Nadwa Elbadri
2024
La biographie:
Nadwa est titulaire d'un baccalauréat en ingénierie et en gestion de l'Université McMaster et poursuit actuellement une maîtrise en sciences appliquées à l'Université de Waterloo, au département de génie civil et environnemental. Ses intérêts se situent à l'interface du travail interdisciplinaire entre l'ingénierie et les sciences sociales. Son projet de maîtrise actuel porte sur la quantification des risques pour la santé microbienne auxquels sont confrontés les travailleurs migrants dans le cadre du programme des travailleurs agricoles saisonniers du Canada. L'expérience professionnelle de Nadwa comprend le travail pour un service public qui développe les infrastructures dans les communautés rurales et éloignées, y compris les communautés des Premières Nations au Canada, en plus de soutenir des projets d'infrastructure lors de voyages de bénévolat à l'étranger. Au cours de cette période, elle a appris l'importance d'une infrastructure adéquate pour soutenir la santé et la croissance des communautés. Elle est passionnée par l'utilisation de ses compétences d'ingénieure pour soutenir les petites communautés vulnérables.
Inspiration de la proposition :
« J’ai passé la dernière année à me renseigner sur la migration temporaire dans le contexte canadien, en me plongeant dans le programme de migration de main-d’œuvre qui fait venir des travailleurs saisonniers migrants pour participer à l’industrie agricole canadienne. Tout au long de la dernière année, il est apparu clairement que les travailleurs jouent un rôle essentiel dans la protection de la sécurité alimentaire et de l’économie canadienne, tout en étant malheureusement confrontés à des risques sanitaires accrus pendant leur mandat. J’ai été choqué d’apprendre que très peu d’informations étaient recueillies et communiquées sur la santé de ce groupe très caché de la société, compte tenu de la nature de son statut temporaire. Les circonstances actuelles liées à la pandémie de COVID-19 ont exacerbé les risques pour la santé auxquels cette population est confrontée, les plaçant au premier plan du discours public. Compte tenu de ces circonstances uniques, mon objectif est de profiter de cette occasion pour défendre les intérêts des travailleurs en comprenant et en identifiant les facteurs contribuant à leurs risques pour la santé microbienne et, en fin de compte, en trouvant des moyens d’atténuer et de contrôler les risques auxquels ils sont confrontés. »
Besoin/Possibilité d'action :
Les travailleurs agricoles saisonniers font partie des nombreux travailleurs qui viennent au Canada dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). Chaque année, environ 50,000 1 travailleurs viennent participer au Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS), un programme de migration de main-d’œuvre géré par le gouvernement fédéral [2]. Les travailleurs agricoles saisonniers migrants, principalement originaires du Mexique et de l’Organisation des États des Caraïbes, viennent participer à des possibilités de travail agricole pour tenter de répondre à la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur agricole canadien [XNUMX].
Les travailleurs saisonniers accomplissent des tâches agricoles primaires spécifiques à la ferme. Ces activités comprennent les soins, l'élevage et l'assainissement des animaux ainsi que la plantation, la récolte et la préparation des cultures [3]. Cette main-d'œuvre saisonnière contribue de manière essentielle à la sécurité alimentaire canadienne et joue un rôle crucial dans la sauvegarde de l'économie. Les travailleurs migrants peuvent apporter une contribution positive au rendement et à la productivité d'une ferme, en apportant des compétences culturellement uniques. Au Canada, les travailleurs migrants comblent chaque année un manque de main-d'œuvre nécessaire, ce qui en fait une main-d'œuvre expérimentée, fiable et cohérente [2]. En 2017, 27.4 % des employés de la production végétale étaient des travailleurs étrangers [4]. La croissance du PTAS a transformé l'industrie agricole au Canada au cours des dernières décennies, faisant du Canada un exportateur net d'importateur net de cultures clés et représentant environ 6.7 % du PIB total du Canada [5],[6].
