Le prochain défi de la défense canadienne : la préparation aux urgences sanitaires, un impératif de souveraineté

Auteur:

Grace Lee Reynolds

Maura Campbell

Prakash Gowd

GLR-tous
Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.

La nouvelle Stratégie industrielle de défense du Canada prévoit une augmentation d’environ 85 % des investissements en R-D dans le domaine de la défense au cours de la prochaine décennie, un changement historique qui, à juste titre, inscrit la sécurité nationale dans une perspective d’innovation. L’inclusion des sciences de la vie dans ce programme témoigne de la compréhension, par le gouvernement fédéral, des exigences d’une défense moderne. Il s’agit maintenant d’aller plus loin : considérer la commercialisation et l’adoption de l’innovation biomédicale comme une capacité de défense de première ligne, et non seulement comme une priorité de santé. La capacité de fabriquer des outils de diagnostic, de développer des vaccins et de produire à grande échelle des produits de biodéfense au Canada n’est pas seulement un enjeu du système de santé ; c’est un enjeu de défense, et il est impératif que le Canada le traite comme tel. 

La pandémie a mis en lumière cette situation de la manière la plus coûteuse qui soit. Lorsque les chaînes d'approvisionnement se sont effondrées, le Canada s'est retrouvé incapable de produire au pays ce dont il avait besoin. Nos alliés, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni et nos principaux partenaires de l'UE, ont depuis lors entrepris de reconstruire activement leurs capacités nationales de production et de commercialisation biomédicales, en les intégrant pleinement à leurs stratégies de sécurité nationale. Le Canada a investi dans la recherche. Nous devons maintenant accroître nos investissements dans le volet translationnel qui transforme cette recherche en une capacité souveraine. 

 

Recherche de calibre mondial. Un pilier commercial essentiel. 

L’Ontario et le Canada possèdent les fondements d’un écosystème des sciences de la vie de calibre mondial : des établissements de recherche compétitifs à l’échelle internationale, des hôpitaux universitaires de premier plan et un vivier exceptionnel de talents scientifiques. Les investissements fédéraux, notamment par l’entremise des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), du Fonds canadien de recherche biomédicale (FCRB) et du Fonds d’infrastructure de recherche en biosciences (FIRB), ont permis la création de cinq pôles de recherche nationaux à l’Université de l’Alberta, à l’Université de la Colombie-Britannique, à l’Université de Montréal, à l’Université McMaster et à l’Université de Toronto. La science est au rendez-vous. 

Mais la découverte à elle seule ne garantit pas la sécurité sanitaire. Le problème réside dans la commercialisation, c’est-à-dire le processus structuré, financé et interconnecté qui permet de passer du laboratoire à la chaîne d’approvisionnement nationale. Nos jeunes entreprises canadiennes développent les innovations dont le Canada a besoin : de nouvelles thérapies, des outils de diagnostic, des vaccins et des technologies médicales de pointe. Cependant, les entreprises ne peuvent pas prendre de l’ampleur sans un soutien ciblé. Des programmes fragmentés, des services de commercialisation insuffisants et un manque de capitaux contraignent un trop grand nombre d’entreprises à quitter le pays pour se développer, exportant ainsi la propriété intellectuelle, les emplois et les retours sur investissement public. Cela a des répercussions non seulement sur l’économie canadienne, mais aussi sur la souveraineté du pays.

 

Life Sciences Central : Un modèle éprouvé pour l'infrastructure écosystémique

Life Sciences Central – un partenariat entre MaRS Discovery District et OBIO®Life Sciences Central, en partenariat avec Toronto Innovation Acceleration Partners (TIAP), a été créé précisément pour résoudre ce problème. Il s'agit d'un modèle d'infrastructure coordonné qui centralise l'accès aux ressources de commercialisation, aux programmes, au financement, aux infrastructures, à la mise en relation des talents, au soutien en matière de propriété intellectuelle, aux services de conseil et aux contacts avec les hôpitaux et les décideurs en matière d'approvisionnement. En intégrant ces ressources essentielles dans un modèle unique et coordonné, Life Sciences Central réduit les frictions causées par la fragmentation de l'écosystème, permettant ainsi aux entreprises de se développer rapidement et de manière ciblée. Surtout, il est conçu pour être ouvert et non restrictif, offrant à la fois un accès autonome pour l'ensemble de l'écosystème et un soutien ciblé aux entreprises à fort potentiel, prêtes à se développer à grande échelle.  

