Du produit minimum viable aux acteurs les plus précieux : le Canada doit tirer parti de son infrastructure de recherche à grande échelle pour faire progresser le leadership mondial en sciences et en innovation.

Auteur:
Dr Nigel Smith
TRIUMF
Directeur exécutif et PDG
Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.
Le monde d'aujourd'hui est radicalement différent de celui d'il y a seulement douze mois. Les alliances géopolitiques évoluent, des normes établies de longue date sont bouleversées et les nations du monde entier réévaluent la manière dont elles assurent leur place dans un avenir de plus en plus imprévisible.
Au milieu de cette incertitude se cache une occasion. Pour le Canada, c’est l’occasion de démontrer que nous sommes plus qu’un partenaire fiable : nous pouvons être un chef de file. Mais le leadership exige des décisions audacieuses et nous oblige à tirer pleinement parti des atouts stratégiques dont nous disposons déjà.

Image: TRIUMFLe Meson Hall de l'université, qui abrite le plus grand cyclotron du monde et plusieurs installations expérimentales, lors d'une Visite de l'honorable Mélanie Joly en juillet 2025, ministre de l'Industrie et ministre responsable du Développement économique du Canada pour les régions du Québec, où elle a annoncé un financement de plus de 1.3 milliard de dollars pour des chercheurs et des projets partout au Canada.
Pour que le Canada puisse s’affirmer comme une force mondiale dans ce contexte en constante évolution, nous devons tirer parti de tous nos atouts afin de bâtir des partenariats stratégiques et durables avec nos alliés internationaux. Parmi ces atouts, notre réseau d’infrastructures de recherche à grande échelle, récemment baptisé « grands centres de recherche » (GCR), compte parmi les plus précieux. Ces installations ne sont pas de simples centres de production scientifique ; ce sont des moteurs d’innovation, des pôles d’attraction pour les talents et des plateformes pour la recherche axée sur une mission, capables de générer des retombées positives aux niveaux local, national et international. Pourtant, trop souvent, elles sont considérées comme superflues ou comme un fardeau, bénéficiant d’un soutien suffisant pour leur fonctionnement, mais insuffisant pour exploiter pleinement leur potentiel.
Depuis des décennies, les installations de tri des déchets du Canada sont gérées selon le principe du « produit minimum viable ». Nos cadres de financement et nos politiques visent à maintenir ces installations, et non à les développer. Si nous aspirons à un leadership mondial en sciences et en innovation, cette approche doit changer. Ces installations ne sont pas un fardeau ; elles pourraient être mises au service de nos acteurs les plus précieux.

Image : Le ministre Joly rencontre des membres de la communauté TRIUMF au sommet du cyclotron.
Le Canada possède déjà tous les atouts nécessaires à sa réussite : des talents de calibre mondial, des infrastructures impressionnantes et des partenariats solides. Toutefois, notre approche des installations de recherche sur les matières radioactives (IRM) nous désavantage. Dans un contexte international où l’audace est valorisée, l’hésitation (ou notre modestie canadienne caractéristique) risque de nous rendre invisibles. Notre approche est actuellement entravée par un ensemble disparate de modèles de propriété, d’exploitation et de financement qui relèvent davantage du passé que d’une stratégie délibérée. Malgré le rôle clé du gouvernement fédéral dans le soutien aux opérations, l’absence de coordination centralisée de nos IRM nuit à leur capacité de contribuer à la mission nationale. Il en résulte un impact moindre ; tandis que nos pairs utilisent leurs laboratoires comme atouts et symboles de leur puissance nationale, les installations de calibre mondial du Canada sont trop souvent négligées.
L’absence d’une feuille de route stratégique à long terme aggrave le problème. Notre recours à des processus participatifs et axés sur les propositions pour définir les priorités nationales est mal adapté à l’infrastructure de plusieurs milliards de dollars que nous gérons. Cette approche ascendante fragmente les efforts, encourage une vision à court terme et a engendré des programmes et des activités sous-optimaux, difficilement transposables aux objectifs nationaux. Face à la concurrence des intérêts locaux et régionaux avec les objectifs nationaux, la conclusion est encore plus évidente : le Canada a besoin d’une nouvelle approche pour exploiter pleinement le potentiel de ses grands centres de recherche à l’échelle mondiale.
La concurrence s'intensifie. En Europe, en Asie et au-delà, les grands centres de recherche sont à la pointe de la science, de l'innovation et de la diplomatie. Ces institutions ne sont pas de simples centres scientifiques ; ce sont des atouts nationaux stratégiquement positionnés pour décupler la compétitivité et la résilience. Chacune fonctionne selon un modèle différent, mais elles partagent des caractéristiques communes : une organisation centralisée, une vision à long terme, une mission intégrée, un financement fiable et une obligation de rendre des comptes au plus haut niveau de l'État. Le résultat est clair et significatif : ces centres attirent les meilleurs talents, soutiennent les collaborations internationales et constituent des preuves tangibles de la puissance et de l'innovation nationales.

