Investir dans le capital intellectuel : un nouveau pilier pour l'économie de l'innovation au Canada
Auteur:
Dre Dilpriya K. Mangat, MD, FRCPC, EMBA
Andria V. Stephens, infirmière autorisée, MN, MBA
Dr Harris A. Eyre, MD, PhD
Dre Jennie Z. Young, Ph. D.
Dr Andrew S. Nevin, Ph. D.
Georges Vradenburg
Drew Holzapfel
Julian Karageusian
Sarah Hoit

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.
La stratégie d’innovation du Canada commence par le capital intellectuel
En cette période d'incertitude géopolitique, de défis croissants en matière de productivité et de progrès de l'intelligence artificielle (IA), le Canada doit réévaluer la façon dont il exploite ses forces, s'attaque aux vulnérabilités systémiques et active son atout le plus sous-utilisé : le capital intellectuel. Englobant les capacités cognitives, émotionnelles et sociales des individus et des communautés à s'adapter, à innover et à diriger, le capital intellectuel est de plus en plus reconnu comme un moteur fondamental de la résilience économique et de l'innovation (Eyre et al., 2021).
Fort de cette reconnaissance, le concept d'économie du cerveau a gagné en popularité à l'échelle mondiale en tant qu'optique stratégique pour les politiques et la croissance. Le McKinsey Health Institute définit l'économie du cerveau comme « un système économique résilient et prospère, alimenté par des cerveaux sains pour répondre à la demande sociétale croissante en capital cérébral » (McKinsey Health Institute, 2024). Ce cadre positionne la santé cérébrale non seulement comme une priorité de santé publique, mais aussi comme un élément essentiel de la stratégie économique nationale. Des organisations mondiales comme le Forum économique mondial ont également souligné l'importance d'intégrer le capital cérébral dans les cadres d'innovation et de politique afin de bâtir une économie tournée vers l'avenir (Forum économique mondial, 2024a).
Face à l'accélération de la demande mondiale d'innovation, le Canada doit adopter une approche intégrée qui relie la santé, l'éducation, la technologie et le développement économique. La stratégie d'innovation du Canada doit refléter cette interdépendance.
L'Alberta est bien placée pour mener ce changement. Forte de solides assises en matière d'infrastructure numérique et d'intelligence artificielle (IA) et d'une population à la fois vieillissante et jeune, la province offre un point d'entrée stratégique pour faire progresser l'économie du cerveau. Le capital intellectuel s'impose comme un cadre pratique pour le développement économique, la résilience de la main-d'œuvre et la santé de la population. La position proactive de l'Alberta peut servir de modèle national.
Les arguments économiques en faveur de la santé cérébrale
La santé cérébrale n'est plus une préoccupation de santé publique de niche. C'est une nécessité macroéconomique. Une mauvaise santé cérébrale, notamment le déclin cognitif, les maladies mentales et les troubles du développement neurologique, réduit le PIB, fait grimper les coûts de santé et freine l'innovation.
Selon l'OCDE (2021), le coût économique d'une mauvaise santé mentale dans les pays à revenu élevé dépasse 4 % du PIB par an. En Alberta seulement, les coûts liés à la démence devraient atteindre 15.3 milliards de dollars par an d'ici 2050, tandis que les problèmes de santé mentale et de toxicomanie représentent entre 5 et 6 milliards de dollars par an (Centre canadien d'analyse économique, 2023).
Chaque dollar investi dans le traitement de la dépression et de l'anxiété peut générer jusqu'à quatre dollars d'amélioration de la productivité et de la santé (OMS, 2016). Au Canada, l'intensification des interventions en santé mentale pourrait réduire le fardeau national de la maladie de 36 % et générer près de 88 milliards de dollars d'impact sur le PIB d'ici 2050 (McKinsey Health Institute, 2025).
Au fil du temps, les investissements dans le capital intellectuel augmentent la productivité totale des facteurs, un facteur clé de la prospérité à long terme. Bâtir une société saine sur le plan cérébral est essentiel à une croissance économique inclusive et tournée vers l'avenir.
Le coût d'une mauvaise santé cérébrale
Les problèmes de santé cérébrale représentent un fardeau de plusieurs milliards de dollars pour l'Alberta en raison de la hausse des coûts des soins de santé, de la perte de productivité, de l'invalidité de longue durée et de l'impact négatif sur le PIB. La démence à elle seule coûte plus de 83,000 15.3 $ par personne et par an, soit le coût le plus élevé au Canada, et les coûts totaux devraient atteindre 2050 milliards de dollars d'ici 2023 (CANCEA, 2020 ; Livingston et al., XNUMX). Un Albertain sur cinq souffre d'un problème de santé mentale chaque année, la maladie mentale étant l'une des principales causes d'invalidité au travail.
L'avantage de l'innovation en Alberta
L'Alberta affiche la moyenne d'âge la plus jeune parmi les provinces canadiennes (Statistique Canada, 2020), ce qui renforce le rendement du capital investi dans les performances cognitives, l'éducation et la santé mentale. Parallèlement, près d'un Albertain sur quatre aura plus de 65 ans d'ici 2040, ce qui nécessitera des politiques en matière de soins aux personnes atteintes de démence et d'infrastructures de santé.
