Construire une carrière dans le domaine politique : comment le bénévolat a ouvert des portes

Auteur:
Bipin Kumar B.
Université du Nouveau-Brunswick
Coordonnateur des politiques et des relations gouvernementales, maîtrise en informatique
Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.
Je suis arrivée au Canada avec un diplôme d'ingénieur dans mon sac à dos, une admission à la maîtrise sous le bras et une curiosité diffuse mais persistante quant à la manière dont les sociétés décident de ce qui compte. Ayant grandi en Inde, j'ignorais totalement que les politiques publiques pouvaient constituer une carrière ; je connaissais des politiciens et des ingénieurs, mais j'ignorais l'existence de tout un monde de personnes qui traduisaient la recherche en règles, en programmes et en services publics. Ce n'est qu'après avoir étudié à l'étranger – d'abord en Allemagne, puis dans le cadre d'un double master qui m'a amenée au Canada – que le bénévolat a transformé cette curiosité en vocation.
Mon premier rôle de bénévole au Centre canadien de politiques scientifiques était d'une simplicité réjouissante : la prise de notes numériques lors d'une session organisée en pleine pandémie. Même cette tâche modeste m'a donné l'impression d'un travail de découverte. En assistant aux panels, en saisissant le rythme des arguments, puis en voyant ces idées se concrétiser dans les documents post-événement, j'ai compris que l'élaboration des politiques était un art qui s'apprenait et se pratiquait. Cette prise de conscience m'a menée du rôle d'auditrice à celui de contributrice, puis à celui de coprésidente du Comité des événements du CSPC, une fonction que j'ai eu le privilège d'occuper ces deux dernières années.
Le bénévolat au CSPC a été pour moi une véritable école à ciel ouvert. Au sein des comités des programmes et des ateliers, j'ai appris les rouages de l'organisation d'événements : comment concevoir des séances favorisant des débats constructifs, comment amener des intervenants aux priorités différentes à trouver un terrain d'entente et comment vulgariser la recherche technique pour la rendre accessible aux décideurs et au grand public. La coprésidence du comité des événements a approfondi ces apprentissages : j'ai appris à diriger des équipes, à gérer des contraintes contradictoires et à improviser lorsque les plans les mieux conçus se heurtaient aux réalités du terrain. Animer le cycle d'entretiens du CSPC a été l'un de mes défis préférés : cela m'a poussée à formuler des questions qui révèlent non seulement les connaissances des experts, mais aussi leur importance pour les politiques publiques.
Surtout, ces expériences de bénévolat n'ont pas été isolées ; elles ont été un catalyseur pour mon développement professionnel et mes opportunités de recherche. Les ateliers du CSPC, notamment SciPol 101, m'ont fait découvrir les multiples parcours de carrière possibles en politique scientifique. J'ai obtenu le certificat en politiques publiques et gestion, qui m'a permis d'acquérir une formation formelle venant compléter les compétences pratiques que j'avais développées. Grâce aux réseaux que j'ai tissés lors de mes missions de bénévolat, j'ai contribué à un article de politique publique publié dans le Journal of Science Policy and Governance, portant sur l'amélioration de l'accès aux bourses fédérales de recherche pour les étudiants de troisième cycle, et j'ai dirigé la rédaction d'un article de politique publique sur les migrations climatiques. Ces projets m'ont appris à traduire des données empiriques en recommandations concrètes et à rédiger pour des décideurs politiques qui ont besoin de clarté et de pistes d'action.
Le bénévolat m'a également ouvert des portes au-delà des frontières canadiennes. L'an dernier, j'ai été acceptée comme boursière CanStudyUS auprès de The Dais, un groupe de réflexion sur les politiques publiques et le leadership de l'Université métropolitaine de Toronto, où j'ai élaboré une note d'orientation sur l'établissement de la responsabilité en matière d'IA et des cadres post-déploiement au Canada. Plus tôt cette année, j'ai coécrit « Une stratégie du G7 pour la concurrence en matière d'IA et les droits des consommateurs » pour le Sommet Think7 2025 – un travail qui a alimenté les documents présentés à la présidence canadienne du G7. Plus récemment, j'ai publié une note d'orientation intitulée « Paiements en temps réel “prêts pour l'impôt” : tirer parti de l'UPI pour élargir la base fiscale de l'Inde et soutenir la croissance des PME » pour la conférence sur l'avenir de la finance numérique du Centre pour l'innovation dans la gouvernance internationale (CIGI). Chaque note a renforcé ma compréhension de la nature itérative du travail d'élaboration des politiques : collecte de données probantes, mobilisation des parties prenantes, rédaction, rétroaction et révision – souvent dans des délais et avec des ressources limités.
S'il y a un fil conducteur dans mon travail de bénévolat et mes débuts de carrière, c'est bien l'interdisciplinarité. Les problématiques politiques sur lesquelles je souhaite travailler – gouvernance de l'IA, migrations climatiques, finance numérique – ne sont pas cloisonnées. Elles relient la technologie, l'économie, le droit et l'équité sociale. La communauté du CSPC reflète cette intersectoralité : chercheurs, praticiens, étudiants et acteurs de la société civile y confrontent leurs idées à des perspectives diverses. Faire partie de cette communauté m'a appris à traduire le jargon disciplinaire en recommandations concrètes et à concevoir des événements et des productions qui encouragent la participation de personnes dont la voix est souvent absente des instances décisionnelles.
Le bénévolat m'a aussi donné confiance en moi. Avec une formation d'ingénieure, arrivée dans un nouveau pays, il aurait été facile de me demander : « Qui suis-je pour donner mon avis sur les politiques publiques ? » Mais les missions de bénévolat, dont les responsabilités augmentaient progressivement – de preneur de notes à responsable de comité, puis à intervieweur et organisateur – m'ont prouvé concrètement que chaque contribution compte. Apprendre des concepts en cours, c'est une chose ; les appliquer dans un contexte de contact avec le public, où la clarté et la réactivité sont essentielles, c'en est une autre.
Aux futurs bénévoles, mon conseil est simple : participez, et revenez ! Les petites contributions s’accumulent. Assistez à une session, puis proposez de prendre des notes. Contribuez à l’organisation d’un atelier, proposez un intervenant et rédigez une brève note de synthèse. Vous apprendrez la gestion de projet, la mobilisation des parties prenantes, la rédaction claire et, surtout, comment écouter de manière à éclairer les politiques publiques. La communauté scientifique et politique s’épanouit lorsque les jeunes professionnels y apportent curiosité, humilité et persévérance.
Je suis reconnaissante au CSPC d'avoir créé des espaces où les bénévoles peuvent devenir des professionnels, et aux nombreux mentors et collègues qui ont guidé mon apprentissage. Le bénévolat a transformé ma carrière : il a fait d'un intérêt d'enfance pour les affaires publiques un travail de toute une vie dans la recherche et la défense des politiques publiques. Les outils que j'y ai acquis – réseaux, compétences et l'habitude de traduire les données probantes en actions – me seront précieux dans la poursuite de mon travail à l'intersection de la technologie, de l'équité et du climat. Si mon parcours démontre une chose, c'est que l'accès aux politiques publiques n'est pas réservé à ceux qui ont toujours su qu'ils y avaient leur place ; parfois, on y accède parce qu'on vous a demandé de prendre des notes, et que vous êtes resté pour écrire la suite.

