Investissement en recherche et production scientifique : la place du Canada dans le paysage mondial de l'innovation
Auteur:
Hamed Taherdoost

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.
L'investissement dans la recherche et la production de publications scientifiques sont largement reconnus comme des moteurs essentiels de l'innovation nationale, de la compétitivité économique et du progrès social. Les pays qui allouent stratégiquement des ressources à la recherche et au développement (R&D) affichent souvent des taux plus élevés d'innovation technologique, de dépôt de brevets et de production de connaissances, ce qui, à son tour, favorise le développement industriel, permet de relever les défis sociétaux et soutient l'élaboration de politiques fondées sur des données probantes. Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les dépenses intérieures brutes de recherche et de développement (DIRD) constituent un indicateur crucial de l'engagement d'un pays en faveur de l'innovation. Les pays qui investissent de manière constante et importante dans la R&D, tels que la Corée du Sud, Israël et les États-Unis, tendent à se distinguer en matière de production scientifique, d'indices mondiaux d'innovation et de commercialisation des résultats de la recherche (Figure 1) [1].

Figure 1Dépenses intérieures brutes en R&D
Les publications scientifiques constituent un résultat concret des activités de recherche et reflètent à la fois le volume et l'impact des travaux universitaires. Des indicateurs tels que le nombre de publications évaluées par les pairs, le nombre de citations et l'impact des citations pondéré par domaine (FWCI) permettent d'évaluer la performance de la recherche d'un pays et sa visibilité internationale [2]. Ces indicateurs sont particulièrement importants pour évaluer l'efficacité des financements publics et privés de la recherche et sont utilisés par les gouvernements et les institutions pour comparer les progrès nationaux aux normes internationales [3].
Le Canada, reconnu pour son système d’enseignement supérieur dynamique et ses mécanismes de financement public de la recherche, investit depuis longtemps dans la science et l’innovation. Toutefois, ses performances de ces dernières années ont suscité des débats, notamment en ce qui concerne la stagnation de l’intensité de la R-D et sa position par rapport aux chefs de file mondiaux. Bien que le Canada affiche constamment des résultats supérieurs à la moyenne mondiale en matière d’impact des citations, ses dépenses de R-D en pourcentage du PIB demeurent inférieures à la moyenne mondiale, ce qui soulève des questions quant à l’efficacité du financement et à sa viabilité à long terme (figure 2) [4,5].

Figure 2Dépenses intérieures brutes de recherche et développement (DIRD) en pourcentage du PIB, 1996-2023, pour le Canada, les États-Unis et le reste du monde
Si l’investissement dans la recherche et la publication scientifique sont des moteurs essentiels de l’innovation et de la croissance économique, pourquoi le Canada, malgré ses solides institutions universitaires et ses chercheurs talentueux, accuse-t-il un retard par rapport aux chefs de file mondiaux en matière de dépenses et de production de R-D ? Et quelles conséquences cela aura-t-il sur la compétitivité future du pays à l’échelle internationale ?
Tendances du financement de la recherche par pays
Le financement mondial de la R&D a connu une forte croissance, les pays investissant de plus en plus dans la science et la technologie pour stimuler l'innovation. Les dépenses de R&D en pourcentage du PIB constituent un indicateur clé de l'engagement national en faveur du savoir et du progrès technologique [1]. Parmi les principaux investisseurs figurent les États-Unis, la Chine et le Japon, tandis que des pays comme Israël et la Corée du Sud consacrent régulièrement plus de 4 % de leur PIB à la R&D, un niveau parmi les plus élevés au monde [5]. Portées par les secteurs public et privé, les dépenses mondiales de R&D continuent de progresser, atteignant en moyenne environ 2.3 % du PIB (OCDE, 2024b). Les pays qui investissent massivement dominent les publications, les brevets et la production d'innovations.
Le Canada, en revanche, consacre environ 1.7 % de son PIB à la R-D, soit moins que la moyenne de l’OCDE. En 2022, ses dépenses brutes de R-D (DBRD) s’élevaient à environ 38 milliards de dollars canadiens, dont plus de 30 % provenaient de sources gouvernementales [5]. Bien que le Canada investisse considérablement dans des domaines comme la santé, l’IA et les technologies environnementales, la participation du secteur privé y est inférieure à celle des chefs de file en matière d’innovation, tels que la Corée du Sud et les États-Unis (figure 3) [4].
La dépendance du Canada à l'égard du financement gouvernemental, conjuguée à une collaboration public-privé plus faible, se traduit par une intensité globale de R&D plus faible que dans les pays où l'investissement privé joue un rôle plus prépondérant.

