Célébrons le scientifique en chef du Québec – et du monde entier
Auteur:
Paul Dufour

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.
Au cours de mes plus de 40 années d'expérience dans le domaine des politiques scientifiques, j'ai eu le plaisir de collaborer avec de nombreux conseillers scientifiques et ministres. Issus d'horizons divers, ils possédaient souvent une double compétence en communication publique et en politique. Ce parcours m'a permis d'apprendre, de manière enrichissante, l'art et le métier de conseiller scientifique sous toutes ses formes. Que ce soit au sein du Groupe Carnegie de conseillers et ministres scientifiques auprès des chefs de gouvernement, lors des réunions des ministres des Sciences des pays du G7 et du G8, en collaboration avec le conseiller scientifique national du Canada et comme conseiller spécial auprès de plusieurs ministres fédéraux des Sciences, ou encore en accompagnant le Conseil jeunesse du conseiller scientifique canadien, chaque expérience d'apprentissage était nouvelle et stimulante.
Les conseils scientifiques ne sont pas une science exacte – et soyons clairs : des conseils scientifiques efficaces ne relèvent jamais de l’élaboration de politiques. En fin de compte, il s’agit de posséder d’excellentes aptitudes relationnelles, de façonner des idées et de communiquer de nouvelles façons de faire progresser les connaissances au bénéfice des citoyens – un véritable art. L’un des privilèges que j’ai eus au cours des deux dernières décennies a été de connaître et de contribuer, modestement, au travail du scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion. Il est rare, en effet, de voir une personne traverser plusieurs administrations politiques pendant près de 15 ans à la tête des conseils scientifiques de différents gouvernements québécois.
Le Dr Quirion a un parcours éclectique, commençant par ses recherches médicales, sa formation et son enseignement aux universités de Sherbrooke et de McGill, puis se dirigeant vers Ottawa pour diriger l'un des principaux instituts de recherche des Instituts de recherche en santé du Canada, avant d'être nommé au Québec comme son premier scientifique en chef en 2011, suite à une loi adoptée par l'Assemblée nationale du Québec.
Bien sûr, on ne se forme pas pour devenir chef scientifique. Ce métier repose essentiellement sur l’apprentissage par la pratique – et Rémi l’a fait avec brio lors de ses différents mandats à la tête du Fonds de recherche du Québec. Il a su tirer le meilleur parti de son équipe restreinte mais efficace et de son budget pour impulser des changements tant au Québec qu’à l’échelle internationale, en diffusant les principes de la diplomatie et des conseils scientifiques par divers canaux, notamment le Réseau international de conseils scientifiques aux gouvernements (INGSA), qu’il préside toujours.
J'ai eu le plaisir d'assister Rémi dans ses travaux à l'INGSA et de contribuer à la codification – si cela est possible – de l'expérience canadienne en matière de conseils scientifiques dans un article conjoint. Rémi Quirion, Arthur Carty, Paul Dufour & Ramia Jabr
Palgrave Communications, vol. 2, 2016 ainsi que d'autres initiatives au fil des ans. Et la conférence commémorative D. Allan Bromley de Rémi en 2024 à l'ISSP de l'Université d'Ottawa – Démocratie et diplomatie scientifique : un rôle clé pour les conseillers scientifiques – a exposé plusieurs de ses diverses expériences politiques, sans oublier les défis rencontrés en travaillant avec neuf ministres des sciences sous quatre administrations québécoises différentes depuis 2011 (Conférence commémorative Bromley 2024 : Dr Rémi Quirion)
Mais c’est sa créativité et sa passion qui caractérisent un conseiller scientifique en chef accompli. Il a mis sur pied un comité de politique scientifique étudiant qui conseille son bureau et les trois conseils subventionnaires du Québec qu’il supervise (un modèle partiellement repris par l’actuel conseiller scientifique en chef du Canada). Rémi a également élargi le rôle de conseiller scientifique aux municipalités en créant ce nouveau poste dans plusieurs conseils municipaux du Québec.
Il a affecté de jeunes chercheurs dans des bureaux consulaires à l'étranger afin de diffuser le message de la place importante qu'occupent le Québec et le Canada en matière de recherche dans le monde et a écrit de nombreux articles d'opinion sur le sujet, dont un éditorial de mars coécrit avec sa collègue homologue fédérale, la Dre Mona Nemer, sur la dynamique changeante des relations scientifiques canado-américaines.
Il a œuvré sans relâche pour que l'Assemblée nationale du Québec soit régulièrement informée des enjeux politiques émergents ou sensibles qui nécessitent une expertise scientifique et technologique. Il a également comblé les lacunes de communication souvent constatées avec les médias, sous toutes leurs formes, ainsi qu'avec de nombreux organismes de vulgarisation scientifique, contribuant ainsi à enrichir la culture scientifique auprès d'une population informée et intéressée. De plus, il est un fervent défenseur du français en sciences et s'est activement impliqué dans le renforcement de l'utilisation de cette langue dans la recherche à l'échelle mondiale.
En tant que membre des trois « amis » québécois, Rémi a établi des liens entre la science, la technologie, l'innovation et l'investissement, et ce, à tous les niveaux du financement et de la prise de décision. De plus, l'influence du Dr Quirion sur le développement de l'écosystème de recherche et d'innovation au Québec est souvent analysée par divers organismes de politiques de recherche, tant au Canada qu'à l'étranger, comme un système bien rodé qui peut orienter positivement les politiques.
Il n’est donc pas surprenant que le Dr Quirion ait reçu de nombreux prix et distinctions à différents niveaux, notamment le certificat spécial en politique scientifique qui lui a été remis par Jeff Crelinsten lors de la conférence Research Money de 2024 en l’honneur de notre cher ami et chercheur en politique scientifique et d’innovation à l’Université d’Ottawa, John de la Mothe. En novembre 2025, Rémi a reçu le prix d’excellence pour l’ensemble de sa carrière en politique scientifique du CSPC.
Rémi dispose encore de nombreux atouts pour contribuer à améliorer le rôle des conseils scientifiques et de la diplomatie, tant au Canada et au Québec qu'à l'échelle internationale. Le gala organisé en son honneur à Montréal le 30 octobre 2025, en présence de plus de 200 invités, a témoigné de son immense impact en tant que chercheur et véritable ambassadeur de la confiance dans le savoir solide sous toutes ses formes. Il a également rappelé avec force l'humilité, l'humour et l'intégrité professionnelle de Rémi.
Un nouveau directeur scientifique sera sans aucun doute nommé dans les prochains mois, et un livre retraçant la carrière de Rémi paraîtra également… En attendant, nous souhaitons au Dr Quirion bon courage dans la poursuite de son travail de renforcement de la diplomatie scientifique ici et dans le monde entier.
En savoir plus sur l'auteur(s)
Paul Dufour
Institut des sciences, de la société et des politiques publiques, Université d'Ottawa
Senior Fellow

