Favoriser l’inclusion : la clé de l’avenir scientifique et innovant du Canada

Auteur:
Jennifer Flagan
Acte
Co-fondateur et PDG
Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.
Quand je pense à l’avenir des sciences et de l’innovation au Canada, je ressens à la fois de l’optimisme et de l’inquiétude. De l’optimisme quant aux possibilités qui s’offrent à nous, et de l’inquiétude quant aux personnes qui continuent d’être exclues. Derrière chaque avancée potentielle se cache une vérité difficile, mais essentielle : tout le monde n’a pas la possibilité de participer, de contribuer ou d’en bénéficier. Partout au pays, de nombreux organismes et individus s’efforcent de changer cela en développant les compétences, en ouvrant des portes et en créant un espace pour les femmes, les Autochtones, les personnes issues de communautés racisées, les personnes handicapées et les personnes de la communauté 2SLGBTQ+. Ces progrès sont inspirants et nécessaires, mais le chemin à parcourir est encore long.
Qu’est-ce qui empêche le système canadien de science et d’innovation d’avancer plus vite et plus loin ? La réponse réside, du moins en partie, dans les systèmes eux-mêmes.
Chez Actua, j'ai constaté comment des systèmes défaillants et une culture obsolète et profondément enracinée peuvent entraver le progrès. Après avoir mobilisé des millions de jeunes, d'éducateurs et leurs parents pendant plus de trente ans, je peux affirmer avec certitude que ce ne sont ni le talent ni la motivation qui freinent les gens. Ce sont les normes, les politiques et les comportements profondément ancrés, trop souvent acceptés sans discussion. Résultat : le Canada se prive d'innombrables idées brillantes et de talents exceptionnels. On ne devrait exiger de personne qu'elle se conforme à des systèmes et des cultures qui ne profitent pas à tous. Le véritable progrès survient lorsque les institutions et les milieux de travail évoluent pour servir l'intérêt de tous, plutôt que d'attendre des individus qu'ils se plient aux exigences du système.
Ce que l'IA révèle sur la nécessité de systèmes inclusifs
L'intelligence artificielle, et plus particulièrement l'IA générative, illustre parfaitement la nécessité d'une transformation systémique des sciences, des technologies et de l'innovation. Chez Actua, j'ai constaté l'enthousiasme des jeunes et des enseignants qui explorent l'IA. Mais j'observe aussi la persistance de préjugés qui, s'ils ne sont pas remis en question, risquent d'être amplifiés par les outils mêmes que nous célébrons.
Considérons l'expérience de nombreuses femmes avec l'IA. Une étude de la Harvard Business School met en lumière un écart souvent insoupçonné : les femmes sont environ 25 % moins susceptibles d'utiliser l'IA générative que les hommes, cet écart pouvant atteindre 40 % dans certains secteurs, pour certaines fonctions et dans certains pays. Trop souvent, le débat sur la moindre adoption d'une technologie par les femmes est abordé sous l'angle de la confiance en soi ou du confort. Or, ces écarts reflètent des problèmes structurels : à qui ces outils sont-ils destinés ? Qui se sent à l'aise de les utiliser ? Qui a été consulté lors de leur conception ?
Une autre étude le confirme. Des chercheurs ont demandé à des modèles de langage à grande échelle (LLM) de les conseiller en matière de négociation salariale, en leur soumettant des CV identiques, étiquetés « hommes » ou « femmes ». Les résultats sont éloquents : il a été conseillé aux femmes de demander des salaires bien inférieurs, parfois de près de 100 000 $ de moins. Troublant, mais pas surprenant, puisque ces modèles sont entraînés sur des données qui perpétuent des inégalités profondément ancrées au lieu de les remettre en question. Cet exemple montre que l’IA ne se contente pas de refléter les préjugés existants ; elle peut les renforcer et les amplifier, avec des conséquences souvent désastreuses.
Avec seulement 22 % de femmes parmi les effectifs mondiaux en IA et moins de 14 % des postes de direction, il n'est pas étonnant que ces préjugés restent impunis. Lorsque la pluralité des points de vue est absente des sciences et de l'innovation, l'exclusion continue de s'ancrer profondément dans les systèmes dont nous dépendons tous.
