L'architecture du système scientifique : réviser le paysage

Auteur:
Robert Asselin
U15 Canada
PDG
Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.
Le Canada se trouve à la croisée des chemins. Nous ne pouvons plus compter sur un accès commercial fiable aux États-Unis. L’ordre mondial se transforme rapidement. L’évolution des risques géopolitiques remet fondamentalement en question notre position, jadis enviable, de prospérité et de stabilité relatives.
Dans un monde plus incertain que jamais, il est clair que les capacités souveraines et la capacité d'innovation nationale sont essentielles. Elles sont le fondement de la sécurité nationale, de la résilience économique et des perspectives de prospérité future.
Les Canadiens prennent conscience de cette nouvelle réalité. Il est maintenant temps que la communauté scientifique canadienne en fasse autant, en proposant les solutions et les innovations dont les Canadiens ont besoin pour réussir dans ce contexte incertain. Nous devons tous être conscients de l'urgence de la situation et de la nécessité d'agir avec l'ambition, l'envergure et la détermination nécessaires pour mettre en place des mécanismes capables de réagir autrement.
Cela ne signifie pas que le Canada doive se désengager de la scène internationale. Le partage des nouvelles connaissances et l’échange d’idées novatrices, d’où qu’elles proviennent, ont toujours été une caractéristique essentielle de la science libre et ouverte. Toutefois, dans ce nouveau contexte, nous devons accorder une plus grande importance à notre capacité nationale de produire et de conserver les innovations ici même, au Canada. La souveraineté technologique sera un facteur déterminant de notre prospérité future.
Dans ce nouveau contexte, la mise en place d’un écosystème scientifique et technologique résilient sera essentielle pour offrir aux Canadiens les solutions dont ils auront besoin pour prospérer. La recherche canadienne est en excellente position, forte d’universités de recherche de calibre mondial, d’un vaste bassin de talents et d’une recherche fondamentale de haut niveau. Elle témoigne d’un héritage d’investissements historiques importants qui ont permis de créer des programmes très fructueux, de bâtir des infrastructures essentielles et de rehausser l’excellence des organismes subventionnaires en matière de développement des talents et d’approfondissement des connaissances. Collectivement, nous avons bâti un écosystème de recherche dynamique, notamment grâce aux efforts stratégiques des gouvernements précédents.
Le moment est venu de tirer parti de ces atouts pour relever les défis auxquels font face les Canadiens en cette période de transition. Bâtir un écosystème scientifique plus résilient implique d’adapter la structure et la gouvernance actuelles de l’architecture des systèmes afin de refléter adéquatement l’évolution des besoins de la société et des entreprises. Cette adaptation doit s’appuyer sur le succès des initiatives passées et permettre au gouvernement et à l’industrie de tirer parti de l’excellence de la recherche canadienne. Mais nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre ; nous devons agir avec l’ambition et l’urgence que requiert la situation.
En effet, les problèmes du système actuel identifiés par le rapport Bouchard demeurent d'actualité : la nécessité de remédier à la fragmentation et de développer une approche unifiée et cohérente entre un grand nombre d'organismes de financement, d'accroître le soutien à la recherche multidisciplinaire afin de mobiliser le plus large éventail d'expertises possible, de rationaliser les approches en matière de partenariats de recherche internationaux et la nécessité continue d'harmoniser les programmes de financement entre les organismes afin de réduire le fardeau administratif pesant sur les chercheurs.
Toutefois, compte tenu des profonds bouleversements économiques que connaît le Canada, les recommandations visant à mobiliser l’excellence de l’écosystème de recherche pour relever les défis axés sur la mission sont plus que jamais cruciales. Repenser le paysage exige la mise en place de mécanismes de gouvernance mieux à même de répondre aux besoins immédiats des Canadiens, tout en développant les capacités à long terme du gouvernement, de l’industrie et de la société civile qui permettront de bâtir un écosystème plus résilient et adaptable.
Que ce soit par le biais d’un mécanisme comme l’« organisation de pointe » proposée par le gouvernement précédent ou par un autre mécanisme similaire, nous devons veiller à poursuivre le développement d’une architecture scientifique plus réactive, capable de relier efficacement les atouts actuels du système aux industries de pointe qui peuvent transformer ces solutions en produits commerciaux performants. Ce faisant, nous assurerons des perspectives économiques et sociales solides et développerons les capacités souveraines en matière de technologies à double usage essentielles à la sécurité nationale du Canada.
Repenser le paysage exige donc de saisir les opportunités offertes par les programmes axés sur une mission précise, qui visent à répondre à des besoins spécifiques et à mobiliser la vaste expertise de l’écosystème de recherche en vue d’atteindre des objectifs clairement définis. L’élaboration d’un mécanisme de gouvernance permettant aux conseils subventionnaires et autres organismes de tirer parti de leurs atouts pour répondre aux besoins stratégiques clairement définis, tout en protégeant la recherche fondamentale et en soutenant les talents au sein de chaque conseil, nécessitera la modernisation globale décrite dans le rapport Bouchard et formulée par le gouvernement.
Cela nécessitera toutefois un système de gouvernance qui établisse une vision stratégique claire pour l’ensemble du secteur, en précisant les priorités et en donnant aux chercheurs, aux universités et aux organismes de financement les moyens de recruter des talents, de bâtir des infrastructures et de concevoir des programmes répondant à ces objectifs stratégiques plus vastes. Ce système devrait définir ces objectifs avec ambition, des cibles claires et une voie vers le succès pour l’écosystème. Un tel système de gouvernance devrait également établir clairement des mécanismes de responsabilisation et de surveillance, y compris la publication de rapports, afin que tous les Canadiens soient bien informés des réalisations de la communauté scientifique.
Le Conseil des sciences et de l’innovation proposé, composé de représentants de toutes les disciplines et issus des milieux universitaires, industriels et de la société civile, constitue une solution possible pour atteindre cet objectif. Toutefois, l’essentiel n’est pas tant l’entité chargée de cette mission que la réalisation des objectifs clairs énoncés dans le rapport Bouchard et tirés de l’expérience de nombreux Canadiens qui cherchent à collaborer avec l’écosystème pour trouver les solutions nécessaires à leur réussite.<sup>1,2</sup>
Enfin, alors que le gouvernement détermine les prochaines étapes de la modernisation de l’architecture du système de recherche, il est essentiel de veiller à préserver ses atouts actuels : l’excellence en recherche fondamentale, le développement des talents de demain, la protection de la recherche disciplinaire, l’indépendance politique des décisions de financement et un engagement ferme envers la liberté académique et le maintien du système d’évaluation par les pairs. Face à l’urgence pour les Canadiens de relever les défis auxquels notre pays et notre économie sont confrontés, c’est le moment idéal pour repenser l’écosystème de la recherche afin de répondre à cette situation et d’offrir les solutions dont les Canadiens ont besoin en temps de crise.
- Budget (2024), disponible sur https://cihr-irsc.gc.ca/e/53894.html
- Chapitre 4. Croissance économique pour chaque génération, Budget (2024), disponible sur https://budget.canada.ca/2024/report-rapport/chap4-en.html

