De l'organisme d'approvisionnement à l'architecte industriel : ce que la nouvelle Agence canadienne d'investissement pour la défense peut apprendre de la Corée du Sud
Auteur:
Tae Yeon Eom

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.
Le Canada se trouve à un tournant exceptionnel. Le Premier ministre Carney Stratégie industrielle de défense (DIS)Ce plan, soutenu par une augmentation de 85 % des dépenses en R-D de défense et des acquisitions de 180 milliards de dollars canadiens au cours de la prochaine décennie, représente un pari générationnel sur la reconstruction de la base industrielle de défense du Canada. Au cœur de ce plan se trouve le Agence d'investissement de la défense (DIA), une législation autonome dont l'approbation/adoption est prévue au printemps 2026. La Corée du Sud Administration des programmes d'acquisition de la défense (DAPA)L'organisation qui fêtera son vingtième anniversaire en 2026 offre la comparaison la plus instructive : une agence d'approvisionnement transformée en une institution industrielle et de R&D à cycle complet, avec des succès qui forcent le respect et des échecs qui méritent une étude tout aussi approfondie.
DAPA à vingt ans : un disque à lire attentivement
Lors de sa création en 2006, la DAPA a regroupé les pouvoirs d'acquisition dispersés entre huit organismes militaires. Les exportations de défense sont passées de 300 millions de dollars américains (410 millions de dollars canadiens) à 17.3 milliards de dollars américains (23.7 milliards de dollars canadiens) d'ici 2022Avec des chiffres pour 2025 avoisinant les 23 milliards de dollars américains (31.5 milliards de dollars canadiens), la DIA est le deuxième fournisseur d'armes des États membres de l'OTAN. Chaque succès repose sur un effort soutenu de recherche et développement : le char de combat principal K2, l'obusier automoteur K9 et l'avion de combat léger FA-50 ont tous débuté par des programmes de recherche nationaux à long terme avant de devenir des succès à l'exportation en Europe et en Asie du Sud-Est. Cependant, trois défaillances structurelles dans ce parcours se répercutent directement sur les exigences de conception de la DIA.

[Figure 1 — Trajectoire des exportations de la Corée du Sud, 2006–2025]
Leçon 1 : Gouvernance, personnel et éthique de l'expertise
Le défi de gouvernance le plus révélateur au sein de la DAPA est d'ordre interne. Les effectifs de la DAPA sont composés d'environ 70 % de fonctionnaires civils et de 30 % de militaires, or… Historiquement, les postes clés de direction ont été occupés par des officiers.Les officiers apportent la crédibilité opérationnelle, mais leurs affectations sont de courte durée. Les fonctionnaires civils assurent la continuité, mais peuvent manquer de l'expertise technique nécessaire pour les dossiers d'investissement en R&D ou les spécifications complexes d'armement. Aucun de ces groupes ne possède à lui seul l'expertise interdisciplinaire, les compétences en matière d'acquisition de défense, d'ingénierie des systèmes ou d'économie industrielle requises par les grands programmes, ce qui crée une lacune structurelle qu'aucun parcours professionnel actuel ne comble.
Cette vulnérabilité comporte une dimension éthique aiguë. Audit du programme de missiles Cheon-gung de 2018Le cas où des responsables des achats ont attribué des contrats à des entreprises spécifiques avant d'accepter un emploi et des avantages sociaux de ces mêmes entreprises illustre un risque de collusion inhérent à la gestion, par des généralistes en rotation, de relations contractuelles à long terme et à forte valeur ajoutée. Décembre 2025 proposition présidentielle visant à élever le DAPA au rang de ministère a contourné le ministère de la Défense nationale sans consultation, provoquant une impasse institutionnelle ; le commissaire Lee a reconnu la violation en mars 2026 Tout en maintenant le cap sur cette politique, la proposition était pertinente, mais il faut retenir que le mandat et la confiance doivent évoluer de concert. Pour la DIA : créer une classification de carrière dédiée à l’acquisition – indépendante du cycle de rotation généraliste – couvrant l’acquisition de la défense, le génie des systèmes et l’économie industrielle ; élaborer des cadres d’éthique transparents ; et cultiver des relations avec le MDN et PPSAC avant l’adoption d’une loi distincte.
