Accroître la résilience en temps de crise : Construire une communauté en fuite

Publié le: avril 2020Catégories: Réponse à la COVID-19, Éditoriaux, Impacts sociauxMots clés:

Auteurs):

Milton J. Friesen

Villes sociales à Cardus

Directrice de programme

M Friesen

Est-il possible qu'une pandémie mondiale puisse approfondir nos liens locaux et même renforcer nos communautés ? Il semble y avoir beaucoup de discussions sur cette possibilité. Une pandémie peut toucher tous les pays, mais comme pour presque tous les aspects de notre vie, les effets quotidiens qui nous entourent immédiatement sont primaires et profondément significatifs.

Nous réagissons activement en tant que communautés locales, et les limites des déplacements, les appels à la distanciation sociale (physique) et l'annulation de bon nombre de nos points de collecte communs nous obligent à faire le point sur ce dont nous disposons à proximité. Quelle quantité de ce dont vous avez besoin est accessible à pied ? Courte distance en voiture ? Ou peut-être, en cas d'auto-quarantaine, à distance de vos pieds chaussés ?

Les catastrophes locales telles que les inondations, les incendies et les tornades ont souvent laissé derrière elles des communautés locales à la fois profondément endommagées mais aussi plus coopératives, conscientes les unes des autres et résilientes. Nous vivons bien plus qu'une inondation locale ou un événement météorologique alors que des états d'urgence sont annoncés.

La capacité de se remettre d'un choc et de s'adapter est un facteur de la résilience de nos systèmes sociaux avant la crise, y compris la force des groupes communautaires locaux qui servent de nombreuses activités de groupe formelles et informelles. Nous savons, grâce à des études sur des systèmes adaptatifs complexes, que certains aspects de la résilience peuvent se développer à mesure que les individus et les groupes réagissent à une crise.

Nous ne sommes pas impuissants.

Le pouvoir des gouvernements et des grandes entreprises comme les ligues sportives signifie qu'ils peuvent annuler, suspendre et limiter diverses fonctions et activités. Dans une crise menant au chaos et au désordre, une forte intervention descendante peut apporter un sentiment d'ordre immédiat. Cette même approche descendante peut devenir un désastre en soi si les directives nécessaires ne sont pas soigneusement intégrées aux personnes et aux organisations locales. Cela deviendra particulièrement important si la crise se prolonge sur une longue période.

Nous avons besoin de gammes de réponses au niveau de la rue et de la communauté. Nous avons besoin des sensibilités des organismes de bienfaisance, des lieux de culte, des clubs de quartier, des cercles de loisirs et de nos voisins au niveau de la rue. Les gouvernements et les entreprises ne peuvent tout simplement pas obtenir ce niveau d'ajustement.

Nos réponses peuvent modifier l'équilibre de manière à renforcer les communautés locales. Le Canada ne peut pas organiser de référendum sur l'opportunité de suspendre les voyages internationaux et sur la manière dont nous devrions orienter nos ressources médicales limitées. Notre participation, cependant, est vitale en tant que citoyens - nous avons besoin que les communautés locales, les rues et les voisins coopèrent.

Cette coopération peut être aussi simple que de choisir de limiter nos propres mouvements, de s'auto-mettre en quarantaine, non seulement pour notre bénéfice, mais comme un moyen de prendre soin des autres. Nos habitudes modifiées pourraient servir certains aspects d'un bien commun. Une crise peut nous pousser à franchir les barrières sociales habituelles pour nous inciter à veiller les uns sur les autres, à partager ce que nous avons ou à surveiller ceux qui ont besoin de soins supplémentaires, même par téléphone ou par e-mail.

Les actions des organisations à grande échelle sont vitales. S'ils fonctionnent bien, en opérant avec transparence, avec le bien commun à l'esprit, notre confiance en eux augmentera. Cela renforcera notre capital social institutionnel - un stock qui sera nécessaire au-delà de la crise. Si la cupidité et le pouvoir sont les principaux moteurs, nous nous en souviendrons longtemps après la crise.

L'une des garanties contre l'abus de pouvoir se situe entre le très grand et le très local - les espaces institutionnels des petites entreprises, des organisations communautaires et des organisations caritatives. Imagine Canada a souligné la nature essentielle de ces organisations dans une récente lettre au gouvernement du Canada. Nous aurons besoin de ces organisations de la société civile en tant qu'intermédiaires qui fonctionnent dans les deux sens, plaidant vers le haut là où c'est nécessaire et servant au sein de nos communautés là où les efforts individuels ne suffisent pas.

Cette pandémie a apporté et apportera de la souffrance. Mais nous pouvons activement espérer, combler les lacunes et soutenir ceux qui nous entourent, surtout s'ils risquent de passer entre les mailles du filet. La véritable résilience provient de réponses coordonnées à tous les niveaux afin que les capacités uniques de chacun - du gouvernement à vous et moi - soient en mesure de répondre aux demandes croissantes auxquelles nous sommes confrontés.