Renforcer la défense du Canada grâce à la collaboration, à la recherche et à l'innovation

Publié le: octobre 2025Catégories: Dépenses de défense et R&D, Éditoriaux

Auteur:

Dr Baljit Singh

David Stobbe / Stobbe Photo

David Stobbe / Stobbe Photo

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.

En cette période d’incertitude mondiale, la défense nationale est plus que jamais nécessaire pour soutenir la souveraineté, les frontières et la population du Canada. 

Les dépenses de défense du Canada devraient augmenter considérablement en 2025-2026, atteignant l'objectif de 2 % fixé par l'OTAN. C'est une bonne nouvelle dans le contexte international actuel. Il existe une occasion manifeste d'investir dans des ressources durables qui renforcent les innovations, les infrastructures et la science canadiennes, aujourd'hui et demain. 

Le renforcement des capacités de défense du Canada exige une participation active au secteur florissant de la recherche universitaire et de l'innovation du pays. Notre communauté de recherche possède les outils, les connaissances et, franchement, le courage nécessaires pour influencer positivement la façon dont le Canada se défend.

Il suffit de regarder le Nord du Canada pour comprendre pourquoi il est si important d’unifier notre planification de défense avec le développement de la recherche. 

Le Canada doit surveiller et défendre son territoire nordique, car l'intérêt mondial pour cette région ne cesse de croître. Cependant, le Nord canadien est indéniablement unique en raison de son climat extrême et de son économie isolée. Ces facteurs le rendent particulièrement vulnérable aux menaces internationales émergentes. 

De nombreuses questions se posent lorsqu'on pense au Nord et à la manière de le défendre. Comment construire des pistes d'atterrissage dans les zones de pergélisol sans nuire aux écosystèmes ? Quels matériaux peuvent résister aux températures glaciales ? Comment gérer la menace potentielle des agents pathogènes dormants cachés sous le pergélisol ? Comment collaborer efficacement et respectueusement avec les peuples autochtones qui vivent dans ces espaces depuis des siècles ?

De plus, les enjeux socioéconomiques de ces régions, comme les disparités alimentaires, le coût de la vie et la planification des mesures d'urgence, complexifient leur défense. Nous ne pouvons pas intervenir par parachutage pour défendre cet espace ; nous avons besoin d'un plan à long terme, complexe et réfléchi, fondé sur la recherche, l'innovation et la mobilisation des communautés qui vivent dans le Nord depuis des générations. Des stations de recherche comme la Station canadienne de recherche dans l'Extrême-Arctique (SCREA) ont contribué à maintenir nos revendications de souveraineté sur le Nord, mais nous devons également créer une vaste présence scientifique au-delà de la SCREA.  

La bonne nouvelle est que le Canada abrite certains des meilleurs chercheurs et spécialistes des politiques publiques et qu’ils bénéficient de l’appui d’infrastructures de recherche parmi les plus avancées au monde. 

Les universités canadiennes, et plus particulièrement le groupe U15, composé d'universités à forte intensité de recherche, sont prêtes à prendre des mesures énergiques et concertées. Nous avons pu constater, pendant et après la pandémie de COVID-19, que des investissements importants dans la recherche et l'innovation en matière de vaccins peuvent renforcer les capacités de recherche dans ce domaine. La croissance sans précédent de la Vaccine and Infectious Disease Organization (VIDO) de l'Université de la Saskatchewan (USask) et la création subséquente de pôles de biofabrication partout au pays en témoignent.  

Nous sommes déjà bien préparés pour réussir grâce à une infrastructure de recherche unique, à proximité. Grâce à des investissements supplémentaires, le Réseau océanographique de l'Université Dalhousie pourra se doter de capacités robustes et uniques pour surveiller les écosystèmes maritimes et soutenir les forces canadiennes. De même, nous disposons d'une capacité considérable pour la recherche sur de nouveaux matériaux au Centre canadien de rayonnement synchrotron (CLS) de l'Université de la Saskatchewan et à TRIUMF en Colombie-Britannique. 

