Réagir aux réactions négatives pour défendre le financement de la recherche inclusive et fondée sur des données probantes

Auteur:

Professeure Maydianne CB Andrade

Université de Toronto Scarborough

Le professeur d'université.

Réseau canadien des scientifiques noirs

Cofondateur et ancien président

Jérémy T. Kerr

l'Université d'Ottawa

Professeur de biologie

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.

Aux États-Unis, les restrictions politiques pesant sur les décisions de financement ont débuté par des attaques contre l'EDI.

Aux États-Unis, depuis janvier 2025, le démantèlement des infrastructures et des financements de la recherche dans les domaines des sciences, des technologies, de l'ingénierie et des mathématiques (STEM) (et dans d'autres disciplines) s'est accéléré. Les coupes budgétaires ont débuté par une vague de rejets de propositions de recherche et de suppressions de subventions, imposées par le gouvernement fédéral dès lors que des termes liés à l'équité, la diversité et l'inclusion (EDI) y figuraient (notamment « femmes, personnes noires, LGBTQ et personnes handicapées »).¹ Ces décisions de financement de la recherche, dictées par des considérations politiques, ont dépassé le cadre de l'EDI, freinant la recherche sur des sujets tels que les vaccins et le changement climatique.²

Au Canada, les objections au traitement des enjeux d’EDI (équité, diversité et inclusion) dans les programmes fédéraux de financement de la recherche se sont manifestées sous plusieurs formes. Par exemple, un article d’opinion récent, hostile à l’EDI, a fait état d’une augmentation, au fil du temps, de la fréquence relative de mots ou d’expressions dans les subventions du CRSNG qui étaient catégorisés comme relevant de la « terminologie EDI », notamment : « genre, préjugés, Autochtones, durabilité, marginalisation et race ».³ Cette approche, qui consiste à signaler des mots et des expressions isolés, sortis de leur contexte et présentés comme des « preuves », est très préoccupante.

Rhétorique « anti-EDI » : on l'a déjà entendue.

Alors que les chercheurs et les organismes canadiens s'efforcent d'assurer l'excellence et la compétitivité, il est pertinent de se demander : que peut-on apprendre en observant l'érosion rapide de ce qui était autrefois une puissance mondiale en matière de recherche ?

Un enseignement essentiel réside dans l'importance de contester directement la désinformation présentée comme une critique académique des mécanismes de financement.

Les divergences d'opinions entre les conseils et organismes subventionnaires concernant les politiques et les pratiques sont à la fois prévisibles et nécessaires. La meilleure façon de soutenir de façon fiable une recherche novatrice et percutante n'est pas toujours évidente. Or, la rhétorique anti-EDI, désormais érigée en politique aux États-Unis et de plus en plus présente au Canada, empêche tout débat raisonné.

Nous mettons ici en lumière deux méthodes courantes utilisées par le langage codé pour contourner les preuves.

Les pratiques fondées sur des données probantes ne sont pas une idéologie.

L’une des attaques les plus courantes consiste à affirmer que garantir l’inclusion dans la recherche et l’attribution des subventions relève d’une croisade idéologique menée par un groupe occulte d’extrême gauche. Ce procédé rhétorique, employé dans les éditoriaux de journaux, les publications de groupes de réflexion et même lors d’auditions devant la Commission parlementaire permanente de la science et de la recherche (SRSR)⁴, semble conçu pour susciter l’indignation. Il balaie d’un revers de main des décennies de données quantitatives démontrant comment l’inclusion amplifie l’impact et les retombées de la recherche.⁵

Il n’est pas difficile de percer à jour cette mascarade. L’idéologie est « un système d’idées… un ensemble de croyances qui régissent la conduite » (OED 2010, italiques ajoutés). En revanche, les changements apportés aux pratiques et aux politiques des trois conseils reposent sur des données et des analyses. Ces données démontrent que l’obtention de financements n’a jamais été uniquement due à l’excellence des chercheurs ou à la qualité d’une proposition.

