Le secteur de la recherche appliquée collégiale au Canada : une arme économique secrète en période d'incertitude

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Auteur:

Dr Marc Nantel

Niagara College

Vice-président – ​​Recherche, innovation et entreprises stratégiques

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.

Alors que nous recherchons de nouvelles solutions conçues au Canada pour faire face aux multiples bouleversements de notre économie, la recherche appliquée menée en partenariat avec l'industrie dans les collèges canadiens, les cégeps et les écoles polytechniques peut constituer une arme secrète essentielle et représente l'un des investissements les plus importants que nous puissions faire pour la productivité des entreprises canadiennes.

Le Canada traverse une période de défis importants. Nous avons un voisin du Sud quelque peu imprévisible, la promesse d'augmenter considérablement les dépenses militaires, des cris d'alarme concernant une crise du logement, et un revirement complet sur la politique d'immigration… À cela s'ajoutent des problèmes récurrents comme les changements climatiques, le coût toujours croissant des soins de santé et l'absence persistante des Maple Leafs de Toronto en finale de la Coupe Stanley. Sans oublier les déficits budgétaires habituels, et vous obtenez un gouvernement fédéral débordé.

Face à ces déficits budgétaires, nos ministères fédéraux ont reçu pour instruction de réaliser des gains d’efficacité, des économies ou des économies de 15 % dans chacun de leurs portefeuilles. Cette demande a été formulée début juillet, avec une date limite de réponse fin août, afin que les mesures soient intégrées au budget fédéral d’automne qui sera présenté le 4 novembre 2025. Compte tenu des nombreuses composantes incompressibles d’un budget fédéral, comme les frais liés à la dette et les transferts aux particuliers et aux provinces, les dépenses de programmes sont ainsi vulnérables. De tous ces éléments, je souhaite me concentrer ici sur le financement de la recherche, et plus particulièrement sur le financement de la recherche appliquée collégiale.

(Note au lecteur : J’écris ceci fin septembre 2025 et ce texte sera publié après le budget, fin novembre 2025. Je suis conscient de me trouver dans une situation paradoxale, entre deux états, tout en plaidant pour des inclusions budgétaires nécessaires : seront-elles incluses ou non ? Un peu comme le chat de Schrödinger, dont la situation sera soit morte, soit vivante au moment où vous lirez ces lignes. L’argument principal présenté ici restera cependant valable en 2026, 2027, 2028, et ainsi de suite.)

Le secret le mieux gardé du Canada

Demandez à n'importe qui dans la rue : « Qui fait de la recherche au Canada ? » et vous obtiendrez peut-être comme réponse : « Moi-même, sur Internet, pour me renseigner sur les vaccins ! » Si vous entamez une conversation avec cette personne pour l'éclairer, bon courage ; ce sera long et difficile. Si vous êtes plus chanceux, vous obtiendrez probablement des réponses comme « les universités », « les laboratoires gouvernementaux » ou « l'industrie ». Ce sont d'excellentes réponses, bien qu'un peu incomplètes. Les collèges, cégeps et écoles polytechniques mènent également des recherches. La plupart de ces recherches sont effectuées en partenariat avec l'industrie ou la communauté, principalement des PME, et les résultats sont directement appliqués au développement de nouveaux produits, procédés et services que ces entreprises peuvent commercialiser ou intégrer à leur production ou à la prestation de leurs services.

Il s'agit généralement de projets de courte durée, dont environ 80 % sont réalisés en moins d'un an. Habituellement, la propriété intellectuelle issue de ces projets de recherche appliquée demeure la propriété des partenaires, ce qui accélère la commercialisation et génère des retombées économiques positives pour le Canada.

Selon une enquête menée en 2024 par Collèges et instituts Canada, les collèges ont réalisé près de 8 500 projets de recherche appliquée partout au Canada en 2023-2024, ce qui a permis de créer près de 9 000 nouveaux produits, prototypes, procédés et services dans des secteurs aussi variés que la fabrication de pointe, l’agriculture climato-intelligente, la production alimentaire et la construction résidentielle. Au Collège Niagara seulement, nous menons entre 200 et 300 projets chaque année, tous en collaboration avec des partenaires industriels, notre personnel et nos professeurs experts, et plus de 2 000 étudiants. Nos résultats ont été commercialisés par des entreprises des secteurs de l’alimentation et des boissons, de l’horticulture, de la fabrication, du commerce de détail et des services. 99.7 % des partenariats de recherche collégiale se déroulent au Canada, stimulant ainsi le développement économique et la création d’emplois grâce à des solutions conçues au Canada et pour le Canada. Ce résultat est d’autant plus remarquable que les collèges et les écoles polytechniques ne reçoivent que 2.9 % du financement fédéral de la recherche.

