Repenser la recherche en matière de défense pour permettre la mission de défense moderne
Auteur:
Matt McTaggart

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.
Le Canada a une longue tradition de sous-estimation de la défense par rapport à d'autres priorités nationales. Lorsque le sénateur Dandurand décrivait notre pays comme « une maison à l'épreuve du feu, loin des sources de conflagration » en 1927, il suggérait qu'il était juste et naturel que les Canadiens choisissent de payer le moins cher possible pour assurer notre souveraineté nationale. Près d'un siècle plus tard, comment nos mentalités ont-elles évolué ? Parmi les dix premières économies mondiales, le Canada possède le plus petit corps militaire actif, tant en chiffres absolus (56 % de moins que le Royaume-Uni, qui occupe la neuvième place) qu'en fonction du PIB (chaque membre des Forces armées canadiennes défendant en principe environ 50 millions de dollars de productivité canadienne). Même au plus fort de la guerre en Afghanistan, avec le plus grand déploiement de forces de mémoire récente, à peine 0.2 % des Canadiens servaient dans la Force régulière – une proportion rendue encore moins visible par sa concentration sur des bases situées dans des villes et villages plus petits.lien]Compte tenu de notre aliénation généralisée et de longue date vis-à-vis des forces armées, il n’est pas surprenant que la plupart des Canadiens ne connaissent pas le travail réel que notre équipe de défense accomplit au pays et dans le monde.
J’encouragerais les non-initiés à mettre de côté l’image militaire hollywoodienne et à imaginer plutôt une petite ville, avec tous ses besoins et ses défis, amplifiés par le fait que son principal secteur industriel doit pouvoir relocaliser ses activités. rapidement et dans son intégralité – En zone hostile, tous les besoins humains fondamentaux (nourriture, eau, vêtements, abri et soins de santé) sont assurés. De plus, des systèmes robustes d'approvisionnement en électricité, de communication, de transport, de logistique, d'ingénierie, de finance, de sécurité physique et numérique, de protection de l'environnement, etc., sont indispensables à l'établissement d'une base. Les opérations sollicitent encore davantage ces systèmes, sans même parler des exigences spécifiques des combats terrestres, maritimes et aériens. Si l'aspect spectaculaire des opérations militaires occupe une place prépondérante dans notre imaginaire, il occulte l'immense travail et l'ingéniosité déployés en coulisses.
De même, nos hypothèses concernant les priorités de la recherche en matière de défense ont tendance à surestimer l'importance des armes et des plateformes d'armement, tout en oubliant des défis militaires apparemment anodins, mais pourtant essentiels. Les opérations dans le Nord évoluent avec l'ouverture des voies maritimes et la dégradation des routes de glace ; la recherche en climatologie et en génie civil fait donc partie de la recherche en matière de défense. Des communications sans fil sécurisées sont indispensables à la transmission d'informations sensibles et à une navigation fiable ; la recherche sur les signaux, l'apprentissage automatique et l'informatique quantique fait donc partie de la recherche en matière de défense. Les traumatismes crâniens liés aux explosions ont des effets durables sur la santé des militaires en service et des anciens combattants ; la recherche sur le cerveau et la santé mentale fait donc partie de la recherche en matière de défense. Les maladies infectieuses ont déterminé l'issue de plus de campagnes militaires que la stratégie ou la technologie ; la recherche en médecine préventive et en santé publique fait donc partie de la recherche en matière de défense. Le harcèlement et les agressions sexuelles, souvent insuffisamment étudiés et impunis, ont érodé la confiance et la camaraderie au sein des forces armées ; la recherche en justice pénale fait donc partie de la recherche en matière de défense. Le port du voile et de la barbe, obligatoire pour les motifs religieux, exige une approche réfléchie en matière d'équipements de protection balistique et chimique ; la recherche sur l'inclusion et les facteurs humains fait donc partie de la recherche en matière de défense. Il suffit de dire qu'un éventail plus large de technologies et de connaissances est essentiel à la préparation opérationnelle qu'on ne le croit généralement, et ce dans des secteurs dont les avantages directs profitent à tous les Canadiens, et pas seulement aux combattants.
