Une approche concrète de l'EDI dans les STIM

Auteur:

Dr Shohini Ghose

Université Wilfrid Laurier

Professeur de physique et d'informatique

Institut des algorithmes quantiques

CTO

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.

La science n'a jamais été uniquement une question d'équations sur un tableau noir ou d'expériences en laboratoire. Elle a toujours été une affaire humaine : qui la finance, qui en bénéficie et qui en laisse pour compte. Alors que nous progressons à grands pas dans les domaines de l'intelligence artificielle, de l'édition génomique, de l'informatique quantique et des technologies vertes, la question n'est plus seulement de savoir ce que nous pouvons inventer, mais aussi comment inventer, pourquoi inventer et qui a le droit d'inventer.

Ces questions placent l'équité, la diversité et l'inclusion (EDI) dans les STIM au cœur des préoccupations, non pas comme de simples slogans, mais comme le fondement d'une science qui inspire confiance au public et génère des bénéfices pour la société. Soyons clairs : la participation et l'accès aux STIM sont un droit fondamental. L'article 27 de la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations Unies consacre le droit de participer à la vie culturelle de la communauté, y compris aux arts et aux sciences. La quête du savoir et la recherche des lois de l'univers constituent une entreprise humaine partagée et font partie intégrante de notre vie culturelle. Les lois de Newton s'appliquent universellement, sans distinction d'origine. Chaque personne a le droit de participer pleinement à la science et à l'innovation, indépendamment de son sexe, de son origine ethnique, de son handicap, de sa classe sociale ou de son lieu de résidence.

Une science qui exclut ou marginalise certaines personnes est non seulement injuste, mais aussi moins performante. Prenons l'exemple des systèmes d'IA qui identifient mal les personnes noires, des essais cliniques qui excluent les femmes et les minorités, ou encore des technologies vertes inaccessibles aux ménages à faibles revenus. Il ne s'agit pas de simples dysfonctionnements techniques, mais d'un manque d'imagination et d'inclusion. Si les mêmes stéréotypes et préjugés dominent les laboratoires, les conseils d'administration et les instances décisionnelles, il ne faut pas s'étonner que les résultats ne profitent pas à tous. Cependant, l'argument selon lequel l'EDI (Équité, Diversité et Inclusion) permet de faire de la meilleure science est dangereux. Il conduit souvent à justifier l'EDI non pas au nom des droits humains, mais au nom de la performance organisationnelle : « les équipes diversifiées sont plus innovantes », « les environnements de travail inclusifs stimulent la productivité », « l'équité améliore les résultats financiers ». Même lorsque ces affirmations sont étayées par des preuves, elles compromettent l'accès aux STIM en tant que droit fondamental. Le danger est que l'EDI dans les STIM devienne conditionnelle et ne soit adoptée que lorsqu'elle est rentable. Or, l'équité et l'inclusion ne sont pas des stratégies pour accroître les profits ou obtenir des brevets ; ce sont des questions de justice et de démocratie. L'EDI n'est ni conditionnelle, ni transactionnelle, ni négociable. La réduire à une simple analyse de rentabilité la vide de toute substance morale et risque de la faire abandonner lorsque les chiffres ne sont pas au rendez-vous. Une véritable inclusion dans les STIM doit permettre la possibilité d'échouer ou de se contenter de viser la réussite et l'excellence. De même que notre droit à la liberté ou à la vie privée ne dépend pas de nos performances professionnelles, notre droit de participer aux STIM ne saurait être subordonné à notre QI ou à notre productivité.