Grâce à ses atouts en matière d’IA, de recherche clinique et de santé numérique, l’Alberta peut servir de banc d’essai pour des systèmes proactifs, axés sur les données et façonnés par l’expérience vécue.
Les pays nordiques illustrent ce modèle en pratique. Des décennies d'investissement dans la santé cérébrale, l'éducation et les infrastructures sociales ont contribué à leur PIB par habitant élevé et à leurs indicateurs de bien-être de premier plan à l'échelle mondiale (OCDE, 2023). Le Forum économique mondial (2024b) affirme que la santé cérébrale est un impératif économique national, renforçant ainsi la possibilité pour l'Alberta d'harmoniser ses systèmes de santé, d'éducation et d'innovation afin de libérer tout son potentiel cognitif et économique.
Une plateforme pour la politique nationale
Pour saisir cette opportunité, l'Alberta devrait créer un Conseil provincial du capital cérébral afin de coordonner les investissements entre les ministères de la Santé, de l'Éducation, du Travail et de l'Économie. Ce conseil pourrait combler les écarts sectoriels, accélérer l'innovation et préparer les solutions de santé cérébrale basées sur l'IA.
Cela s'inscrit dans la feuille de route de l'Initiative canadienne de recherche sur le cerveau (Young et al., 2024) et dans les efforts mondiaux tels que le Brain Economy Action Forum organisé par le Forum économique mondial (2024a) et le Davos Alzheimer's Collaborative, qui mettent l'accent sur l'interopérabilité des données et la préparation à la démence. L'Alberta et le Canada devraient participer activement aux dialogues du G7, du G20 et du Forum économique mondial sur le capital cérébral et l'équité en santé.
L'infrastructure numérique comme pilier de l'innovation
L'Alberta peut s'appuyer sur des modèles comme la plateforme Brain-CODE de l'Institut ontarien du cerveau pour créer des systèmes sécurisés et interopérables de données cognitives et cliniques (Institut ontarien du cerveau, 2023). Ces plateformes permettent la détection précoce, la recherche longitudinale et les outils de décision basés sur l'IA, tout en soutenant la commercialisation dans l'économie bionumérique.
La santé cérébrale numérique est étroitement liée à l'accès aux soins en milieu rural, à l'équité en santé autochtone et à la santé des femmes. Des outils adaptés à la culture, des formations neuroinclusives et des partenariats public-privé peuvent transformer la façon dont les institutions réagissent à l'épuisement professionnel, au vieillissement et au stress mental.
Un appel à repenser l'innovation
Pour rattraper le retard du Canada en matière d'innovation, nous devons élargir ce qui constitue une politique d'innovation. L'économie du cerveau fait le lien entre santé et productivité, prévention et prospérité, inclusion et compétitivité. Elle exige une coordination intersectorielle et un suivi des résultats à long terme.
Il s'agit d'une opportunité à court terme. L'Alberta peut intégrer des programmes axés sur la neuroplasticité dans les écoles et les milieux de travail, mettre en place des codes de facturation pour les évaluations cognitives et établir des normes de référence pour le secteur public en matière de capital cérébral. Grâce à des investissements, l'Alberta pourrait se hisser parmi les trois premiers chefs de file mondiaux de l'économie du cerveau d'ici 2055.
À l'échelle nationale, nous devons reconnaître que la performance cérébrale est une infrastructure. Tout comme nous investissons dans les routes et le haut débit, nous devons investir dans les capacités cognitives. Le Canada peut être un chef de file en matière d'IA et de technologies de la santé, et réinventer une économie de l'innovation résiliente et inclusive.
Élargir le cadre du capital cérébral
Le capital intellectuel comprend les compétences cognitives, l'intelligence émotionnelle et les liens sociaux. Il englobe à la fois le potentiel individuel et le capital intellectuel collectif des communautés.
Alors que l'IA transforme les marchés du travail, le capital intellectuel devient un déterminant essentiel de l'adaptabilité nationale. Lui accorder la priorité permet aux nations de prospérer dans un contexte de changement rapide (OCDE, 2021).
De l'opportunité locale à l'opportunité mondiale
Ce qui s'applique localement s'applique également à l'échelle mondiale. Les initiatives en matière de santé cérébrale pourraient générer plus de 26 150 milliards de dollars de valeur économique et ajouter 2040 millions d'années de vie de qualité d'ici 2024 (Eyre et al., 2023 ; McKinsey Health Institute, 87.9). Au Canada seulement, la mise à l'échelle des solutions en santé mentale pourrait générer 600,000 milliards de dollars d'impact sur le PIB et 2050 2025 années de travail supplémentaires d'ici XNUMX (McKinsey Health Institute, XNUMX).
Le Forum économique mondial souligne cette opportunité, soulignant que le capital intellectuel est essentiel aux économies tournées vers l'avenir et préconisant son intégration dans les stratégies de transformation de la main-d'œuvre et de santé numérique (Forum économique mondial, 2024a). L'alignement de l'Alberta sur ces cadres peut positionner le Canada comme un chef de file en matière de développement économique cognitif.