Si l'on s'attend à ce que la recherche canadienne en matière de défense réponde aujourd'hui à un si large éventail de besoins opérationnels, même avec nos dépenses de défense relativement modestes (33.8 milliards de dollars, soit 1/39 % du PIB pour l'exercice 24-25), que pouvons-nous imaginer de plus lorsqu'elles atteindront 2 %, soit 57.8 milliards de dollars pour l'exercice 29-30 (ministère de la Défense nationale, MDN) ou 81.9 milliards de dollars pour l'exercice 32-33 (Bureau du budget du Parlement, BDP) ?lien] Ou 5 % du PIB – soit une augmentation absolue de 4 à 6 fois nos dépenses actuelles ? Cela représente un changement fondamental dans la façon dont le financement fédéral est alloué et distribué pour répondre aux priorités nationales du Canada et ne peut donc pas se résumer à faire plus de la même chose. Nous pouvons et devons faire preuve de plus d’imagination pour saisir l’élargissement des possibilités qu’offre une telle réorganisation profonde des ressources de la défense. La dépendance excessive à l’égard de l’innovation et des bases industrielles étrangères pour subvenir aux besoins des Canadiens en temps de crise constitue une grave vulnérabilité qui peut maintenant être corrigée grâce à des investissements de la défense dans l’éducation et la formation de pointe, afin de développer de solides capacités technologiques, manufacturières et logistiques. Les capacités de recherche et les programmes de formation offerts par nos universités et collèges constituent un avantage stratégique existant que la défense peut exploiter pour améliorer des processus allant de l’approvisionnement en matériel à la planification d’urgence, en passant par le recrutement. L’investissement national dans les infrastructures essentielles de communications, de services publics et de matériel peut nous permettre de reprendre le contrôle des décisions sur les réseaux que nous avons laissés être vendus et externalisés. Faire du MDN/FAC un client important et fiable peut permettre aux entreprises du secteur privé de relever des défis plus importants dans des domaines à coûts et à rendements élevés, notamment l'espace, le développement de médicaments et l'informatique.
En nous joignant à nos contemporains et en consacrant de 15 à 20 % de nos dépenses de défense à la recherche et au développement d’ici dix ans, selon un programme basé sur 5 % du PIB, nous investissons chaque année dans la recherche l’équivalent de la totalité de nos budgets récents pour le MDN. Un soutien institutionnel concomitant, ainsi qu’un accroissement substantiel de l’expertise scientifique au sein de la fonction publique, seront nécessaires pour l’allocation et la distribution responsables d’un tel montant de fonds publics. Chaque pays a son histoire et son contexte politique propres; aussi, bien que nous puissions et devions nous inspirer d’autres nations, le Canada devra élaborer sa propre solution, respectueuse de ses multiples souverainetés, lois et traditions. Je suis enthousiaste à l’idée de voir se mettre en place un cercle vertueux entre les milieux universitaires, l’industrie et les partenaires de l’Équipe de défense du Canada.
Le changement radical opéré par le Canada en matière de défense témoigne de la proximité que nous soupçonnons avec les sources de conflit et de la confiance que nous accordons à notre capacité à résister à l’inflammabilité. Cette réorientation des dépenses consacrées à la sécurité et à la défense du Canada devrait permettre d’établir un pays plus sûr et plus apte à se défendre. Un écosystème national robuste de recherche et d’innovation, tant universitaire qu’industrielle, les possibilités de formation et de perfectionnement qu’il offre, les technologies et les industries qu’il développe, ainsi que les nombreux avantages publics qu’il génère, ont toujours été au cœur de la défense. Consacrer des investissements proportionnels aux avantages que les Canadiens sont en droit d’attendre de la recherche et de l’innovation en matière de défense s’avérera un facteur clé de la réussite de la mission de défense moderne.
En savoir plus sur l'auteur(s)
Matt McTaggart
Collège militaire royal du Canada, Kingston (Ontario)