Cependant, malgré l’obligation de se soumettre à un examen médical avant leur arrivée, des recherches ont montré que les travailleurs agricoles migrants sont confrontés à une série de menaces sanitaires spécifiques connues pendant leur séjour au Canada. Il s’agit notamment de traumatismes physiques causant des troubles musculo-squelettiques et d’expositions microbiennes causant des maladies gastro-intestinales [7]. Des études antérieures ont également montré que les travailleurs agricoles migrants sont plus vulnérables aux maladies infectieuses en raison de la nature de leur travail et de leurs conditions de vie précaires [8]. Bien que les données rapportées décrivant leur santé soient rares, il existe des preuves de la propagation de maladies entériques infectieuses causant des maladies gastro-intestinales au sein de cette population. Les données recueillies de 2006 à 2010 dans le cadre d’une étude menée par l’hôpital général de Norfolk à Simcoe, en Ontario, à partir de 888 visites de travailleurs migrants ont montré que les maladies gastro-intestinales étaient le deuxième diagnostic le plus fréquent (13 %) [9]. La pandémie actuelle de COVID-19 a également sans aucun doute amplifié les risques pour la santé liés à la propagation de maladies infectieuses dans les milieux de travail des migrants. Les conditions de vie insalubres, souvent dans des résidences dont la densité de population est supérieure à celle des travailleurs, et le manque d’équipements essentiels et permanents tels que des installations sanitaires entravent également la capacité des travailleurs à respecter efficacement les mesures de santé publique, ce qui continue d’amplifier les défis associés au maintien de la sécurité alimentaire canadienne lorsque leurs contributions essentielles sont compromises [10],[4]. Il est nécessaire de comprendre spécifiquement les voies d’exposition aux agents pathogènes entériques auxquelles sont confrontés les travailleurs agricoles migrants dans leur milieu de travail agricole et d’identifier les facteurs favorables grâce à une approche fondée sur les risques, afin de protéger la santé microbienne des travailleurs migrants. Mettre en évidence la nécessité et fournir des outils efficaces fondés sur les risques pour protéger la santé des travailleurs migrants dans le cadre de l’élaboration de nos politiques plus larges permettra de préserver la sécurité alimentaire canadienne, de contribuer à la protection de la santé publique globale et de générer de solides contributions liées à l’industrie en faveur de l’économie.
Les recommandations ci-dessous sont fondées sur l’utilisation d’une approche d’évaluation des risques mettant en évidence les facteurs clés contribuant aux risques microbiens élevés pour la santé auxquels sont confrontés les travailleurs agricoles saisonniers. L’objectif principal des recommandations vise à promouvoir un avantage mutuel pour les fermes canadiennes et les travailleurs migrants, grâce à la mise en œuvre de stratégies efficaces d’atténuation et de contrôle des risques microbiens.
Action proposée :
Une approche d'évaluation des risques a été utilisée pour étudier les voies et les voies de transmission des agents pathogènes entériques dans le contexte des travailleurs migrants. L'approche synthétise les facteurs favorisant l'exposition aux agents pathogènes migrants et met l'accent sur les lacunes entravant le contrôle du risque microbien. La proposition suivante met en évidence quatre facteurs liés aux travailleurs migrants contribuant à un risque élevé de maladies entériques et fournit des objectifs pour atténuer le risque de facteurs spécifiques.
- Contrôle des sources de contamination par des agents pathogènes entériques avant la récolte Les travailleurs peuvent être exposés à des niveaux élevés de sources de contamination microbienne avant la récolte, compte tenu de leurs responsabilités professionnelles. Les sources de contamination avant la récolte qui propagent le risque d'exposition comprennent : la manipulation du fumier, le type d'eau d'irrigation, la méthode d'irrigation et les cultures cultivées, ainsi que la présence d'animaux domestiques et sauvages sur le site [11]. Le contrôle de ces facteurs, pour atténuer le risque microbien, peut être réalisé de la manière suivante :
- a. Veiller à ce que les meilleures pratiques de gestion agricole soient respectées. Les meilleures pratiques, appuyées par la littérature pour le contrôle de la contamination du fumier, comprennent l'instauration d'une règle de 90 à 120 jours pour la récolte des produits après l'épandage du fumier [12].
