La science comme infrastructure de souveraineté dans l'Arctique canadien

Auteur:

Pierre Bilodeau

Pierre Bilodeau_coup de tête – Pierre Bilodeau
Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.

L’Arctique canadien occupe une place centrale dans les priorités nationales, en tant que région stratégique, disputée et en pleine transformation, essentielle à la souveraineté, à la sécurité et à l’identité du pays. La politique fédérale reflète désormais cette évolution. Le budget 2025 conçoit les investissements dans l’Arctique comme des instruments de souveraineté, tandis que la posture de défense du Canada, en constante évolution, met l’accent sur la surveillance, la mobilité et une présence opérationnelle soutenue dans le Nord.

Plus que jamais, la recherche et les systèmes de connaissances arctiques doivent être pris en compte. Ces systèmes devraient constituer un élément essentiel d'un cadre de souveraineté plus large et être planifiés, soutenus et coordonnés en conséquence.

Placer la recherche arctique au cœur de la défense et de la sécurité

Des cadres récents, notamment Our North et Strong and Free [1]L’Arctique est ainsi positionné comme un pilier central de la stratégie de défense et de sécurité du Canada, reflétant son rôle crucial dans la défense continentale, notamment en matière de surveillance avancée et d’alerte précoce, de stabilité géopolitique et de souveraineté nationale. Politique étrangère du Canada dans l’Arctique [2], qui identifie la sûreté, la sécurité et la défense de l’Arctique comme une priorité nationale fondamentale, renforce ces concepts.

Au cœur de cette transformation se trouve une capacité moins visible, mais tout aussi essentielle : Recherche sur l'ArctiqueSans une capacité de recherche soutenue, le Canada ne peut produire les connaissances nécessaires pour opérer, s’adapter et prendre des décisions éclairées dans le Nord. La stratégie industrielle de défense émergente [3], avec des investissements accrus dans la recherche et le développement (R-D), une occasion claire se présente de positionner la recherche arctique comme une composante essentielle de la capacité de défense et d’innovation du Canada.

Le Canada risque pourtant de promouvoir une conception partielle de la souveraineté, qui privilégie la présence mais sous-estime le rôle du savoir et du pouvoir.

Au-delà de la présence : un modèle de souveraineté plus complet

Historiquement, la souveraineté arctique a été associée aux infrastructures, aux patrouilles et à une présence physique. Bien que ces éléments demeurent essentiels, il est également important de reconnaître qu'en Arctique, la présence n'est pas abstraite. Les Inuits vivent et gouvernent ces régions depuis des générations, et les approches passées visant à affirmer cette présence ont parfois négligé ou minimisé cette réalité.

La souveraineté arctique est aujourd’hui de plus en plus opérationnelle et repose sur la capacité à comprendre et à réagir à l’évolution rapide de la situation grâce à une surveillance continue, à des capacités de prévision et à une expertise locale. La recherche arctique est donc fondamentale : elle permet une meilleure connaissance de la situation, éclaire la prise de décision et garantit l’efficacité des opérations. 

Sans systèmes de connaissances robustes, les infrastructures deviennent réactives, la surveillance manque de contexte et la prise de décision s'en trouve affaiblie. Cela signifie que la simple présence, sans les connaissances et la capacité d'agir, peut s'avérer insuffisante pour garantir une souveraineté effective.

ArcticNet : un modèle national de recherche arctique en tant qu'infrastructure

Le Canada possède déjà les fondements nécessaires à une telle capacité. ArcticNet illustre comment un investissement soutenu dans la recherche arctique peut renforcer les systèmes de connaissances, appuyer la présence nationale et favoriser le leadership dans le Nord.

Depuis 2003, ArcticNet soutient la recherche dans l’Inuit Nunangat et dans le Nord canadien, réunissant des partenaires universitaires, nordiques et autochtones au sein d’un réseau national coordonné. Son modèle a évolué vers la coproduction des connaissances, intégrant les approches autochtones et scientifiques tout en renforçant le leadership des Inuits et des chercheurs du Nord. 

ArcticNet s’appuie sur une collaboration de longue date avec des établissements universitaires et des organisations inuites, notamment Inuit Tapiriit Kanatami et les organisations signataires de traités inuits, et travaille activement à renforcer et à formaliser ce cadre de partenariat. Ce réseau illustre comment la recherche arctique peut servir d’infrastructure du savoir, soutenant la présence dans l’Arctique tout en faisant progresser la découverte scientifique et la recherche menée par les Autochtones et les communautés.

Une lacune structurelle dans le système de recherche arctique du Canada

Malgré ces atouts, le système de recherche arctique du Canada demeure sous-dimensionné au regard de son importance stratégique. Un rapport de 2023 du Conseil des académies canadiennes [4] Le rapport met en évidence une fragmentation persistante, un financement limité à long terme et une faible coordination entre les programmes et les priorités. Pour combler cette lacune, il est nécessaire de renforcer la coordination entre les acteurs fédéraux, notamment Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada, et d’harmoniser davantage les politiques, la recherche et les investissements à long terme.

Il ne s'agit pas simplement d'un problème de politique de recherche, mais d'un déficit de souveraineté.

Le savoir comme infrastructure et plateforme d'innovation

Le Canada bénéficie d'un réseau de plateformes de recherche de calibre mondial, notamment ArcticNet, Sciences d'Amundsen, Réseaux océaniques CanadaLa Station de recherche du Haut-Arctique canadien et d'autres organismes forment ensemble une infrastructure de connaissances distribuée. Le défi ne réside pas dans la capacité, mais dans un investissement soutenu et coordonné, ainsi que dans l'harmonisation avec les priorités nationales. 