Nous sommes bien placés pour être à la pointe de la recherche sur les océans et les nouveaux matériaux, et le Canada peut également jouer un rôle de chef de file dans la transition énergétique. Il est temps d'accélérer le développement de nouvelles technologies pour produire une énergie nucléaire sûre, propre et fiable afin d'alimenter les foyers, les écoles et les entreprises. L'infrastructure est déjà en place. Les laboratoires gouvernementaux et les universités canadiennes, comme McMaster et l'Université de la Saskatchewan, possèdent un excellent bilan en recherche nucléaire, dont nous pouvons tirer parti précisément à cette fin. Cependant, des fonds supplémentaires sont nécessaires pour concrétiser ce projet. 

Les universités canadiennes ont prouvé que la recherche peut engendrer des retombées économiques et novatrices. Prenons l'exemple de l'Université de Waterloo, qui a démontré son expertise en matière de commercialisation des innovations. Nous devons stimuler les incubateurs universitaires afin de reproduire des succès similaires partout au pays et de lier ces innovations à la stratégie de défense nationale du Canada. 

Pour dynamiser l'écosystème de la défense, nous avons besoin d'une stratégie nationale de recherche cohérente. Pour élaborer des missions d'importance stratégique pour le Canada, nous avons besoin d'un organisme national capable de transcender les ministères et les disciplines. Malheureusement, le Canada n'a toujours pas donné suite à l'une des principales recommandations du Comité consultatif sur le système fédéral de soutien à la recherche (Comité Bouchard), qui préconisait la création d'un organisme de référence pour cette mission. 

Un autre élément clé du lancement de ce projet de défense nationale et de souveraineté est le recrutement, la formation et la rétention de talents de haut niveau. Comme l'a démontré le récent scandale entourant les étudiants internationaux, nous ne pouvons pas simplement compter sur les talents étrangers pour venir au Canada. Pour attirer davantage de jeunes Canadiens vers des carrières en recherche et en innovation, nous avons besoin d'un programme national axé sur des bourses attrayantes, une expérience en entreprise et une harmonisation avec les missions nationales. 

Les programmes actuels comme NATO DIANA et IDEaS s’attaquent à des défis cruciaux en matière de défense et ont joué un rôle déterminant pour connecter les chercheurs et les innovateurs canadiens aux initiatives de sécurité mondiale. 

Il reste cependant encore du travail à faire pour faciliter la collaboration entre la recherche et la défense et l'envisager dans une perspective large et inclusive. Le Canada doit s'appuyer sur les bases de DIANA et d'IDEeS de l'OTAN, car la recherche peut profiter à la défense de multiples façons, parfois surprenantes.  

Il est temps d'engager le dialogue avec nos décideurs politiques afin d'échanger avec les chercheurs sur la manière d'optimiser leurs innovations pour atteindre les objectifs de défense de notre nation. La défense, c'est faire passer l'innovation et la production locales de la conception à la mise en œuvre. Cela signifie travailler ensemble, mettre nos atouts en commun et défendre nos intérêts.

Tout en ajoutant une grande valeur aux objectifs de défense du Canada, les innovations créées par les jeunes chercheurs seront là pour de nombreuses années à venir et pourront être adaptées à d’autres domaines de notre vie.

Nous devons prendre cette augmentation de financement au sérieux et la considérer comme une opportunité d'aligner l'innovation sur la défense. Co-développer des solutions innovantes et exploiter notre écosystème de recherche actuel au service de la défense sera bénéfique pour nous tous. 

Veuillez noter que Co-Pilot et Google ont été utilisés comme outils de recherche pour cet éditorial. Le texte a été rédigé par Baljit Singh et révisé par Leslie-Ann Schlosser. 

En savoir plus sur l'auteur(s)

Dr Baljit Singh

Université de la Saskatchewan

Vice-président, Recherche