Science et agriculture durable

une banderole avec le titre "Science et agriculture durable" avec une photo d'un champ de blé et la tête d'un homme blanc

Auteurs):

Jason Lenz

Table ronde canadienne pour des cultures durables

Président

La durabilité de l'agriculture au Canada a récemment acquis une plus grande visibilité dans l'espace public. Les agriculteurs entendent leurs clients, les gouvernements et le public canadien s'attendre à ce que les agriculteurs prennent soin de la terre, de l'eau, de la biodiversité et, surtout, contribuent aux objectifs de réduction des gaz à effet de serre.  

L'agriculture est complexe et repose sur les connaissances et l'expérience de chacun des 200,000 XNUMX exploitants agricoles à travers le pays. Les variations du sol, de la topographie, du climat et des types d'exploitations agricoles à travers le pays signifient que les agriculteurs sont les mieux placés pour décider des pratiques qui conviendront à leur situation. L'intérêt accru des parties prenantes pour la durabilité de l'agriculture a conduit à la promotion d'un certain nombre d'approches simplistes pour réduire les émissions de GES dans les exploitations agricoles et améliorer la santé des sols. Une taille unique ne convient certainement pas à tous, et les pratiques agricoles appliquées au mauvais endroit peuvent être contre-productives pour les résultats de durabilité environnementale et économique. Ce sera un défi pour les agriculteurs si leurs clients exigent des pratiques de production qui ne sont pas viables pour leur ferme.

L'expérience a montré que la recherche scientifique régionale est la base du développement de produits et de pratiques qui peuvent mieux répondre aux variations d'une ferme à l'autre. Les organisations agricoles investissent chaque année une quantité importante d'argent des agriculteurs dans la recherche qui contribuent toutes à des résultats de durabilité, tels que le développement de variétés de cultures pour gérer les maladies, les ravageurs et la variabilité climatique, l'amélioration de la conversion des aliments pour le bétail et la volaille et les pratiques agronomiques qui tirent le meilleur parti de intrants de culture. Cet investissement, ainsi que le travail des chercheurs du gouvernement, des universités et des entreprises privées, continueront d'être le meilleur moyen de fournir des solutions efficaces à tous les défis auxquels les agriculteurs sont confrontés, notamment le changement climatique et la nécessité de faire plus avec moins. 

Avec un intérêt croissant pour la durabilité, la capacité de mesurer efficacement les résultats des pratiques agricoles est primordiale. Agriculture et Agroalimentaire Canada calcule des indicateurs agroenvironnementaux agrégés depuis 1981. Bien qu'il y ait certaines limites à leur utilisation, ces indicateurs placent l'agriculture canadienne dans une position enviable, car nous pouvons identifier nos forces et nos faiblesses pour nous aider à déterminer où nous en sommes. peut se concentrer sur l'amélioration continue. La Table ronde canadienne pour des cultures durables (CRSC) complète ce travail par des mesures et des rapports spécifiques aux grains qui nous permettent de suivre nos progrès. D'autres organisations agricoles font de même, et nous avons au Canada des informations très crédibles et à jour, par exemple, sur l'intensité des GES (émissions de GES par unité de produit) de nombreux produits agricoles.  

Ces résultats agrégés sont utiles pour répondre aux intérêts des parties prenantes, mais il existe un intérêt croissant pour la performance des exploitations agricoles individuelles, grâce à la documentation des pratiques et/ou des résultats tels que les émissions de GES. Le potentiel de collecte et d'utilisation de l'information électronique reçoit beaucoup d'attention. Pour que l'investissement de l'agriculteur en temps et en argent vaille la peine, l'agriculteur doit être le principal bénéficiaire et cette information doit être utilisée comme un outil pour aider à gérer l'exploitation. Bien que nous ayons constaté que les producteurs de céréales sont en général très à l'aise avec les rapports agrégés, il y a certainement des préoccupations quant à la déclaration et au partage des données individuelles sur la ferme en ce qui concerne la confidentialité, la propriété et l'utilisation à laquelle ces informations pourraient être placées. Nous nous attendons à ce que l'accent soit mis davantage sur les méthodes de collecte de données individuelles à la ferme et sur l'utilisation de ces données au cours des prochaines années.

Les pressions externes sur les agriculteurs qui adoptent des pratiques agricoles durables sont peut-être plus récentes, mais les agriculteurs eux-mêmes s'intéressent depuis bien plus longtemps à la durabilité. En tant qu'agriculteur, je sais que mon gagne-pain dépend de sols sains et d'eau et d'air purs, et que cela renforcera l'héritage d'une entreprise solide et viable pour mes enfants et leurs enfants. C'est dans notre intérêt à améliorer continuellement les pratiques : dans le passé, dans le présent et dans le futur. Il existe de nombreuses preuves que les agriculteurs ont fait exactement cela, même en l'absence de pression réglementaire ou de surveillance. De plus, les intrants que les agriculteurs utilisent, tels que le carburant, les engrais et les produits phytosanitaires, coûtent cher, de sorte qu'il existe une incitation intrinsèque à les utiliser avec parcimonie de la manière la plus efficace et la plus efficiente possible.

Au cours des deux dernières années, la CRSC a eu des conversations avec plus de six cents producteurs de céréales de toutes les provinces sur les pratiques qu'ils mettent en œuvre pour contribuer à la durabilité environnementale, à la responsabilité sociale et à la viabilité économique. Ils admettent qu'il y a toujours place à l'amélioration, mais ont indiqué qu'ils ont adopté de nombreuses pratiques fondées sur la science qui ont amélioré la norme de durabilité agricole au Canada. Le plus souvent cité est l'utilisation du travail du sol de conservation, qui a considérablement amélioré la santé des sols et en 2020 a éliminé 5.1 mégatonnes de CO2. Les agriculteurs canadiens ont mis en œuvre d'autres pratiques bénéfiques à grande échelle, comme l'ajout de légumineuses (lentilles, pois, haricots et soja) à leurs rotations de cultures. L'inclusion de légumineuses dans la rotation des cultures réduit le besoin d'ajout d'engrais azoté, car les légumineuses prennent l'azote de sa forme moléculaire dans l'atmosphère et le transforment en composés azotés dans le sol.

La lutte contre le changement climatique est un défi sans précédent. Le Canada possède de nombreux attributs qui peuvent nous positionner parmi les endroits les plus durables pour produire des aliments tout en continuant à contribuer fortement à la sécurité alimentaire mondiale. L'une de nos principales qualités est notre volonté d'investir dans la science et de travailler ensemble pour donner le meilleur de nous-mêmes.