Leçon 2 : Des cycles d'approvisionnement aux capacités axées sur la R&D
L'évolution stratégique la plus significative de DAPA a consisté à séparer son cadre juridique en deux piliers : Loi sur le développement de l'industrie de la défenseLa loi régissant la politique industrielle et les exportations, et la loi sur l'innovation scientifique et technologique en matière de défense, régissant les investissements en R&D, sont deux éléments clés. Cette distinction, qui reconnaît que la R&D et les achats publics requièrent des logiques de gouvernance différentes, est fondamentale pour le succès des exportations coréennes. Les achats publics permettent d'acquérir ce qui existe déjà ; la R&D détermine ce qui existera dans dix ans.
L'investissement du Canada en recherche et développement est désormais à la hauteur de cette ambition. Le Conseil national de recherches (CNRC) a engagé plus de 900 millions de dollars canadiens. Dans le cadre du DIS, des investissements ont été réalisés, notamment plus de 500 millions de dollars canadiens pour un pôle d'innovation en matière de drones (Ottawa-Mirabel) et un avion de recherche de défense Bombardier Global 6500, ainsi que 161 millions de dollars canadiens pour les technologies quantiques. BOREALIS a simultanément lancé un Appel à propositions pour des pôles d'innovation sécurisés dans le domaine de la défense dans les systèmes sans pilote et en physique quantique.
L'échelle est adéquate. Il faut maintenant tirer les leçons structurelles de l'échec de la DAPA : lorsque les amendements de 2023 à la directive coréenne sur les acquisitions ont autorisé les contrats de gré à gré pour les technologies validées, mais n'ont pas été appliquées rétroactivementLes startups de la promotion 2022 se sont retrouvées dans une situation critique. DAPA tente désormais de combler ce fossé grâce à son programme. Centre AX de défense, en ouvrant les données militaires et l'infrastructure d'essai aux jeunes entreprises civiles. Les antennes BOREALIS DISH du Canada sont structurées de manière similaire; la DIA doit maintenant finaliser une loi sur la procédure d'acquisition accélérée afin que les Forces armées canadiennes puissent acquérir ce que BOREALIS valide. Analyse CGAI de décembre 2025 L'agence met également en garde contre le risque que le programme de cybersécurité proposé pour les fournisseurs de la Couronne (CPCSC) entraîne des coûts de mise en conformité de plusieurs centaines de millions de dollars pour les PME ; la DIA devrait plaider en faveur d'un cadre à plusieurs niveaux qui reporte l'application de l'intégralité des exigences jusqu'à ce qu'une entreprise conclue un contrat de programme officiel.
Leçon 3 : Le partenariat comme stratégie industrielle permanente
L'analyse la plus pertinente de DAPA est d'ordre structurel : le succès à l'exportation s'est construit sur un cycle de R&D auto-entretenu. Des investissements soutenus ont permis de développer des plateformes éprouvées au combat ; les performances ont généré une demande à l'exportation ; les revenus ont financé le cycle de R&D suivant ; et chaque itération a renforcé les capacités de la base industrielle coréenne. Le programme canadien d'investissement dans le secteur technologique (DIA) devrait être conçu en tenant compte de ce principe : l'investissement technologique génère des retours commerciaux, qui financent la prochaine vague d'innovation et d'embauches.