« L’Ontario compte des chercheurs, des entrepreneurs et des institutions de calibre mondial. Cependant, nous avons longtemps manqué d’une infrastructure cohérente pour transformer cette excellence en entreprises prêtes à croître à grande échelle. Le Pôle des sciences de la vie comble cette lacune en reliant les différents éléments de notre écosystème – laboratoires, capitaux, talents et soutien à la commercialisation – et en facilitant la croissance des entreprises à fort potentiel ici même, chez nous. » – Grace Lee Reynolds, PDG, MaRS Discovery District.

Avec un portefeuille combiné de plus de 350 entreprises canadiennes du secteur de la santé, un alignement stratégique avec un réseau de plus de 200 investisseurs internationaux et des partenariats avec les principaux centres hospitaliers de recherche du pays, Life Sciences Central illustre ce que donne une collaboration étroite entre trois organisations de premier plan, plutôt qu'une approche cloisonnée. Le modèle fonctionne. La question est de savoir si le gouvernement investira pour l'étendre à l'échelle nationale. 

« Ensemble, nous pouvons éliminer les inefficacités, concentrer les ressources et accélérer le développement des jeunes entreprises qui s'attaquent à certains des défis sanitaires les plus urgents de notre époque. Ce faisant, nous pouvons transformer notre avantage en matière de recherche en un atout commercial, garantissant ainsi que davantage d'innovations dans les sciences de la vie soient développées, déployées à grande échelle et exportées depuis notre pays. » – Prakash Gowd, président-directeur général par intérim de TIAP

 

La politique adoptée vise à aligner la recherche et le développement en matière de défense sur la commercialisation des produits biomédicaux. 

La Stratégie industrielle de défense du Canada reconnaît à juste titre que la R-D est le fondement de la sécurité nationale à long terme. Toutefois, la préparation de la défense au XXIe siècle va au-delà des systèmes militaires conventionnels, de l’acquisition d’équipement et de l’infrastructure de cybersécurité. Elle comprend la résilience de la chaîne d’approvisionnement, la capacité de fabrication nationale et la capacité de biosécurité permettant de répondre aux urgences de santé publique, des pandémies aux attaques d’État et terroristes, grâce à des solutions fabriquées au Canada. 

 

Nous demandons au gouvernement fédéral de prendre trois mesures :

  1. Harmoniser les flux de financement d’ISDE et du MDN afin de soutenir explicitement l’innovation à double usage dans les domaines de la santé et de la défense, en reconnaissant que l’infrastructure de commercialisation biomédicale sert à la fois les objectifs de santé civile et de sécurité nationale. 
  2. Créer des voies d’approvisionnement nationales pour les produits thérapeutiques, les diagnostics et les vaccins développés au Canada, faisant du gouvernement fédéral un premier client pour les innovations en santé développées ici, plutôt qu’un utilisateur tardif de celles qui sont étrangères. 
  3. Reconnaître les pôles d’innovation comme des atouts stratégiques pour la défense nationale, et non comme de simples outils de développement économique, et financer l’infrastructure de commercialisation qui relie l’excellence de la recherche canadienne à son programme de préparation à la défense. 

 

« Il s’agit de libérer tout le potentiel économique et d’innovation du Canada, de veiller à ce qu’un plus grand nombre d’entreprises transforment leurs idées prometteuses en solutions concrètes pour la santé, tout en créant des emplois et en renforçant la propriété intellectuelle et la sécurité au Canada plutôt que de les exporter vers la concurrence mondiale. » – Dre Maura Campbell, présidente et chef de la direction, OBIO®.

Le Canada possède les connaissances scientifiques. Nous disposons d'une architecture écosystémique éprouvée. Nous avons la preuve, grâce à Sciences de la vie Centrales, que l'infrastructure de commercialisation coordonnée fonctionne. Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est d'une politique qui considère la préparation aux urgences sanitaires comme la priorité de défense qu'elle a toujours été, et d'un financement pour le volet translationnel qui la concrétise. 

La Stratégie industrielle de défense représente une occasion historique. La saisir pleinement implique de regarder au-delà des systèmes militaires conventionnels et d’explorer les frontières biologiques de la sécurité nationale. Les investissements que nous réalisons aujourd’hui pour transformer l’excellence de la recherche canadienne en santé en capacités nationales détermineront si nous serons un acteur souverain ou dépendant lors de la prochaine crise.

En savoir plus sur l'auteur(s)

Grace Lee Reynolds

MaRS Discovery District

Président-directeur général

Maura Campbell

Organisation ontarienne d'innovation en bioscience (OBIO)

Présidente et directrice générale 

Prakash Gowd

Partenaires d'accélération de l'innovation de Toronto (TIAP)

Président-directeur général par intérim