Figure 3Les dépenses de recherche et développement au Canada
Tendances des publications scientifiques (Canada vs. Monde)
À l’échelle mondiale, le nombre total de publications scientifiques a augmenté de façon constante [2]. Cette hausse des publications reflète l’investissement croissant dans la recherche et le développement (R&D) par les secteurs public et privé du monde entier.
Le Canada a enregistré une croissance constante de sa production de publications scientifiques au cours de la dernière décennie. Selon les données de Scopus, le nombre de publications canadiennes a augmenté de façon significative, passant de 92 987 en 2010 à 135 701 en 2022, avec une tendance à la hausse notable entre 2019 et 2021.
Le nombre total de publications au Canada a atteint 73 539 en 2025 (prévision), contre 133 776 en 2024 et 132 054 en 2023 (données extraites de Scopus). Cette croissance est conforme aux tendances mondiales, mais témoigne d’une productivité accrue au cours des 5 à 6 dernières années, notamment en sciences de la santé, en génie et en sciences sociales.
Bien que la production scientifique du Canada soit impressionnante, elle demeure moindre que celle de géants mondiaux comme les États-Unis et la Chine, qui produisent une part importante des publications scientifiques mondiales. Par exemple, les États-Unis ont publié plus de 700,000 1,000,000 articles en 2022, tandis que la Chine a dépassé le million (données extraites de Scopus). Le Canada, quant à lui, a connu une croissance constante de ses publications annuelles, surpassant le taux de croissance de la production scientifique mondiale, notamment dans des secteurs comme les sciences biomédicales, le développement durable et l’intelligence artificielle (figure 4).

Figure 4Nombre de publications de 2005 à 2025 au Canada, aux États-Unis et en Chine
Discussions
Le paysage mondial de la recherche est de plus en plus concurrentiel, l’innovation étant au cœur des stratégies nationales. Bien que le Canada ait historiquement maintenu une forte présence en recherche, son élan ralentit. La production scientifique a atteint un sommet en 2021, mais devrait maintenant diminuer pour atteindre les niveaux observés il y a dix ans, ce qui reflète des défis structurels et de financement plus profonds.
L’allocation disproportionnée des fonds publics alloués à la recherche au Groupe des 15 universités de recherche canadiennes est une préoccupation majeure, car elle laisse les établissements privés et non traditionnels sous-financés. Cette concentration risque de limiter la diversité des innovations et d’exclure les nouveaux acteurs.
Le financement de la R&D au Canada a également stagné. Les allocations budgétaires du gouvernement pour la R&D (GBARD) ont diminué, passant d'un indice maximal de D110.4 en 2020 à D102.3 en 2022 [6], et les dépenses nationales de R&D restent inférieures à 2 % du PIB, à la traîne par rapport à des pays comme l'Allemagne et la Chine (Banque mondiale, 2024).
Ces tendances exercent une pression excessive sur les universités publiques et limitent la capacité du Canada à s’adapter aux secteurs émergents comme l’IA, les technologies vertes et la santé. Une stratégie d’innovation plus équilibrée impliquerait de redistribuer les fonds afin d’inclure des établissements non traditionnels, d’inciter le secteur privé à la R-D, d’assurer la stabilité du financement et de promouvoir la mobilité intersectorielle.
Le Canada possède les talents et les partenariats nécessaires pour être un chef de file de la recherche mondiale, mais un changement stratégique des priorités de financement est essentiel pour demeurer concurrentiel et inclusif dans un contexte d’innovation en constante évolution. Sans investissements ciblés et réformes structurelles, le Canada risque de prendre davantage de retard par rapport à ses pairs internationaux, ce qui compromettra la croissance économique et la résilience de la société face aux défis futurs.
Références
[1] OCDE. (2024a). Principaux indicateurs scientifiques et technologiques : Dépenses de R&DRetrieved from https://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=MSTI_PUB
[2] Elsevier. (2020). Indicateurs de performance de la recherche : une perspective mondiale sur la production et l'impact scientifiquesRetrieved from https://www.elsevier.com/research-intelligence/resource-library/research-performance-metrics
[3] UNESCO. (2021). Rapport scientifique de l'UNESCO : La course contre la montre pour un développement plus intelligentRetrieved from https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000377433
[4] OCDE. (2024b). Dépenses intérieures brutes de R&D (indicateur)doi : 10.1787/d8b068b4-en
[5] Banque mondiale. (2024). Dépenses de recherche et développement (% du PIB)Retrieved from https://data.worldbank.org/indicator/GB.XPD.RSDV.GD.ZS
[7] OCDE. (2024). Principaux indicateurs scientifiques et technologiques (base de données MSTI)Retrieved from https://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=MSTI_PUB
En savoir plus sur l'auteur(s)
Hamed Taherdoost
Université Canada Ouest
Professeur associé et président du RSAC

