De la capacité à la disponibilité opérationnelle : concevoir une stratégie industrielle pour la sécurité de la défense et de la santé du Canada

Auteur:

Thomas Hansen

ThomasHansen - Tableau 5 - Thomas Hansen
Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.

Le Canada se penche de nouveau sérieusement sur les questions de souveraineté, de résilience et de capacité nationale. La publication de la Stratégie industrielle de défense (SID), ainsi que le renouvellement des investissements dans la préparation et les chaînes d'approvisionnement, témoignent d'une reconnaissance attendue depuis longtemps de cette nécessité. Dans un monde plus instable et conflictuel, la sécurité nationale est autant déterminée par la capacité industrielle que par la force militaire.

Mais le Canada est confronté à un risque persistant. Nous continuons de confondre capacité et état de préparation, or ce n'est pas la même chose.

La capacité décrit ce qui existe déjà : installations, équipements, propriété intellectuelle ou main-d’œuvre qualifiée. La disponibilité opérationnelle, en revanche, résulte d’une conception système réfléchie : l’aptitude à fournir des services de manière fiable, à grande échelle, sous pression et à la demande. La disponibilité opérationnelle dépend non seulement des ressources, mais aussi de la gouvernance, des incitations, de la validation opérationnelle et d’une utilisation durable. Les pays qui ne font pas cette distinction découvrent souvent… souvent trop tard, cette capacité inexploitée ou fragmentée ne peut pas simplement être activée en cas de crise. (Cette distinction est illustrée dans la figure 1.)

Cette distinction est cruciale, car la plus grande vulnérabilité du Canada ne réside pas dans un manque d’innovation ou de talents. Il s’agit d’une fragmentation systémique, conséquence des décisions politiques prises après la Seconde Guerre mondiale, qui se manifeste par des mandats fragmentés, des incitations mal alignées et une faible synergie entre les intentions politiques et leur mise en œuvre industrielle. Si le Plan de développement industriel (PDI) doit devenir un pilier de la souveraineté plutôt qu’un simple catalogue d’investissements, il doit être conçu comme un cadre de référence pour la préparation, et non comme un simple plan de dépenses.

La capacité à double usage est le test de résilience

Le concept de double usage n'est pas qu'un simple effet de mode ; historiquement, la capacité de double usage, via des systèmes industriels répondant aux besoins civils en temps normal et capables d'augmenter ou de réorienter leurs activités en cas d'urgence, constitue le critère le plus fiable d'évaluation de la préparation. On parle souvent de double usage comme d'un créneau ou d'une spécialisation. En réalité, il s'agit d'un test de résistance pour la stratégie industrielle elle-même.

Les sciences de la vie et la bioproduction l’illustrent clairement. Les contre-mesures médicales (vaccins, traitements et diagnostics) ne sont pas seulement des atouts pour la santé publique. Elles constituent des leviers stratégiques pour la protection des forces armées et de la santé communautaire, la continuité des services gouvernementaux et la résilience de la société. C’est pourquoi elles figurent désormais explicitement dans les discussions sur les chaînes d’approvisionnement de la défense et la capacité souveraine. Pourtant, la leçon de la COVID-19 ne se résumait pas à la nécessité pour le Canada d’accroître sa production nationale. La leçon plus profonde était que l’on ne peut se fier, en temps de crise, à des systèmes industriels économiquement inactifs ou institutionnellement déconnectés en temps de paix… s’ils continuent même d’exister.

Dans ce contexte, la notion de préparation implique de maintenir les plateformes « chaudes » : garantir la conformité réglementaire, les compétences du personnel, la validation des processus, la sécurité des approvisionnements et la fiabilité des réseaux d’approvisionnement. Ces conditions ne se mettent pas en place spontanément. Elles doivent être conçues, encouragées et mises en œuvre.

La stratégie industrielle est sociétale, non sectorielle.

De nombreux efforts de préparation du Canada ont été entravés par le fait que la politique industrielle, la planification de la défense, la sécurité sanitaire, le financement de l'innovation et l'approvisionnement continuent de fonctionner en parallèle. On attend de l'industrie qu'elle soit à la fois compétitive sur le plan commercial et constamment prête, or elle reçoit rarement les signaux de demande ou la clarté de gouvernance nécessaires pour y parvenir. Il en résulte un sous-investissement prévisible dans les fondements peu attrayants, mais essentiels, de la préparation : les systèmes de qualité, les essais de validation, les tests de montée en puissance et la planification de la continuité.

C’est là que la stratégie industrielle doit être comprise non pas comme une politique sectorielle, mais comme un instrument de résilience pour l’ensemble de la société.

Au Canada, les appels à un renforcement de la défense civile et à une meilleure préparation des citoyens gagnent du terrain, témoignant d'une prise de conscience croissante du fait que la résilience ne peut reposer uniquement sur les institutions militaires. Toutefois, sans plateformes industrielles opérationnelles, systèmes d'approvisionnement fiables et coordination public-privé efficace, la mobilisation civile risque de n'être qu'un symbole plutôt qu'une action concrète. La résilience de l'ensemble de la société ne se fonde pas sur une activation de dernière minute, mais sur une conception industrielle et institutionnelle réfléchie en temps de paix.