Image : TRIUMF le plus grand cyclotron du mondeL'accélérateur et les installations expérimentales de TRIUMF produisent plus de 2 millions de doses d'isotopes destinées aux patients et attirent plus de 1000 utilisateurs et visiteurs scientifiques chaque année.
Par le passé, le Canada s’est contenté de laisser les autres prendre les devants. Mais le contexte mondial évolue. Avec le réalignement des collaborations scientifiques internationales, le Canada a l’occasion de se positionner. On nous fait confiance, on nous respecte et nous sommes bien placés pour bâtir des partenariats qui génèrent des retombées à la fois scientifiques et géopolitiques. Mais seulement si nous agissons avec détermination et rapidement. Nous n’avons que quelques mois, pas quelques années.
Pour saisir cette occasion, le Canada doit repenser son approche des installations de recherche multidisciplinaires (IRM). Il faut passer d’une vision de ces installations comme des établissements isolés exploités au moindre coût durable à une reconnaissance de leur rôle d’atouts nationaux multidisciplinaires. Cela exige de réaffirmer la responsabilité de ces infrastructures de recherche au plus haut niveau. Il s’agit aussi de repenser les modèles de fonctionnement et de financement des installations nationales afin de les aligner sur une vision à long terme, plutôt que sur des cadres ponctuels et axés sur le terrain, conçus pour des projets de recherche individuels. Ces changements ne nécessitent pas d’investissements importants. Les mesures immédiates les plus importantes sont d’ordre structurel et organisationnel : il s’agit de bâtir un réseau de liens entre les installations, d’assurer la coordination et de les intégrer aux stratégies économiques et d’innovation du Canada.
Il existe déjà plusieurs modèles viables dont nous pouvons nous inspirer pour assurer ce succès au Canada. Globalement, nous avons besoin d’un système qui considère les installations de recyclage des matières premières du Canada non pas comme des entités isolées, mais comme des ressources interconnectées capables de générer des avantages à l’échelle nationale grâce à une coordination efficace.
Il ne s’agit pas seulement de science ; il s’agit de la compétitivité et de la résilience futures du Canada. Les investissements dans des installations de tri et de recyclage agiles créent des emplois, forment la prochaine génération de talents hautement qualifiés et atténuent les risques en période d’incertitude. Ils renforcent le rayonnement international du Canada et attirent des partenariats, des investissements et des occasions d’affaires. À l’heure où l’incertitude mondiale est devenue la norme, les installations de tri et de recyclage peuvent constituer le socle de stabilité et de force que le Canada projette au monde.

Image : L’honorable François-Philippe Champagne, ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, lors d’une visite des installations de séparation et d’accélération d’isotopes de TRIUMF en 2023.
Mais des décisions audacieuses doivent être prises rapidement. Une gouvernance de haut niveau est essentielle pour diriger et coordonner les installations canadiennes afin qu'elles puissent exploiter pleinement leur potentiel. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser une approche dépassée limiter le potentiel d'actifs valant des milliards de dollars. Et nous ne pouvons pas nous permettre d'hésiter alors que nos pairs, partenaires et concurrents agissent avec détermination.
Le succès à long terme du Canada repose sur des réseaux et des alliés internationaux solides. Cultiver ces relations commence au pays. En tirant davantage parti de notre infrastructure de recherche à grande échelle, nous pouvons avoir un impact plus important pour les Canadiens, approfondir notre rôle dans la science mondiale et consolider notre position de chef de file en matière d’innovation et de découverte. Le monde évolue rapidement. Le Canada doit évoluer avec lui. La question n’est pas de savoir si nous pouvons diriger, mais si nous le ferons. Il est temps d’agir.