Ces systèmes permettent de connaître la situation, de surveiller et de prévoir les évolutions, tout en générant des retombées en matière d’innovation à double usage pour la défense, l’adaptation aux changements climatiques et le développement du Nord. Cette approche s’inscrit dans la Stratégie canadienne pour la nature à l’horizon 2030 [5]., qui met l'accent sur la surveillance intégrée, le leadership autochtone et les systèmes de connaissances coordonnés.

Bien positionnée, la recherche arctique peut servir de plateforme nationale d'innovation, tirant parti des investissements en R-D de la défense pour renforcer l'écosystème d'innovation plus large du Canada.

Du savoir au pouvoir : le leadership inuit au centre

Le savoir seul ne suffit pas. La souveraineté se mesure ultimement à sa capacité de décision. 

Dans l’Arctique, le leadership inuit est essentiel. Les Inuits sont détenteurs de droits, de savoirs et acteurs clés dans la construction de l’avenir de la région. L’approche du Canada doit respecter l’autodétermination des Inuits. 

Cette orientation est clairement articulée par Inuit Tapiriit Kanatami dans la Stratégie nationale inuite sur la recherche [6]Ce texte préconise une gouvernance inuite, un alignement du financement sur les priorités inuites et un contrôle des systèmes de données et de connaissances. Il reflète un changement plus vaste : d’une recherche menée dans l’Arctique à une recherche dirigée depuis l’Inuit Nunangat.

Les systèmes de recherche doivent donc être élaborés conjointement, appuyer les priorités définies par les Inuits et veiller à ce que les connaissances éclairent la prise de décision dans le Nord. Le renforcement de ce modèle n’est pas seulement une question de réconciliation, mais aussi une condition de souveraineté effective.

Harmoniser la science, les infrastructures et la défense

La stratégie canadienne pour l’Arctique se renforce. Il doit maintenant en être de même pour la recherche. Cela implique de tirer parti du leadership scientifique fédéral, notamment de Savoir polaire Canada, afin de bâtir un système de connaissances arctiques plus coordonné et durable.  

Une stratégie moderne pour l'Arctique devrait intégrer la recherche à la planification des infrastructures et de la défense, garantir des investissements soutenus et aligner les priorités scientifiques sur les objectifs de gouvernance nationaux et menés par les peuples autochtones. Il ne s'agit pas de développer la science de manière isolée, mais de la reconnaître comme partie intégrante d'une architecture plus vaste de souveraineté et d'innovation.

Une opportunité stratégique

Le Canada se trouve à un tournant décisif. Grâce à l’expansion de la recherche et du développement en matière de défense, à un regain d’intérêt pour l’Arctique et à de solides fondements institutionnels, les éléments d’une stratégie plus cohérente sont réunis. 

L’occasion est d’harmoniser les investissements en défense avec la recherche arctique, de renforcer l’écosystème d’innovation du Canada et de bâtir des capacités durables dans le Nord. Cela exige de dépasser un modèle de souveraineté fondé principalement sur la présence et d’adopter un modèle qui intègre la présence, le savoir et le pouvoir décisionnel.

Dans l'Arctique, la souveraineté ne se résume pas à une simple présence physique.

Il s'agit de savoir et de décider de la suite des événements.

Références

  1. Ministère de la Défense nationale. (2024). Notre Nord, fort et libre : une vision renouvelée pour la défense du CanadaGouvernement du Canada. https://www.canada.ca/fr/ministère-défense-nationale/corporate/rapports-publications/north-strong-free-2024.html
  2. Affaires mondiales Canada. (2024). La politique étrangère du Canada dans l'ArctiqueGouvernement du Canada. https://international.canada.ca/en/global-affairs/corporate/reports/arctic-policy-2024?lang=eng
  3. Ministère de la Défense nationale. (2026, 17 février). Sécurité, souveraineté et prospérité : la stratégie industrielle de défense du CanadaGouvernement du Canada. https://www.canada.ca/fr/ministère-défense-nationale/corporation/rapports-publications/stratégie-industrielle/sécurité-souveraineté-prospérité.html.
  4. Conseil des académies canadiennes. (2023). Leadership et équité en recherche dans le NordOttawa (Ontario) : Groupe d’experts sur l’avenir de la recherche dans l’Arctique et le Nord canadien, Conseil des académies canadiennes. https://cca-reports.ca/reports/the-future-of-arctic-and-northern-research-in-canada/
  5. Environnement et Changement climatique Canada. (2026). Une force de la nature : la stratégie du Canada pour protéger la nature. Gouvernement du Canada. https://www.canada.ca/en/environment-climate-change/services/biodiversity/canada-2030-nature-strategy.html 
  6. Inuit Tapiriit Kanatami. (2018). Stratégie nationale inuite sur la recherche. Site Web de l'ITK. https://www.itk.ca/wp-content/uploads/2018/04/ITK_NISR-Report_English_low_res.pdf

Cet éditorial a été élaboré avec l'aide d'outils d'intelligence artificielle pour la rédaction et la révision. L'auteur est seul responsable du contenu, de l'analyse et des conclusions.

En savoir plus sur l'auteur(s)

Pierre Bilodeau

ArcticNet

Président-directeur général