D'autres pays explicitent ce lien. Le modèle finlandais de sécurité d'approvisionnement, en vigueur depuis longtemps, coordonne les autorités publiques et les réseaux du secteur privé afin de préserver les fonctions critiques en cas de perturbation. Il combine la constitution de stocks obligatoires et contractuels, l'engagement permanent de l'industrie et des exercices de préparation réguliers pour garantir la viabilité des capacités, et non leur simple possession. La doctrine suédoise de « défense globale » considère également la préparation civile, la continuité économique et la défense militaire comme un système intégré, prévoyant explicitement la continuité des fonctions sociétales essentielles en cas de crise et d'état d'alerte renforcée.

Ces systèmes diffèrent par leur structure, mais ils partagent un constat essentiel : la préparation est un choix de gouvernance. Elle se maintient grâce à une responsabilité clairement définie, des incitations cohérentes, des tests opérationnels et une intégration à l’échelle de l’industrie et de la société ; elle ne se maintient pas par une mobilisation ponctuelle.

Même au niveau supranational, cette logique gagne du terrain. L’Autorité européenne de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (HERA) a été créée pour couvrir l’ensemble du cycle, de l’évaluation des menaces à l’acquisition, la constitution de stocks et le développement des capacités industrielles de contre-mesures médicales. Bien que plus sectorielle, elle aboutit à la même conclusion : la préparation doit être institutionnalisée et non improvisée.

Un test de conception pour la stratégie industrielle de défense du Canada

Si le système DIS doit renforcer les capacités de recherche et développement et d’innovation du Canada d’une manière qui compte pour la souveraineté, il devrait être évalué selon un critère simple mais exigeant :

Cela permet-il au Canada de passer de la capacité à la préparation ?

Cela implique plusieurs choix de conception concrets. Premièrement, Les plateformes doivent être privilégiées par rapport aux projets ponctuels.Ce sont les plateformes reposant sur des processus reproductibles, une infrastructure validée et des systèmes évolutifs qui permettent une adaptation et une montée en puissance rapides. Les solutions ponctuelles peuvent fournir des résultats ; les plateformes offrent des capacités.

En second lieu, L'utilisation en temps de paix doit être considérée comme une condition de préparation.Il ne s'agit pas d'un objectif concurrent. Les actifs industriels inactifs perdent de la main-d'œuvre, leurs systèmes de qualité se dégradent et ils deviennent fragiles. La disponibilité opérationnelle exige des signaux de demande prévisibles grâce à des achats pilotes, des accords permanents et des essais liés à des exercices qui maintiennent les capacités en activité.

Troisièmement, Les boucles de rétroaction doivent être opérationnelles, et non administratives. La préparation ne peut être décrétée. Elle doit être mise en pratique, auditée et testée en conditions réelles par le biais de déploiements, de simulations et de scénarios de montée en puissance.

Enfin, des La fragmentation doit être réduite par la conception.La sécurité sanitaire, les exigences en matière de défense, les programmes d'innovation et la politique industrielle doivent s'aligner sur une architecture de préparation partagée qui traduise la science et l'innovation en actions concrètes.

La souveraineté par définition exige des choix affirmés

Le Canada possède tous les atouts pour réussir : des institutions novatrices, un vivier de talents exceptionnel et une solide base industrielle. Ce qui a fait défaut, ce n’est pas la volonté, mais l’intégration.

Le DIS offre une réelle opportunité de combler cet écart s'il est envisagé comme un cadre de résilience pour l'ensemble de la société plutôt que comme un ensemble d'initiatives. L'investissement est nécessaire, mais la conception est déterminante. Les pays qui prennent la préparation au sérieux l'intègrent à leur gouvernance industrielle en temps de paix. Ceux qui ne le font pas finissent par découvrir que la souveraineté ne peut être mobilisée à la demande.

Si le Canada souhaite une souveraineté fondée sur la conception, il doit concevoir ses opérations en vue d'être prêt à intervenir.

Références

  • Gouvernement du Canada, Sécurité, souveraineté et prospérité : la stratégie industrielle de défense du Canada
  • Centre canadien des politiques scientifiques, Plan stratégique 2025–2030
  • Centre canadien des politiques scientifiques, Thèmes et pistes de la CPSC 2026
  • Commission européenne, Autorité de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (HERA)
  • Agence nationale d'approvisionnement d'urgence (Finlande), SÉCURITÉ D’APPROVISIONNEMENT
  • Gouvernement de Suède, Défense totale
  • L'OTAN, Rapport de recherche du scientifique en chef : Résilience

Reconnaissance de l'utilisation des outils d'IA

Cet éditorial a été conçu, rédigé, relu, vérifié et approuvé par l'auteur. Des outils d'IA ont été utilisés pour la recherche, la synthèse, la correction finale et la génération d'images (Co-Pilot).

En savoir plus sur l'auteur(s)

Thomas Hansen

RNA du Nord, Calgary, AB

Cofondateur et vice-président