L'IA et l'innovation numérique ont aussi besoin de la science.
Auteur:
Monique Crichlow

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.
La mise en place du cabinet ministériel du Premier ministre Mark Carney marque une étape importante dans la politique canadienne en matière d'intelligence artificielle (IA). nomination d'un nouveau ministre de l'IACe devrait être un moment d’optimisme prudent, signe que le gouvernement fédéral reconnaît l’importance capitale de l’IA pour l’avenir de notre pays. Cela s’inscrit également dans la continuité de la longue et prestigieuse histoire du Canada, pionnier dans ce domaine en pleine transformation. Premier pays à se doter d’une stratégie nationale en IA, le Canada a récemment reçu le prix Nobel pour son engagement envers la recherche fondamentale, son attractivité auprès des meilleurs talents et son esprit de communauté, voué à faire progresser la recherche scientifique.
Pourtant, un détail de la nouvelle composition ministérielle attire l'attention : l'absence notable du terme « science » dans la description des priorités ministérielles. L'IA est en effet présentée principalement sous l'angle de l'industrie, de son adoption et de la croissance économique. Cette première approche soulève une question cruciale : ne risquons-nous pas de réduire l'IA à un simple outil de gain économique à court terme, en négligeant les fondements scientifiques qui rendent cette technologie possible et pertinente ?
La valeur des sciences fondamentales
Les progrès du Canada en intelligence artificielle reposent sur une recherche fondamentale solide, véritable moteur des percées actuelles. Les puissants modèles d’apprentissage automatique et les applications transformatrices que nous observons aujourd’hui découlent directement de décennies d’exploration et d’expérimentation scientifiques patientes. Des institutions comme l’Université de Toronto, le CIFAR et l’Institut Vector jouent un rôle essentiel dans cette histoire, témoignant de l’engagement de longue date du Canada envers la recherche ouverte, l’excellence scientifique et la recherche guidée par la curiosité.
L’intelligence artificielle progresse rapidement et s’intègre de plus en plus aux systèmes qui façonnent la société, de la santé et l’éducation aux infrastructures de communication, à la cybersécurité et à l’économie mondiale. Ces technologies sont puissantes, évolutives et profondément interconnectées. Elles offrent des perspectives considérables pour améliorer la vie humaine, mais présentent également des risques complexes : renforcement des inégalités, automatisation du travail, voire affaiblissement des institutions démocratiques par des effets en cascade difficiles à anticiper.
La science peut parfois être provocatrice. Récemment, la communauté de recherche en IA a activement débattu des questions de sécurité et de l'évolution future des capacités de l'IA, notamment du potentiel de conséquences néfastes pour l'humanitéCes conversations sont essentielles et, pour y participer de manière constructive, il faut plus qu'une expertise technique ; il faut des perspectives interdisciplinaires.
Des instituts comme le Schwartz Reisman Institute for Technology and Society de l'Université de Toronto s'attachent à construire un consensus scientifique et à renforcer la capacité de la société à évaluer les technologies émergentes, à identifier rapidement les risques potentiels et à soutenir des approches de gouvernance qui maximisent les avantages publics tout en minimisant les risques.
Plus important encore, les débats sur les risques et l'avenir de l'IA ne sont pas des cas isolés ; ils reflètent la manière dont la science a toujours appréhendé l'incertitude, recherché le consensus et élaboré des scénarios. Les questions relatives aux risques, aux limites et aux garde-fous sont des composantes essentielles de la science si nous voulons faire progresser l'innovation et en récolter les fruits.
Pourtant, certains signes indiquent que l'on demande à la science de voir son rôle diminuer au profit d'une adoption accélérée. Les discours tenus lors de rencontres internationales comme le récent Sommet sur l'action en matière d'IA à Paris, ou l'évolution du mandat de l'Institut britannique de sécurité de l'IA (désormais appelé Institut britannique de sécurité de l'IA), témoignent de ce changement d'orientation. L'attention se porte de plus en plus sur l'accélération, l'adoption et les gains de productivité. Bien que ces objectifs soient importants, ils ne sauraient constituer les seules priorités.
Un moment pour diriger
Les prochaines lettres de mandat ministériel permettront de clarifier les priorités du gouvernement fédéral pour les mois à venir. Nous pouvons tirer parti de l'IA pour stimuler la croissance économique, à condition de garder à l'esprit que la véritable innovation découle de la curiosité, de l'ouverture et d'une gouvernance éclairée. Si nous voulons une IA qui soit véritablement au service des citoyens, nous devons investir non seulement dans la technologie et l'industrie, mais aussi dans les sciences et les structures sociales qui rendent l'IA possible et bénéfique.
Ne confondons pas les résultats impressionnants de l'IA avec le moteur qui la fait fonctionner. Ce moteur, c'est la science et celles et ceux qui la développent, la questionnent et veillent à ce qu'elle serve le bien public. C'est là que l'avenir du Canada en IA peut véritablement s'épanouir.
En savoir plus sur l'auteur(s)
Monique Crichlow
Institut Schwartz Reisman pour la technologie et la société de l'Université de Toronto
Directeur exécutif