Vers une stratégie nationale de capital cérébral
Le Canada doit faire du capital intellectuel une priorité économique nationale. Les fonds fédéraux, les politiques provinciales et les partenariats privés doivent converger vers une stratégie coordonnée.
L’Alberta peut servir de rampe de lancement, mais une collaboration nationale est essentielle pour débloquer le plein rendement économique et sociétal de l’investissement dans le capital intellectuel.
Références
Alliance du capital cérébral. (2024). Intégrer les compétences cérébrales dans les stratégies nationales numériques et de main-d'œuvreAlliance de l’OCDE pour le capital cerveau.
Centre canadien d'analyse économique. (2023). Impact économique de la démence et de la santé mentale en AlbertaToronto, ON : CANCEA.
Collaboratif Davos Alzheimer. (2023). Préparation à la démence et interopérabilité des données : rapport d'étape mondial. https://www.davosalzheimerscollaborative.org/
Eyre, HA, Berk, M., Lavretsky, H., et al. (2021). Le concept de capital intellectuel : une nouvelle approche d’investissement pour l’avenir de la société. Molecular Psychiatry, 26(1), 289–292. https://doi.org/10.1038/s41380-020-00905-w
Eyre, HA, Hynes, W., Mangat, D., Smith, E., et Baghbanian, A. (2024). Développer le capital intellectuel : une stratégie mondiale pour la résilience économique et le bien-être sociétal. Alliance pour le capital cerveau de l'OCDE et Collaboration Davos Alzheimer.
Livingston, G., Huntley, J., Sommerlad, A., Ames, D., Ballard, C., Banerjee, S., … & Mukadam, N. (2020). Prévention, intervention et soins de la démence : rapport 2020 de la Commission Lancet. The Lancet, 396(10248), 413-446. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(20)30367-6
Institut de santé McKinsey. (2024). Qu'est-ce que la santé du cerveau ? Récupérée de https://www.mckinsey.com/featured-insights/mckinsey-explainers/what-is-brain-health
Institut de santé McKinsey. (2023). Donner la priorité à la santé : une recette pour la prospérité. https://www.mckinsey.com/mhi/our-insights/prioritizing-health-a-prescription-for-prosperity
Institut de santé McKinsey. (2025). Améliorer la santé mentale : libérer le potentiel économique du Canada. McKinsey & Compagnie. (Publication à venir ; citation basée sur des documents de diffusion anticipée)
OCDE. (2021). Favoriser la résilience économique grâce au capital intellectuelOrganisation de coopération et de développement économiques. https://www.oecd.org/
OCDE. (2023). Indice de vie meilleure : aperçu des paysOrganisation de coopération et de développement économiques. https://www.oecdbetterlifeindex.org/
Institut ontarien du cerveau. (2023). Brain-CODE : une plateforme de données pour soutenir la découverte et l'innovation en neurosciences. Extrait de https://braininstitute.ca/research-data-sharing/brain-code
Smith, E., Hynes, W., et Eyre, HA (2021). Capital intellectuel : un nouveau programme politique pour la résilience humaine et sociétale. Éditions de l'OCDE.
Statistique Canada. (2020). Estimations de la population au 1er juillet, par âge et par sexe. https://www.statcan.gc.ca/
Forum économique mondial. (2024a). Forum d'action sur la santé du cerveau. https://initiatives.weforum.org/brain-health-action-forum/home
Forum économique mondial. (2024b). L'avenir de la santé : relier la politique sanitaire et économique grâce au capital intellectuel. https://www.weforum.org/
Organisation mondiale de la santé. (2016). Investir dans le traitement de la dépression et de l’anxiété conduit à un rendement quadrupleCommuniqué de presse de l'OMS. https://www.who.int/news/item/13-04-2016
Young, J., Linkenhoker, B., et Borthwick, C. (2024). Plaidoyer en faveur d'une initiative canadienne de recherche sur le cerveau : feuille de route politique et prochaines étapesStratégie canadienne de recherche sur le cerveau.
En savoir plus sur l'auteur(s)
Dre Dilpriya K. Mangat, MD, FRCPC, EMBA
Université de Calgary, Hotchkiss Brain Institute
Professeur clinique
Andria V. Stephens, infirmière autorisée, MN, MBA
NexCerebrum Santé et bien-être du cerveau
Directeur exécutif
Dr Harris A. Eyre, MD, PhD
Rice University
Responsable, Neuro-Politique
Dre Jennie Z. Young, Ph. D.
Stratégie canadienne de recherche sur le cerveau
Directeur exécutif
Dr Andrew S. Nevin, Ph. D.
Brainomics Venture, Centre pour la santé cérébrale, Université du Texas à Dallas
Professeur-chercheur et directeur inaugural
Georges Vradenburg
Collaboratif Davos Alzheimer
Président fondateur
Drew Holzapfel
Collaboratif Davos Alzheimer
Chef des opérations
Julian Karageusian
Département d'économie, Université McGill
Conférencier
Sarah Hoit
Partenaires à impact social, Initiative mondiale pour la santé cérébrale
Co-fondateur et président

