Intégration des systèmes et technologies duales : un rôle renforcé pour les institutions du savoir

Publié le: octobre 2025Catégories: Dépenses de défense et R&D, Éditoriaux

Auteur:

Luc-Alain Giraldeau

Antoine De Tilly

Christian Casanova

Luc de la Durantaye

Olivier Vermeersch

Intégration de systèmes et technologies duales
Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.

La multiplication des conflits dans le monde et les élections de 2024 au sud de notre frontière ont sensibilisé les pays à l'importance de la souveraineté en matière de défense, et le Canada ne fait pas exception. Le premier ministre Mark Carney a confirmé que la défense occuperait une place de choix sur sa liste de priorités. Le mot « défense » est sur toutes les lèvres. Le Canada s'est engagé à atteindre l'objectif largement débattu de 2 % du PIB d'ici 2025. Les alliés de l'OTAN ont convenu de porter ce pourcentage à 5 % d'ici 2035, ouvrant la voie à des milliards de dollars de nouveaux investissements du gouvernement fédéral.

Dans un monde de plus en plus incertain, on parle d'investir dans une nouvelle stratégie industrielle de défense. La course est lancée : les entreprises spécialisées dans les technologies militaires – et au-delà – sont désireuses de contribuer aux besoins d'innovation du Canada dans ce secteur clé.

Pour atteindre les objectifs du Canada, le gouvernement devra se concentrer sur tout ce qui touche à la défense et viser un large éventail d'expertises, notamment en recherche et en innovation. Par exemple, le Canada pourrait investir dans le développement de technologies favorisant l'indépendance énergétique dans les régions éloignées, ce qui pourrait aider les bases militaires ainsi que les communautés rurales et autochtones des régions isolées. Comme le montre cet exemple, le Canada pourrait investir dans des innovations mutuellement bénéfiques pour la société civile et la défense nationale. On parle alors de technologies à double usage.

De nombreux projets de recherche et innovations en cours donnent naissance à de nouvelles technologies qui contribuent aux efforts du Canada et de l'OTAN, notamment grâce à leur potentiel de double usage. Les universités, les collèges et les centres de recherche intensifient leurs efforts, souvent en collaboration avec l'industrie.

Certaines institutions sont déjà en action et prêtes à agir.

Ces dernières années, un projet visant à renforcer l’interopérabilité des systèmes de sécurité nationale et civile a pris forme. Ce projet, porté par l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) et NexDev | Développement économique du Haut-Richelieu, est développé en collaboration avec l'École de technologie supérieure (ETS), le Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, le Centre de recherche et d'innovation en sécurité civile (Centre RISC), le Collège militaire royal et le Groupe CTT. À terme, ce sera un outil précieux pour renforcer la souveraineté technologique du Canada.

L'interopérabilité des systèmes est un thème primordial pour créer des systèmes de surveillance plus efficaces, par exemple pour relier les capteurs terrestres aux satellites, ou pour favoriser la configuration de réseaux avec des partenaires internationaux afin de mener des missions critiques conjointes. La combinaison de technologies de télécommunications couvrant différentes bandes spectrales représente un défi à la fois technique et organisationnel, car elle nécessite la coordination de différents acteurs et entités.

Dans le cadre de cette initiative, les établissements d’enseignement supérieur partenaires de Saint-Jean-sur-Richelieu proposent la création d’une unité mixte de recherche (UMR) qui regrouperait des chercheurs de chaque établissement au sein d’un nouveau Centre de recherche et d’innovation à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Grâce à ses liens industriels forts dans la région, ce centre servira de plaque tournante pour la collaboration, la formation, la recherche, l’innovation et la commercialisation, réunissant le personnel des collèges, des universités, des entreprises et des partenaires publics pour promouvoir l’innovation en matière de sécurité et de défense grâce à des technologies à double usage.

Plusieurs partenaires privés de la région sont également intéressés à participer au projet.

Ce réseau innovant propulsera et consolidera le rôle de chef de file de la région dans le domaine de la sécurité et de la défense en accélérant la transition de l'idée au marché. Le Québec et, plus largement, le Canada pourraient devenir un terreau fertile pour l'émergence de nouvelles technologies prometteuses. Ces nouvelles technologies pourraient prendre la forme de systèmes de vision, de logiciels d'aide à la décision, de jumeaux numériques ou de plateformes de simulation. Cette expertise permet aux avancées de la recherche en matière de sécurité civile ou publique de bénéficier des innovations en matière de défense, et vice versa.

Le maillage ingénieux entre les acteurs locaux, les entreprises et les établissements d’enseignement supérieur, comme celui qui existe à Saint-Jean-sur-Richelieu, permettra au Canada de répondre à ses défis stratégiques et de se positionner avantageusement dans le monde.

Les universités, les collèges et les centres de recherche sont donc mobilisés ; il ne reste plus qu’à soutenir ces initiatives prometteuses.

En savoir plus sur l'auteur(s)

Luc-Alain Giraldeau

Institut national de la recherche scientifique (INRS)

Chef de la direction

Antoine De Tilly

NexDev

Directeur - Développement économique

École de technologie supérieure (ÉTS)

Christian Casanova

École de technologie supérieure (ÉTS)

Vice-président de la recherche et des partenariats

Luc de la Durantaye

Centre de recherche et d'innovation en sécurité civile du Québec (Centre RISC)

Directeur

Olivier Vermeersch

Groupe CTT

Chef de la direction