex., PromoScience, les CAT) mais qui se concentre spécifiquement sur la transition de la mobilisation du public à l’innovation publique. Cette politique ne reproduit pas les programmes existants ; elle permet à une nouvelle catégorie d’acteurs de participer au système d’innovation. Ce programme répond à l’appel des rapports nationaux à repenser la finalité de l’innovation et la manière de la rendre accessible à grande échelle. Il transforme les espaces communautaires en micro-zones de R&D, régies par la valeur publique plutôt que par l’évaluation privée. Le DIF est audacieux, évolutif et ancré dans l’équité canadienne et les priorités régionales.

Résumé profane :

Le Canada investit des milliards dans la recherche, mais seules quelques universités et jeunes entreprises en profitent. De nombreuses personnes, notamment dans les régions mal desservies ou au sein de groupes sous-représentés, sont exclues de l'économie de l'innovation. La plupart des programmes gouvernementaux sont liés aux universités, aux incubateurs coûteux ou aux investisseurs privés, ce qui crée d'importantes barrières à l'entrée. Le Cadre d'innovation décentralisée (CID) propose une nouvelle politique : permettre aux organismes communautaires de devenir des pôles de recherche et d'innovation reconnus, tels que les bibliothèques, les centres de sciences, les laboratoires de technologies autochtones, les espaces de partage d'outils ou les programmes jeunesse locaux, et non plus seulement aux universités ou à l'industrie. Grâce à un financement de démarrage, au partage d'outils et à des liens avec l'industrie et le gouvernement, ces espaces pourraient aider les gens à trouver des solutions aux problèmes locaux, qu'il s'agisse de technologies propres, de santé ou de sécurité communautaire. Ce modèle existe déjà localement au Canada, mais il manque de soutien officiel. Le CID créerait les outils politiques nécessaires pour intégrer ces pôles d'innovation locaux au système national. Il élargirait l'accès à l'innovation au Canada et permettrait à un plus grand nombre de personnes d'en bénéficier. Le CID contribue à faire passer l'innovation d'un système exclusif à une opportunité publique. Cela permet de s'assurer que la prochaine grande idée ne dépende pas de l'endroit où vous vivez, des personnes que vous connaissez ou de votre accès à une infrastructure institutionnelle.



[1] Fondation canadienne pour l’innovation, « Concours du Fonds d’innovation 2023 : les chiffres clés ».

[2] Comité permanent de la Chambre des communes sur la science et la recherche, « Répartition du financement fédéral entre les établissements postsecondaires du Canada ».

[3] Innovation sociale Canada, « Forum canadien sur l’innovation sociale : Rapport final », 2025.

[4] Statistique Canada, « Dépenses intérieures brutes en recherche et développement, 2022 ».

[5] Gouvernement du Canada, « Le gouvernement du Canada renforce la recherche et l’innovation partout au Canada », 2023.

[6] Tech-Access Canada, « Centres d’accès à la technologie : infrastructure de recherche appliquée pour les PME », 2024.

[7] CRSNG, « PromoScience : Aperçu du programme et détails du financement », 2024.

[8] P. Nicholson, « Un écart coûteux : la négligence de la demande dans la politique d’innovation canadienne », IRPP, 2019.

[9] Conseil de l’économie de l’innovation, « Un outil de surveillance de l’innovation inclusive pour le Canada », 2023.

[10] Gouvernement du Canada, « Stratégie d’innovation sociale et de finance sociale – Rapport de mise à jour », 2023.

[11] ISED, « L’effet des accélérateurs et incubateurs d’entreprises sur le rendement des entreprises soutenues au Canada », 2024.

[10] Gouvernement du Canada, « Le gouvernement du Canada renforce la recherche et l’innovation partout au Canada », 2023.

[11] ISED, « L’effet des accélérateurs et incubateurs d’entreprises sur le rendement des entreprises soutenues au Canada », 2024.

[12] Hejazi et al., « Faire le lien entre l’innovation inclusive et la complexité économique : un cadre conceptuel », Business Economics Review, 2022.

[13] MaRS Discovery District, « DEI dans le secteur de l’innovation du Canada : combler les lacunes et créer des voies d’accès », 2023.



Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.