Innovation alimentée par la science : mettre l'industrie aux commandes de l'innovation

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Auteur:

Guillaume Côté

Consortium pour la recherche et l’innovation en aérospatiale au Québec (CRIAQ)

PDG

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.

Les gouvernements, les universitaires et les professionnels du monde des affaires sont les principaux acteurs de la triple hélice vertueuse de l'innovation. Généralement disposés à discuter des moteurs de la croissance économique, ils s'accordent pour la plupart sur l'importance de l'innovation et d'une base industrielle solide pour le Canada. Cependant, la mise en œuvre s'avère souvent en deçà des attentes. Il est peut-être temps de reconnaître que, comparativement aux autres pays comparables, la performance du Canada en matière d'innovation est un enjeu stratégique et qu'à ce stade, il convient de privilégier l'action aux discussions.

On pourrait avancer que trop de programmes d'innovation et de politiques industrielles (mais loin d'être tous) se sont révélés soit trop lourds, soit mal conçus, soit, de fait, poursuivent trop d'objectifs sans soutenir pleinement la croissance économique ou industrielle. Il convient d'ajouter que, à juste titre, le socle de la pensée académique a été axé sur le renforcement de la science, condition nécessaire mais non suffisante à l'innovation. Si le rôle positif de la science dans le soutien à la croissance économique et, par conséquent, dans l'amélioration de la qualité de vie, est indéniable, force est de constater qu'aujourd'hui, l'investissement dans la science lié à l'innovation est plus difficile à justifier qu'auparavant.

Des observateurs ont indiqué que des entreprises de tous les secteurs et régions ont peut-être mal interprété les signaux du marché annonçant prospérité et perspectives de croissance. Cependant, les entreprises réagissent à leur environnement et nous pouvons être certains qu'elles s'engageront pleinement lorsque le rapport risque/rendement sera favorable. La meilleure façon de gérer les turbulences commerciales est d'améliorer l'environnement des affaires avant de créer de nouveaux programmes visant à exploiter pleinement la créativité du secteur privé. Les règles gouvernementales en matière de responsabilité, de transparence et de gouvernance – certes louables – se traduisent souvent par de la rigidité, des retards et un contrôle excessif. Dans ce contexte, il est quelque peu illusoire d'attendre de l'industrie qu'elle contribue davantage aux objectifs nationaux, car cela peut engendrer une hausse des coûts.

Idéalement, le Canada pourrait compter sur des entreprises plus grandes et plus innovantes, évoluant sur un marché intérieur plus vaste, avec davantage de licornes disruptives façonnant de nouveaux segments de marché afin de faciliter la résolution des défis de l'innovation. Dans notre contexte, universitaires, conseillers politiques, dirigeants d'entreprise et professionnels des technologies ont tous un rôle à jouer pour hisser notre capacité d'innovation à un niveau supérieur, capable de soutenir les perspectives de prospérité. Fort de trois décennies d'expérience et d'analyse approfondie des enjeux de l'innovation au Canada, je suis convaincu que l'industrie est la mieux placée pour impulser le prochain grand mouvement d'innovation. Après tout, c'est elle qui a le plus grand impact sur la création d'emplois, d'autant plus que la réindustrialisation est devenue un enjeu de plus en plus crucial dans le monde complexe d'aujourd'hui.

Le corollaire comporte quatre implications principales. Premièrement, l'industrie devrait prendre l'initiative de déterminer les défis à relever. Deuxièmement, le secteur académique doit valoriser les partenariats de recherche avec l'industrie – et ses chercheurs – compte tenu de l'impératif de « publier ou périr ». Troisièmement, les gouvernements, à tous les niveaux, devraient améliorer l'environnement des affaires, favoriser les échanges, la convergence des efforts et la confiance, et proposer des financements plus flexibles adaptés aux réalités des différents secteurs industriels – en privilégiant les instruments politiques susceptibles d'avoir un impact significatif. Quatrièmement, il est nécessaire d'examiner de plus près l'ensemble de l'écosystème de l'innovation, qui comprend des outils performants tels que les associations, les plateformes technologiques, les organismes de recherche et de technologie, les consortiums, les centres d'excellence, les incubateurs et les accélérateurs – tous jouant un rôle clé à l'interface entre la science et l'innovation et pouvant optimiser les ressources existantes (financement, expertise, équipements, mécanismes de recherche collaborative, crédits d'impôt, stages et formations). Ces organisations, situées à l'interface entre les pouvoirs publics, l'industrie et le monde académique, sont les maillons essentiels qui assurent la cohésion de ces trois acteurs et leur auto-renforcement.

Au CRIAQ, le Consortium de recherche et d’innovation en aérospatiale du Québec (CRIAQ), un modèle éprouvé aux retombées concrètes, nous nous efforçons de favoriser l’innovation. Nous ne menons pas de recherche et ne collectons pas de propriété intellectuelle, mais nous maîtrisons l’art de conjuguer et de tirer parti de l’expertise et des ressources de nos membres afin d’accroître leur production d’innovations et d’accélérer leur commercialisation.

Notre modèle de recherche collaborative vise à conjuguer les atouts industriels et académiques. Outre le soutien à la constitution d'équipes de consortiums de R&D, à la définition du périmètre des projets et à leur financement, nous jouons un rôle moteur dans l'identification des priorités que l'écosystème est en mesure de relever et qui méritent d'être abordées. Ce modèle a fait ses preuves, notamment dans l'aérospatiale et dans d'autres secteurs où il a été expérimenté. La clé réside dans le fait de partir d'un enjeu commercial. Les projets du CRIAQ sont axés sur un objectif précis dès leur conception : ils sont alimentés par la science plutôt que fondés sur elle, car le modèle linéaire de l'innovation est devenu obsolète depuis la publication de « La science : une frontière sans fin » par Vannevar Bush en 1945.

Au-delà de l'accélération de l'innovation et de l'adoption technologiques, les entreprises qui mènent des recherches collaboratives ont constaté des gains de productivité, un meilleur accès aux talents, une diversification des marchés, de nouveaux partenariats et une stratégie de croissance plus claire. Face à la performance décevante du Canada en matière d'innovation et à l'impératif de réindustrialisation, notamment dans le secteur de la défense, il est temps d'écouter plus attentivement l'industrie et de privilégier l'utilisation optimale des ressources et des actifs dont nous disposons déjà. Ainsi, la Triple Hélice et ses composantes pourront œuvrer de concert pour atteindre des objectifs plus ambitieux.