Nous devons agir rapidement pour développer notre écosystème de recherche en matière de défense. Les universités sont la solution.

Publié le: octobre 2025Catégories: Dépenses de défense et R&D, Éditoriaux

Auteur:

Aminah Robinson Fayek, Ph. D.

Aminah Robinson Fayek_UAlberta
Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.

En juin, le premier ministre Mark Carney s’est joint aux alliés de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) pour prendre un nouvel engagement en matière d’investissement dans la défense : 5 % de notre PIB annuel d’ici 2035. C’est le signal donné aux agences, aux industries et aux chercheurs canadiens en matière de défense et de sécurité stratégiques de développer rapidement leurs capacités et d’accélérer leurs travaux.

Les budgets annuels de défense du Canada devraient augmenter pour atteindre environ 62.7 milliards de dollars l’année prochaine (2 % du PIB), puis grimper à 150 milliards de dollars (5 % du PIB) d’ici 2035. Cela crée un calendrier de planification comprimé et nécessitera des investissements ciblés pour permettre une croissance stratégique.  

Le Canada peut réaliser des progrès rapides en tirant parti d’une ressource vitale et fiable : nos universités.

Les universités canadiennes ont la capacité de reconfigurer rapidement leurs installations de recherche de pointe pour soutenir l'innovation en matière de défense et de double usage. Elles pourraient améliorer leurs infrastructures numériques sécurisées et leurs capacités de traitement des données classifiées, ce qui favoriserait une collaboration directe entre les chercheurs universitaires, le gouvernement, les Forces armées canadiennes et l'industrie sur les technologies et l'équipement essentiels à la mission. Des investissements dans de nouvelles infrastructures, accessibles à des partenaires de confiance, renforceraient les capacités de l'ensemble de l'écosystème canadien des technologies à double usage.

La priorité d’établir un environnement de recherche sécurisé est évidente dans le récent appel à propositions du gouvernement canadien visant à « obtenir des informations sur l’infrastructure, les capacités d’hébergement, les modèles de collaboration et les stratégies de financement » pour guider l’établissement et l’évolutivité du Centre d’innovation sécurisé de la défense. 

En étant hébergées dans un environnement de recherche universitaire sécurisé, les FAC pourraient plus facilement partager leurs besoins et concentrer leurs recherches sur leurs priorités technologiques. De leur côté, les universités fournissent l'expertise et l'accès à l'infrastructure nécessaires pour faire progresser la technologie avec l'industrie. L'industrie peut ensuite commercialiser et déployer ses innovations, produisant ainsi de l'équipement et des solutions qui soutiennent le Canada et ses alliés. 

À l’Université de l’Alberta, nous pouvons le constater à travers la Accélérateur d'innovation de défense pour l'Atlantique Nord (DIANA) network — un réseau transatlantique réunissant les meilleurs et les plus brillants chercheurs, startups et entreprises technologiques de pays alliés sous la bannière de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). En tant que l’un des deux accélérateurs au Canada, ce type de colocalisation permet aux innovateurs d'évaluer et d'affiner leurs technologies dans un environnement qui les relie à l'expertise, à l'infrastructure et aux partenariats existants de l'université.

Les alliés, dont les États-Unis, l'Australie, l'Allemagne et la Suède, disposent d'écosystèmes de recherche intégrés et bien financés en matière de défense et de recherche à double usage, intégrés dans des environnements universitaires sécurisés. Ces modèles illustrent comment des institutions comme Université d'Adélaïde (Australie) KU Leuven et Vrije Universiteit Brussel La Belgique peut être mobilisée pour soutenir la recherche souveraine à double usage. Les universités canadiennes possèdent l'expertise nécessaire pour faire de même, mais la mise en place d'un écosystème universitaire de recherche en matière de défense et de double usage nécessitera des investissements stratégiques.

En soutenant directement la recherche sécuritaire axée sur la défense, les établissements postsecondaires peuvent collaborer plus efficacement avec le secteur canadien de la défense pour contribuer à des solutions technologiques avec l'urgence requise. Le développement de ces solutions contribuera à protéger l'équipement et les données essentiels, les militaires qui servent partout dans le monde au sein des Forces armées canadiennes, ainsi que les Canadiens et le Canada lui-même.

Actuellement, le Canada consacre les trois quarts de son budget d'investissement en matière de défense aux États-Unis. Bien qu'il n'existe pas de solution unique pour surmonter des décennies de dépendance aux technologies étrangères, le Canada peut progresser rapidement en tirant parti de ressources existantes essentielles et fiables, comme les universités. 

De nombreuses universités canadiennes entretiennent déjà des partenariats solides et de confiance avec l'industrie et le secteur de la défense. Elles sont donc bien placées pour réunir des collaborateurs dans le cadre de sprints d'innovation et de collaborations axées sur des missions spécifiques, produisant ainsi des solutions à la vitesse exigée par le contexte géopolitique complexe actuel.

Nous savons également que les étudiants d'aujourd'hui constituent la main-d'œuvre qui alimentera ces industries. Les universités sont essentielles pour que le Canada dispose de la main-d'œuvre nécessaire pour répondre à ces besoins accélérés, notamment en matière de compétences et de connaissances spécialisées. Mais les établissements d'enseignement postsecondaire canadiens sont également au cœur de l'écosystème de la recherche et de l'innovation. Nous savons aussi que les universités, comme l'Université de l'Alberta, offrent désormais à leurs étudiants et à leurs chercheurs divers programmes, services et ressources pour favoriser l'entrepreneuriat à toutes les étapes. Au sein d'un système colocalisé, ce réseau de soutien peut générer des technologies, des produits, des entreprises en démarrage et des idées qui développeront notre industrie. Ainsi, centrer la recherche et l'innovation en matière de défense dans un environnement postsecondaire permettra non seulement de respecter les obligations du Canada envers l'OTAN, mais aussi de jeter les bases pour assurer la sécurité, la compétitivité et l'influence mondiale du Canada dans un monde en rapide évolution.

En savoir plus sur l'auteur(s)

Aminah Robinson Fayek, Ph. D.

Université de l'Alberta

Vice-président (Recherche)