Par exemple, des études sur les concours de subventions des IRSC ont démontré de façon convaincante des écarts entre les sexes en matière de taux de réussite.⁶ Les femmes reçoivent des notes inférieures à celles des hommes de la part des évaluateurs par les pairs. même lorsque leurs résultats témoignent d'un mérite similaire, et l'écart entre les sexes est le plus marqué chez les chercheurs les plus performants.Sept analyses des IRSC montrent que les demandeurs qui s’identifient comme appartenant à des minorités visibles ou comme vivant avec un handicap affichent également des taux de réussite inférieurs aux prévisions.⁸ Les données publiques du CRSNG révèlent des écarts racialisés pluriannuels dans l’octroi des subventions (figure 1).⁹

Nous ne comprenons pas pourquoi les pratiques fondées sur des données probantes qui émergent de la documentation de ces tendances sont qualifiées d’« idéologie ».

Figure 1. Taux de réussite moyen (intervalles de confiance à 95 %) des candidats aux subventions à la découverte du CRSNG en fonction de l’auto-identification raciale et du classement pour les années de concours 2019 à 2025. Données extraites du tableau de bord EDI du CRSNG par M. Tseng.9

Exclure les talents est une stratégie perdante pour être compétitif sur la scène mondiale.

L’argument selon lequel ces chiffres sont naturels parce que les femmes et les « minorités visibles » comptent relativement peu de chercheurs méritants se cache dans l’ombre du mouvement anti-EDI.4

Il est temps de s'attaquer de front à cette idéologie. Il est essentiel de défendre haut et fort les pratiques qui reconnaissent et corrigent les lacunes de financement, car sans elles, le Canada ne pourra pas exploiter pleinement son potentiel en matière de recherche d'excellence. Nous risquons également de perdre d'excellents chercheurs qui refusent de se mesurer à des conditions de travail biaisées.

Les trois conseils ont judicieusement modifié leurs pratiques afin de les harmoniser avec les objectifs de financement de l’excellence en recherche. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre des impératifs juridiques du Canada visant à éliminer les répercussions négatives sur les groupes désignés dans divers contextes.

Il ne s’agit ni d’idéologie ni de politique. C’est plutôt une conclusion inévitable tirée des travaux factuels menés par la communauté de recherche elle-même. L’impératif de prendre en compte l’EDI (équité, diversité et inclusion) dans la recherche reflète deux objectifs clairs : les principes juridiques relatifs aux droits de la personne et la volonté du Canada de constituer les équipes de recherche les plus compétentes possible.

Qu'en est-il de la diversité des points de vue ?

Les critiques visent également les pratiques qui cherchent à améliorer l'inclusion d'excellents chercheurs historiquement exclus des opportunités de recherche. Cette stratégie dénonce un prétendu manque de « diversité des points de vue » parmi les chercheurs comme la crise de représentation la plus urgente⁴, citant souvent des sources américaines ou des articles d'opinion de groupes de réflexion. Or, une étude à grande échelle, évaluée par les pairs et portant sur cette question dans les universités canadiennes, a révélé une hétérogénéité des opinions politiques des professeurs. De plus, la répartition des idéologies au sein du corps professoral était largement similaire à celle de l'ensemble des diplômés universitaires canadiens parmi lesquels ils sont recrutés¹⁰,¹¹.

L'EDI dans la formation favorise la responsabilisation

Les militants anti-EDI affirment que les exigences en matière d'EDI nuisent à l'excellence de la recherche.⁴ Cet argument est erroné à plusieurs égards, notamment parce qu'il repose sur un manque de preuves. L'évaluation des critères d'EDI pour la plupart des subventions de recherche fondamentale en STIM est distincte de la recherche proposée. Elle valorise plutôt les plans de formation bien conçus qui recrutent et soutiennent des personnes talentueuses issues de toutes les communautés du Canada. Il ne s'agit pas d'un exercice idéologique, ni d'un critère éliminatoire auquel les chercheurs doivent se soumettre. C'est plutôt une gestion moderne et intelligente des ressources humaines.

En fait, les critères d’EDI (Équité, Diversité et Inclusion) en sciences naturelles et en génie visent presque exclusivement à garantir que les chercheurs financés par les fonds publics canadiens offrent à tous les Canadiens la possibilité de développer et de partager leurs talents. Autrement dit, les critères d’EDI favorisent l’excellence en permettant une meilleure reconnaissance des chercheurs prometteurs, qui sont ensuite intégrés à la recherche.