Il est important de reconnaître que, malgré notre droit de nous engager dans les STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), la diversité reste insuffisante au sein de la communauté STIM à travers le monde. Des décennies d'efforts bien intentionnés, tels que les programmes de mentorat, les ateliers de perfectionnement professionnel ou les formations au leadership pour les femmes et les groupes sous-représentés, n'ont pas permis d'instaurer un changement systémique. C'est décevant, mais pas surprenant. Ces mesures se concentrent principalement sur la prise en charge individuelle plutôt que sur la transformation du système. Elles laissent entendre que les femmes, les scientifiques racisés ou les chercheurs en situation de handicap ont simplement besoin de plus de confiance en eux, de meilleures compétences en réseautage ou de formations complémentaires. En réalité, le problème réside dans des structures biaisées : inégalités salariales, pratiques d'embauche discriminatoires, climats hostiles et systèmes d'évaluation qui dévalorisent le travail interdisciplinaire ou communautaire. Le mentorat peut aider les individus à s'orienter dans des environnements hostiles, mais il ne contribue guère à démanteler l'hostilité elle-même. Le perfectionnement professionnel améliore les CV, mais ne peut se substituer à des pratiques équitables en matière d'embauche, de rémunération et de promotion. Tant que les institutions ne changeront pas les règles du jeu, demander aux scientifiques marginalisés de redoubler d'efforts ne permettra pas d'instaurer la justice.

Comment passer des gestes symboliques et des aspirations à un véritable changement ? En nous appuyant sur des décennies de recherche et en créant un cadre fondé sur des données probantes. Au Centre Laurier pour les femmes en sciences, nous intégrons les recherches antérieures à nos propres données et conclusions afin d’élaborer une feuille de route concrète pour promouvoir l’EDI dans les STIM grâce à une approche axée sur la rémunération, l’embauche, l’action, la réactivité et la transformation (CHART).

  • Rémunération : Collaborer avec des experts qualifiés pour examiner les pratiques de rémunération et veiller à ce que les personnes issues de groupes sous-représentés soient rémunérées équitablement pour leur contribution. Une « consultation bénévole » symbolique ne fait qu’aggraver les inégalités.
  • Recrutement : La diversité commence par le recrutement. Revoyez vos pratiques d’embauche et de promotion et mettez en œuvre des procédures fondées sur des données probantes qui privilégient l’accès équitable, la transparence, la communication et les efforts de fidélisation.
  • Action : Les déclarations, accusés de réception et chartes en matière d’EDI ne suffisent pas ; les institutions doivent agir. Fixez-vous des objectifs, suivez et communiquez les progrès accomplis, allouez des ressources et mettez en place un système de responsabilisation pour garantir la mise en œuvre effective des cadres d’EDI, et non leur simple formalité.
  • Réactivité : Écouter, répondre et s’adapter. Si un programme de recherche n’atteint pas ses objectifs, si une technologie est nuisible ou si un milieu de travail n’est pas inclusif, il faut donner aux personnes en position de responsabilité les moyens d’y répondre efficacement.
  • Transformation : L’EDI exige un leadership fort pour faire évoluer la culture scientifique. De la redéfinition de la notion d’« excellence » au soutien de la pluralité des systèmes de connaissances, la transformation est l’objectif à long terme. Il convient donc d’élaborer des politiques, des stratégies et de constituer des équipes dirigeantes en conséquence.

Pour que les sciences, les technologies, l'ingénierie et les mathématiques (STEM) profitent à la société, il est essentiel que tous les citoyens aient accès à la culture scientifique. À une époque où la désinformation se propage plus vite que les données validées par les pairs et où les agendas politiques déforment régulièrement la science, la culture scientifique devient une nécessité démocratique. Elle permet aux communautés de poser de meilleures questions, d'exiger des comptes et de résister à la manipulation. La culture scientifique doit aller au-delà de la simple connaissance des faits et englober la compréhension de la méthode scientifique : comment les preuves sont produites, pourquoi l'incertitude existe et comment les connaissances scientifiques sont constamment mises à jour. Un public engagé et informé scientifiquement peut lutter contre la désinformation et participer pleinement à la construction d'une société démocratique.

Les militants écologistes ont transformé les débats énergétiques mondiaux. Les associations de patients ont remodelé la recherche biomédicale. Les détenteurs de savoirs autochtones ont fait progresser la gestion durable des terres et de l'eau. La science a besoin de la voix collective de la société. L'inclusion, la diversité et l'épanouissement sont essentiels pour y parvenir.