Stratégie industrielle de défense du Canada et Stratégie canadienne pour la nature : deux mondes distincts ou intimement liés et interdépendants dans la défense de la nation ?
Auteur:
Frédéric G. Whoriskey

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.
L'histoire de l'humanité est marquée par une adaptation constante face à des périodes perpétuellement instables et dangereuses. Le présent ne fait pas exception. Historiquement, les menaces ont varié au fil du temps : certaines sont quasi constantes (par exemple, l'agression territoriale d'acteurs hostiles), tandis que d'autres émergent et posent de nouveaux défis (par exemple, le changement climatique d'origine humaine). Les conséquences désastreuses d'une incapacité à gérer efficacement ces menaces sont malheureusement trop visibles dans les sociétés ravagées dont témoignent les vestiges archéologiques et les écrits.
Deux nouvelles initiatives du gouvernement du Canada visant les menaces mondiales actuelles ont suscité un vif intérêt. La première est la Stratégie industrielle de défense du Canada1, dont le lancement fut rapidement suivi par un second, le Stratégie du Canada pour la protection de la nature2Ces deux initiatives partagent des thèmes communs, notamment la protection de la souveraineté canadienne, la promotion de la résilience des collectivités canadiennes et la création d’emplois et la croissance économique qui profitent à tous les Canadiens. Elles préconisent également la mise en œuvre rigoureuse de programmes de réconciliation respectueux des droits des Premières Nations, des Inuits et des Métis, ainsi que l’établissement de véritables partenariats avec les groupes autochtones. Enfin, elles accordent une importance particulière au Nord.
Ces deux stratégies sont curieuses en ce qu'elles fonctionnent, pour l'essentiel, de manière cloisonnée. La stratégie industrielle de défense reconnaît que « Le Nord canadien et l’Arctique feront l’objet d’une attention particulière, car de nouvelles menaces émergent, en partie à cause des changements climatiques. »Cependant, les discussions limitées sur les menaces d'origine naturelle se concentrent principalement sur les effets du réchauffement et de la fonte du pergélisol sur les infrastructures nécessaires à la défense nationale et à l'usage civil. De même, la Stratégie pour la nature fait référence au rôle essentiel de la nature dans…défenses essentielles" et "défenses naturelles« qui garantissent des environnements sains favorisant la résilience du Canada, sans autre discussion sur le lien avec les besoins militaires ou la défense nationale. » Cela soulève une question : ces initiatives ne devraient-elles pas être étroitement liées si les défis qu’elles visent à relever constituent des menaces existentielles pour la sécurité du Canada, de sa population et du monde entier ?
Les réflexions stratégiques récentes du secteur de la défense nord-américain ont porté sur les implications sécuritaires d'un environnement naturel en mutation. L'évaluation nationale des menaces des États-Unis pour 20243 Le changement climatique a été désigné comme un enjeu stratégique de défense nationale en raison de ses répercussions directes sur la population humaine, notamment les tempêtes, la sécurité alimentaire et les migrations forcées. Cependant, avec un changement d'administration, l'Évaluation de la défense nationale de 20254 Toute mention de cette réflexion a été abandonnée. La révision de 2024 de la vision du Canada en matière de défense nationale a été écartée.5 ont reconnu les graves menaces que les changements climatiques font peser sur le pays, en particulier dans le Nord, y compris les crises pour la population civile (par exemple, les impacts des feux de forêt) et la nécessité pour les forces armées canadiennes d’être en mesure de répondre à de telles urgences au besoin, même si ce doit être en dernier recours.
Le ministre canadien de la Défense, David McGuinty a prononcé un discours important6 Au 4th Sommet de Montréal sur la sécurité climatiqueDans ce discours, il a déclaré : « En matière de nature et des systèmes qui nous font vivre — nos milieux humides, nos cours d’eau, la pollinisation —, rien ne peut remplacer la nature. Notre sécurité et notre prospérité dépendent entièrement d’un environnement sain et fonctionnel. » Le ministre a décrit les changements climatiques comme un facteur aggravant l’insécurité mondiale et un danger pour tous les Canadiens. Il a présenté la résilience climatique comme relevant à la fois de la politique environnementale et de la stratégie de sécurité nationale et a souligné d’importantes lacunes dans l’approche du Canada en matière de protection de la nature, notamment l’absence d’un organisme comme le Relevé biologique du Canada ou l’élaboration d’une mesure générale du capital naturel du Canada.
