De nouvelles connaissances pour le Nord et le monde : un brillant avenir pour les sciences polaires au Canada

Auteurs):

David J.Scott

Savoir polaire Canada (POLAIRE)

Président et PDG

David J.Scott

L'Arctique couvre une immense région du Canada, soit environ 40 % de notre territoire. Les scientifiques ont entrepris des recherches de pointe dans le Nord pendant plus des deux tiers de la vie de notre pays et nos chercheurs polaires jouissent d'une réputation internationale distinguée. Malgré ces efforts, l'Arctique demeure l'une des régions de la planète les moins comprises et les plus changeantes. Ces changements ont des répercussions dans le monde entier, car la glace arctique et la hausse des températures influencent le climat mondial par le biais des courants atmosphériques et océaniques. Ici, chez nous, les plus de 100,000 XNUMX Canadiens qui vivent dans le Nord en ressentent les effets : des saisons de navigation sur la glace plus courtes, la stabilité des routes et des bâtiments minée par le dégel du pergélisol, des changements dans la faune dont beaucoup dépendent pour se nourrir, et plus encore. Il est urgent de comprendre comment l'Arctique évolue et comment nous devrions réagir.

Savoir polaire Canada (POLAIRE) est une agence du gouvernement fédéral qui travaille avec les habitants du Nord, les communautés autochtones, la communauté scientifique polaire canadienne et les chercheurs internationaux pour relever le défi de front. Fondée en 2015, POLAIRE offre un programme scientifique et technologique pannordique, une fonction de mobilisation et d'engagement des connaissances, et exploite le campus de la Station canadienne de recherche dans l'Extrême-Arctique (SCHARS) à Cambridge Bay, au Nunavut.

Le campus CHARS comprend des laboratoires, un espace public généreux, des logements pour les chercheurs invités et un bâtiment de stockage et de maintenance des équipements. Grâce à son programme de science et de technologie, POLAIRE finance la recherche dans le Nord. Les priorités actuelles du programme comprennent : les énergies de remplacement et renouvelables pour le Nord; surveillance environnementale de base pour se préparer à la durabilité du Nord; prévoir les impacts des conditions changeantes de la glace, du pergélisol et de la neige sur la navigation, les infrastructures et les communautés ; et l'amélioration de la conception, de la construction et de l'entretien des infrastructures construites dans le Nord. Ces priorités seront réévaluées tous les cinq ans, avec la prochaine révision en 2019, afin de maintenir le programme à l'avant-garde des besoins changeants en matière de création de connaissances dans le Nord.

Alors que les chercheurs canadiens étudient l'Arctique depuis un peu plus d'un siècle, les peuples autochtones acquièrent des connaissances pratiques sur leur terre natale depuis des millénaires. Leur expertise, transmise de génération en génération et constamment adaptée à l'évolution des conditions, est une ressource précieuse qui complète et renforce la recherche scientifique. L'inclusion respectueuse des connaissances autochtones dans la science fournit un moyen de savoir puissant et plus complet.

Un exemple qui démontre les avantages de combiner la science et les connaissances autochtones est le projet SmartICE, financé par POLAR à Pond Inlet, au Nunavut.

SmartICE, dirigé à Nain Labrador par le géographe Trevor Bell de l'Université Memorial de Terre-Neuve et exploité à Pond Inlet par l'expert en glace Andrew Arreak, développe un système de surveillance et de partage d'informations sur la glace de mer qui allie les connaissances inuites à la technologie pour améliorer la sécurité des déplacements sur glace de mer. Des capteurs d'épaisseur, placés dans la glace le long des itinéraires que les chasseurs ont identifiés comme potentiellement dangereux, envoient des mesures à un site Web où elles peuvent être récupérées localement. Des capteurs ont également été montés sur un qamutiik (traîneau) pour prendre des mesures d'épaisseur en voyageant. La technologie est efficace et répond à un besoin défini par les gens du Nord.

SmartICE et des projets similaires sont à la pointe d'une nouvelle tendance dans la recherche nordique qui, au cours des prochaines années, verra de plus en plus d'Autochtones participer et mener des recherches à tous les niveaux. Ce seront eux qui poseront les questions, développeront et feront avancer les projets, mélangeront les connaissances scientifiques et indigènes – et trouveront les réponses dont ils ont besoin.

POLAIRE appuie cet effort de plusieurs façons : en aidant Actua à organiser des camps scientifiques pour les jeunes dans le Nord afin d'éveiller l'intérêt pour les sciences chez les jeunes du Nord; aider à promouvoir la science et la technologie dans les collectivités du Nord; appuyer les établissements d'enseignement comme le programme de technologie environnementale du Collège de l'Arctique du Nunavut; et offrir des emplois d'été aux étudiants à Cambridge Bay. POLAIRE administre également le Programme de formation scientifique dans le Nord, qui soutient les chercheurs en début de carrière inscrits à des programmes d'études supérieures.

L'Arctique est immense, éloigné et complexe, ce qui rend toute recherche difficile et coûteuse. La coopération est essentielle : la majeure partie de la science arctique n'est possible que parce que les chercheurs travaillent ensemble, en combinant leurs ressources et en coordonnant la logistique. Le campus de la SCREA sera une nouvelle plaque tournante pour la recherche scientifique et technologique dans l'Arctique canadien, et il permet déjà des partenariats et améliore la collaboration. Des chercheurs du monde entier manifestent un vif intérêt à collaborer avec les Canadiens, à en apprendre davantage sur le savoir autochtone et à travailler avec les habitants du Nord. Ils sont enthousiasmés par les possibilités qu'offrent le campus de recherche de la CHARS et les programmes de POLAR.

Lorsque le campus CHARS ouvrira ses portes à Cambridge Bay, il ajoutera une installation scientifique de pointe et un programme de recherche qui engage les habitants du Nord dans la science et la technologie de pointe au réseau d'infrastructures nordiques existantes visant à desservir le Nord, Canada , et le monde. Le campus CHARS facilitera la collecte et l'échange de connaissances au nord, par le nord, pour le nord, ainsi que pour la communauté internationale.