- b. Utiliser des méthodes de micro-irrigation telles que le goutte-à-goutte et les mécanismes souterrains, limitant la quantité d’eau sur les surfaces des cultures et minimisant le risque de contamination microbienne [13],[11].
- c. Tenir compte de l’emplacement des sites d’élevage par rapport aux cours d’eau et établir des zones tampons adéquates pour un contrôle efficace des voies de transmission des agents pathogènes [12].
- Application de normes d’infrastructure pour neutraliser les voies d’exposition microbienne Les problèmes d’infrastructure contribuant au risque microbien auquel sont confrontés les travailleurs migrants peuvent être regroupés en problèmes extérieurs et intérieurs, préoccupations liées à l’hygiène, à la nature temporaire de leur travail et à l’accès à l’eau potable. L’exposition au risque peut être atténuée par :
- a. Accès annuel à un logement permanent/à des équipements et suppression des infrastructures temporaires telles que les radiateurs portables temporaires, les installations de blanchisserie et de lavage des mains inadéquates, la réfrigération, le chauffage et le stockage inadéquats des aliments [14],[15].
- b. Inclure explicitement les réseaux d'eau desservant les fermes employant des travailleurs dans le cadre du Règlement 170 de l'Ontario en vertu de la Loi sur la salubrité de l'eau potable en tant qu'installation désignée. Par ailleurs, lorsque les réseaux sont considérés comme de petits réseaux d'eau potable en vertu du Règlement 319/08, des inspections fréquentes avant, pendant et après l'arrivée des migrants devraient être stipulées dans cet arrangement unique et temporaire permanent [16],[17].
- c. Instaurer une séparation hygiénique par l'utilisation de barrières entre les zones de couchage, de cuisine et de salle de bain dans l'espace de vie, et introduire des zones de pause et de repas désignées pour les travailleurs sur le chantier [18],[19].
- Atténuer les risques professionnels qui conduisent à des expositions microbiennes potentielles Les risques professionnels associés à une exposition accrue aux risques microbiens pour la santé auxquels sont confrontés les travailleurs migrants comprennent le manque de formation appropriée et complète et la collecte inadéquate de données pour l'analyse et la conformité [20]. Les tactiques suivantes peuvent être utilisées pour réduire le risque d'exposition :
- a. Instituer une formation standardisée et introduire des formations spécifiques telles que celles sur l'eau, l'hygiène et l'assainissement (WASH) dans la langue préférée des travailleurs, tout en garantissant leur achèvement grâce à un système centralisé de gestion des données.
- b. Utiliser un codage spécifique pour identifier les diagnostics des travailleurs dans les hôpitaux et les dossiers de la WSIB, pour les analyses de données nécessaires à l'identification des points de propagation du risque microbien
- c. Fournir l’équipement de protection individuelle (EPI) approprié pour désactiver la voie d’exposition [20].
- Supprimer les obstacles à l’atténuation des risques microbiens en modifiant et en renforçant les politiques du PTAS Le dernier facteur contribuant indirectement aux risques pour la santé microbienne des travailleurs se manifeste sous la forme d’un obstacle entravant les stratégies de contrôle des risques. L’efficacité de l’atténuation des risques microbiens peut être améliorée en supprimant les obstacles et en mettant à jour les politiques de programme suivantes :
- a. Assurer l’accès aux soins de santé en permettant la mobilité des travailleurs grâce aux services de transport et en soutenant les services multilingues et de consultation au sein du système de santé [10].
- b. Éliminer le transfert et le prêt de travailleurs d’une ferme à une autre, afin de réduire le risque de contamination microbienne croisée.