Pour les peuples autochtones du Nord, un environnement sain est une question de vie ou de mort depuis des temps immémoriaux. Les changements environnementaux dans le Nord exercent une forte pression sur les cultures et la santé de ses populations.7,8Les dirigeants inuits ont déployé des efforts considérables pour sensibiliser leur peuple, les Canadiens et le monde entier au danger existentiel que représentent les changements climatiques.8,9Les menaces qui pèsent sur les infrastructures naturelles et construites du Nord sont de mieux en mieux comprises. La glace instable limite les déplacements et la fonte du pergélisol provoque l'effondrement des structures et l'érosion des côtes, mettant en péril des villages entiers. L'ouverture des voies de navigation arctiques due au réchauffement climatique offre des opportunités économiques, mais pourrait avoir un impact négatif sur les populations de mammifères marins d'une importance capitale. La protection des ressources biologiques dont dépendent la sécurité alimentaire et la culture inuites demeure d'une importance capitale.7,8Les populations d’animaux terrestres et de poissons qui constituaient autrefois des ressources alimentaires essentielles subissent des changements d’abondance, de répartition et, par conséquent, de disponibilité, dont les effets restent mal compris. De nouveaux concurrents potentiels, comme l’omble chevalier, apparaissent et s’établissent dans le Nord. Dans l’Arctique de l’Est, le saumon atlantique étend son aire de répartition vers le nord et des saumons roses exotiques, provenant d’introductions russes dans l’Arctique, sont également capturés. La crainte de voir des organismes pathogènes étendre leur aire de répartition du sud vers le nord est palpable. Des réponses issues de nouvelles recherches biologiques menées conjointement et d’efforts de conservation sont nécessaires pour aider les populations du Nord à s’adapter à ces nouvelles menaces. Le savoir est un pouvoir, et en l’acquérant conjointement pour les populations du Nord, nous contribuons à protéger les défenseurs de première ligne de la souveraineté et du territoire canadien dans le Nord.
De par leurs thèmes et objectifs communs, la Stratégie industrielle de défense et la Stratégie pour la protection de la nature convergent pour renforcer et défendre le Canada et ses valeurs. Comme l'a souligné le ministre McGuinty6Protéger la nature et réinvestir dans elle constitue une forme de dissuasion, et La restauration des écosystèmes et du capital naturel relève à la fois de la préparation stratégique et de la défense et de la sécurité nationales. La stratégie axée sur la nature s’appuiera sur un large éventail de secteurs de la société canadienne non directement concernés par la stratégie industrielle de défense afin d’accroître la présence canadienne dans le Nord et de contribuer à affirmer la souveraineté du Canada. Ces deux stratégies, étroitement liées, nécessitent désormais un soutien important et soutenu, alors que le Canada s’adapte à une période instable et dangereuse.
Références
1 Ministre de la Défense nationale. 2026. Sécurité, souveraineté et prospérité : la stratégie industrielle de défense du Canada. 58 p. https://www.canada.ca/en/department-national-defence/corporate/reports-publications/industrial-strategy/security-sovereignty-prosperity.html
2 Ministre de l’Environnement et du Changement climatique Canada. 2026. Une force de la nature : la stratégie du Canada pour protéger la nature. 15 p. https://www.canada.ca/en/services/environment/nature/nature-strategy.html
3 Bureau du directeur du renseignement national 2024. Évaluation annuelle des menaces pesant sur la communauté du renseignement américaine. 40 p. ATA-2024-Rapport-Non-classifié.pdf
4 Bureau du directeur du renseignement national 2025. Évaluation annuelle des menaces pesant sur la communauté du renseignement américaine. 30 p. Évaluation annuelle des menaces 2025 de la communauté du renseignement américaine | Bureau du directeur du renseignement national
5 Ministre de la Défense nationale. 2024 Notre Nord, fort et libre. Notre Nord, fort et libre : une vision renouvelée pour la défense du Canada – Canada.ca
6 Défense nationale. 2025. Allocutions du ministre McGuinty lors de la 4e réunion du Conseil national de la défense.th Sommet de Montréal sur la sécurité climatique. https://www.canada.ca/en/department-national-defence/news/2025/10/minister-mcguintys-remarks-at-the-4th-montreal-climate-security-summit.html
7 Marquardt, A., C. Jewell et A. S. Medeiros. 2024 Perspectives inuites sur les changements climatiques et le bien-être : une comparaison entre les communautés urbaines et isolées de l’Arctique. FACETS 9 : 1–12 | dx.doi.org/10.1139/facets-2024-0021
8Inuit Tapiriit Kanatami. 2016. Priorités inuites pour la stratégie climatique du Canada : une vision inuite canadienne pour notre avenir commun sur nos terres ancestrales. 60 p. Priorités inuites pour la stratégie climatique du Canada — Inuit Tapiriit Kanatami
9 Inuit Tapiriit Kanatami. 2019. Stratégie nationale inuite sur les changements climatiques. 44 p. https://www.itk.ca/wp-content/uploads/2019/07/ITK_Climate-Change-Strategy_English.pdf
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Frédéric G. Whoriskey
Asterias Consulting
Chercheur Principal
Université de Dalhousie
Professeur adjoint