Les gants sont jetés.

Il peut sembler inutile de s'attaquer à ces tactiques rhétoriques prévisibles, et à d'autres tout aussi prévisibles. C'est une erreur. Des étiquettes comme « idéologie », répétées comme des faits avérés, passent facilement des conversations aux gros titres. S'engager dans la lutte contre l'EDI sans en déconstruire les profondes erreurs de raisonnement qui laissent ces étiquettes, et leur pouvoir émotionnel, intacts. Nous pouvons regarder vers le sud, ou vers le passé, et voir où cela nous mène. Pour maintenir et renforcer l'avantage concurrentiel du Canada, il est essentiel de veiller à ce que notre paysage de recherche et d'innovation soit enrichi par l'excellence de toutes nos communautés. Nous vous encourageons vivement à réfuter systématiquement les idées reçues par des preuves, chaque fois que vous les entendez. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser la désinformation dicter les pratiques de financement de la recherche au Canada.

Références

  1. Lee, le 15 mars 2025. Forbes. https://www.forbes.com/sites/brucelee/2025/03/15/these-197-terms-may-trigger-reviews-of-your-nih-nsf-grant-proposals/ (Consulté le 5 septembre 2025).
  2. Halpert, M. 5 août 2025. BBC News. https://bbc.com/news/articles/c74dzdddvmjo (Consulté le 10 août 2025). Temple, J. 2 juin 2025. MIT Technology Review. https://www.technologyreview.com/2025/06/02/1117653/the-trump-administration-has-shut-down-more-than-100-climate-studies/ (Consulté le 10 août 2025).
  3. Snow, D. Février 2025. Institut MacDonald-Laurier (figure 8). https://macdonaldlaurier.ca/promoting-excellence-or-activism-equity-diversity-and-inclusion-at-canadas-federal-granting-agencies/ (Consulté le 10 août 2025).
  4. Étude SRSR : L’impact des critères d’attribution du financement fédéral sur l’excellence en recherche au Canada (44-1, 2024 et 45-1, 2025). https://www.ourcommons.ca/documentviewer/en/44-1/SRSR/meeting-111/evidence;
  5. AlShebli, BK, et al. 2018. Nature Communications 9, 5163. https://doi.org/10.1038/s41467-018-07634-8; Freeman, R., Huang, W. 2014. Nature 513, 305. https://doi.org/10.1038/513305a
  6. Witteman, HO et coll. 2019. The Lancet, 393(10171), 531-540. est ce que je:https://doi.org/10.1016/S0140-6736(18)32611-4Burns, KEA, et al. 2019. PLoS Medicine, 16(10), e1002935. doi:10.1371/journal.pmed.1002935
  7. Tamblyn, R., et al. 2018. Journal de l'Association médicale canadienne, 190(16), E489-E499. doi:10.1503/cmaj.170901
  8. IRSC. Message du vice-président et du vice-président associé, Programmes de recherche (Opérations), https://cihr-irsc.gc.ca/e/53907.html (Consulté le 30 septembre 2025).
  9. Tableaux de bord EDI du CRSNG : https://www.nserc-crsng.gc.ca/NSERC-CRSNG/EDI/data-donnees_eng.asp; Analyse comparative entre les sexes plus dans les programmes du CRSNG : Rapport sommaire 2024. https://www.nserc-crsng.gc.ca/NSERC-CRSNG/Reports-Rapports/GBA_Plus-ACS_Plus/2024/index_eng.asp (Consulté le 10 juillet 2025).
  10. Nakhaei, MR; Brym, RJ. 2011. Les orientations idéologiques des professeurs d'université canadiens. Revue canadienne de l'enseignement supérieur. 41:18-33. https://journals.sfu.ca/cjhe/index.php/cjhe/article/view/2181/2130
  11. Smith, M. 10 octobre 2025. Le débat sur la diversité des points de vue dans les universités canadiennes. University Affairs. https://universityaffairs.ca/opinion/the-viewpoint-diversity-debate-in-canadian-universities/ (Consulté le 21 octobre 2025)