Un coup de pouce…

Le Programme d’innovation collégiale et communautaire (ICC) du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG), qui constitue la principale source de financement de la recherche appliquée collégiale, a été lancé à titre de projet pilote doté de 600 000 $ auprès de six collèges, dont le Collège Niagara, entre 2004 et 2007. Il a été pérennisé en 2008. Ce programme soutient désormais la recherche dans plus de 120 établissements admissibles partout au Canada, à hauteur de plus de 100 millions de dollars par année, afin d’accélérer l’innovation et d’offrir un soutien à la recherche et au développement dans leurs communautés.

Dans le budget de 2023, le gouvernement fédéral a investi 108.6 millions de dollars dans le programme afin de tirer davantage parti du potentiel de la recherche appliquée collégiale pour favoriser la croissance des entreprises et bâtir une économie canadienne plus forte et plus innovante. Le déploiement devait s’étaler sur trois ans. Cela a permis au CRSNG de remanier son offre de manière plus optimale et de donner un coup de pouce bienvenu à un système qui pouvait encore assumer davantage de travail. Le problème, c’est que cet investissement triennal arrive à son terme au moment même où le gouvernement fédéral cherchera à réduire les programmes.

…qui nécessite un booster !

Lors de la dernière campagne électorale fédérale, le premier ministre Mark Carney a promis qu'un gouvernement qu'il dirigerait « dépenserait moins afin que le Canada puisse investir davantage ». L'ancienne ministre des Transports et du Commerce intérieur, Chrystia Freeland, a déclaré dans une entrevue à l'émission Power and Politics de CBC que les fonds fédéraux seraient réorientés vers « des investissements importants dans la capacité productive de l'économie canadienne ».

Investir dans la productivité des entreprises canadiennes passe par la recherche appliquée collégiale. Il est essentiel de pérenniser le financement actuel et, idéalement, de l’accroître afin d’exploiter pleinement le potentiel de la collaboration entre les collèges et l’industrie. En seulement 17 ans, le système collégial canadien a vu ses résultats de recherche financés par le gouvernement passer de presque zéro aux chiffres actuels. Il existe un potentiel évident pour générer un impact encore plus important sur l’économie canadienne.

Les collèges, les cégeps et les instituts polytechniques confèrent au Canada un avantage unique par rapport aux pays qui n'encouragent pas ce type d'établissements à mener des recherches. À l'heure où les entreprises canadiennes doivent faire face à des difficultés liées aux tarifs douaniers, espèrent tirer profit de l'augmentation des dépenses militaires et recherchent des innovations pour construire davantage de logements et prendre soin d'une population vieillissante, investir dans la recherche appliquée collégiale semble judicieux. Qui sait, nous pourrions même faire quelque chose pour les Maple Leafs…

Références

  1. Article de CBC, 7 juillet 2025 :
    https://www.cbc.ca/news/politics/ottawa-spending-cuts-1.7579022
  2. Gouvernement du Canada, 17 septembre 2025 :
    https://www.canada.ca/…/budget-2025-on-november-4-2025.html
  3. Higher Education Strategies Associates, 8 septembre 2025 :
    https://higheredstrategy.com/the-coming-federal-cuts-part-1/
  4. Formation pour un Canada fort et sûr : Mémoire prébudgétaire présenté au Comité permanent des finances de la Chambre des communes, août 2025 :
    Lien PDF SharePoint
  5. Gouvernement du Canada, Comité permanent de la science et de la recherche, La répartition du financement du gouvernement fédéral entre les établissements d’enseignement postsecondaire du Canada, 5 décembre 2024 :
    https://www.ourcommons.ca/…/13476974
  6. Tech Access Canada, Collège canadien de recherche appliquée : Guide à l'intention de l'industrie :
    https://tech-access.ca/…/canadian-college-applied-research-a-guide-for-industry/
  7. Collèges et instituts Canada, Exploiter la recherche appliquée pour relever les défis du Canada, présenté au Comité permanent de la science et de la recherche, mai 2025 :
    Lien PDF
  8. Gouvernement du Canada, Budget 2023 : Un plan fait au Canada, p. 111.
  9. CTV News, 7 juillet 2025 :
    https://www.ctvnews.ca/…/operational-savings-by-end-of-summer/
  10. Article de CBC, 7 juillet 2025 :
    https://www.cbc.ca/news/politics/ottawa-spending-cuts-1.7579022