La preuve la plus convaincante de ce modèle se déploie au Canada. Soutenu par Le cadre de soutien pangouvernemental de DAPA L'offre de Hanwha, qui s'étend sur six ministères coréens, vise un financement de 60 milliards de dollars canadiens. Projet de sous-marins de patrouille canadiens (PSPC) Cela va au-delà de la construction navale : Hanwha a signé un accord contraignant de 345 millions de dollars canadiens avec Algoma Steel, s’associant à GeoSpectrum Technologies, Aspin Kemp & Associates, J-Squared Technologies et Des Nedhe Group, une entreprise autochtone de la Saskatchewan. Du côté de la recherche et du développement, Hanwha s'est associé à Cohere En matière d'IA pour les opérations sous-marines et les chantiers navals intelligents, et avec Telesat et MDA Space pour les communications par satellite en orbite basse – parallèlement à des accords de recherche et développement universitaires avec l'Université de Toronto, l'Université Dalhousie et l'Université du Nouveau-Brunswick. C'est cette doctrine que la DIA devrait officialiser : tirer parti de l'échelle des marchés publics pour inciter les principaux fournisseurs à intégrer les chaînes d'approvisionnement canadiennes en IA, en satellites et en technologies de pointe.
Maintenir ce cercle vertueux de la R&D vers l'exportation exige une architecture financière à la hauteur des ambitions industrielles. L'expérience de la Corée en Pologne illustre ce risque : l'urgence législation parlementaire a été nécessaire lorsque la Banque d'import-export de Corée a atteint ses limites de capital statutaires, et un Blocage entre le président et le gouvernement concernant les prêts de défense SAFE de l'UE suspension de contrats se chiffrant en milliards début 2026. Exportation et développement Canada (EDC) Elle doit être structurée comme une couverture intégrée avec un mandat spécifique à la défense, et non comme un filet de sécurité contre les risques commerciaux.
Une opportunité bilatérale qui s'accélère
Les bases ont été posées avant les annonces officielles. Événement de la Fondation Asie Pacifique du Canada en décembre 2025Le capitaine Suoek Lee, directeur de la coopération nord-américaine à la DAPA, a indiqué que la Corée du Sud envisageait de partager bilatéralement son expertise en matière d'acquisition institutionnelle et de R&D. Réunion ministérielle Canada-Corée 2+2 le 25 février 2026, puis a élaboré un accord de protection des informations militaires et a ouvert des négociations en vue d'un accord global de coopération en matière de défense.
L'investissement canadien dans le programme BOREALIS, axé sur les systèmes sans pilote et les technologies quantiques, constitue la couche de recherche et développement que la Corée du Sud... Cadre d'innovation de défense 4.0 Il est conçu pour le prototypage et le déploiement à grande échelle. Combiné aux capacités de la Corée en matière de sous-marins et de plateformes navales autonomes, il pourrait permettre la mise au point de systèmes de surveillance de l'espace arctique qu'aucun des deux pays ne pourrait développer seul à un rythme ou à un coût comparables. Concernant le CPSP, le commissaire Lee ont jugé le concours véritablement ouvert—les chances sont à peu près égales—et les relations de R&D, les accords de partenariat et les cadres gouvernementaux actuellement mis en place représentent une coopération durable qui génère des retours sur investissement bien au-delà de tout cycle contractuel unique.
La création de l’AID marque le début d’une transformation, non son aboutissement. L’APD démontre qu’une acquisition centralisée, conjuguée à des investissements soutenus en R-D et à des partenariats stratégiques, peut produire des résultats exceptionnels – et que ces mêmes institutions, sans gouvernance cohérente ni expertise adéquate, engendrent la paralysie qu’elles étaient censées prévenir. Lorsque les investissements en R-D, la souveraineté technologique et les partenariats industriels forment un cercle vertueux, les retombées dépassent largement le cadre d’un simple achat. C’est cette architecture que le Canada a désormais le mandat et les fonds nécessaires pour bâtir.
Tae Yeon Eom Il est chef de projet et chercheur à la Fondation Asie Pacifique du Canada, où ses travaux portent sur la politique de sécurité indo-pacifique, la coopération industrielle en matière de défense et la gouvernance des technologies émergentes dans le domaine de l'IA et de la cybersécurité.
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Tae Yeon Eom
Fondation Asie Pacifique du Canada
Chef de projet et chercheur