La moindre utilisation de l'IA générative par les femmes illustre comment les technologies, les lieux de travail et les industries peuvent ne pas tenir compte de leurs réalités. Un changement systémique est essentiel, non seulement pour accroître l'utilisation, mais aussi pour garantir que des voix diverses soient entendues dès le départ dans le développement de l'IA : dans les salles de classe, les laboratoires, les équipes de conception et les conseils d'administration. Ce n'est qu'à cette seule condition que les technologies pourront véritablement profiter à tous.
Reconstruire la science et l'innovation pour tous
Les défis liés au développement et à l'utilisation de l'IA sont les mêmes pour l'ensemble de l'écosystème scientifique canadien. On ne peut pas s'attendre à ce que les gens s'adaptent à des systèmes qui n'ont pas été conçus pour eux ; le véritable travail consiste à transformer ces systèmes.
Cela signifie lever les obstacles partout où nous le pouvons, que ce soit par le biais de bourses de voyage, de bourses d'études ou en proposant des programmes scientifiques et technologiques aux communautés rurales et isolées. Cela signifie aussi repenser le fonctionnement des écoles et des lieux de travail en offrant du mentorat, du parrainage, une rémunération équitable, des programmes inclusifs et des espaces où chacun peut être pleinement soi-même. À l'heure où certains de ces efforts sont menacés, nous devons aller de l'avant, et non reculer.
Il est tout aussi important de renforcer la confiance envers la science. Les citoyens ont besoin d'une communication claire, d'occasions d'apprendre et de s'impliquer, et de voir les scientifiques comme des membres à part entière de leur communauté, surtout aujourd'hui, alors que la désinformation se propage si facilement. Les plans nationaux pour la science et la technologie devraient développer l'apprentissage pratique des sciences et des technologies pour les jeunes issus de milieux défavorisés, tant en classe qu'à l'extérieur, et reconnaître les savoirs provenant de diverses sources, y compris les savoirs autochtones dans des domaines comme la médecine, l'ingénierie et la conservation.
En repensant les bénéficiaires de nos systèmes, le Canada peut devenir un chef de file mondial dans la construction d’une culture scientifique audacieuse, inclusive et tournée vers l’avenir. Lorsque chacun a la possibilité de contribuer, nous n’ouvrons pas seulement des portes à des individus, nous renforçons notre capacité de découverte, d’innovation et de compétitivité à long terme.
Cela ne se fera pas par hasard. Tout en continuant d'aider les individus à développer leurs compétences, nous devons également nous attaquer aux structures qui déterminent qui a le droit d'appartenir à un groupe et qui réussit.
Le plein potentiel du Canada réside dans la créativité et la détermination de tous ses citoyens. De véritables progrès se réaliseront lorsque nos institutions et notre culture seront conçues non seulement pour accueillir cette diversité, mais aussi pour s'appuyer sur elle. Je crois que nous pouvons y parvenir et j'ai déjà constaté suffisamment de changements pour savoir qu'un avenir plus fort et plus inclusif est à notre portée.
Actua est un organisme de vulgarisation scientifique, technologique, d’ingénierie et mathématique (STIM) de premier plan qui rejoint chaque année 500 000 jeunes dans 600 communautés. Pour en savoir plus sur Actua, consultez le site actuala.ca.
- Otis, Nicholas G., Solène Delecourt, Katelynn Cranney et Rembrand Koning. «Données mondiales sur les inégalités entre les sexes et l'IA générative« Document de travail de la Harvard Business School, n° 25-023, octobre 2024. (Révisé en janvier 2025.) »
- A. Sorokovikova et al. "Équité de surface, biais profond : une étude comparative des biais dans les modèles de langage. » arXiv Juin 2025.
- S. Pal, R. Lazzaroni et P. Mendoza. "Le chaînon manquant de l'IA : l'écart entre les sexes dans le vivier de talents. » Octobre 2024.

