Un sprint de dix ans pour une politique agricole numérique : un moment crucial pour le secteur agroalimentaire canadien
Auteur:
Tyler McCann
Dan Lussier

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.
Le secteur agricole canadien traverse une décennie charnière. Les agriculteurs plus âgés prennent leur retraite, ce qui entraîne des regroupements d'exploitations et un transfert générationnel vers les jeunes producteurs. Parallèlement, de nombreuses technologies numériques facilement accessibles offrent le potentiel de révolutionner l'agriculture grâce à des pratiques commerciales améliorées qui renforcent la productivité, la résilience et la durabilité, tout en offrant une meilleure qualité de vie aux producteurs grâce à une réduction du stress physique et mental.
Malheureusement, les discussions au Canada sur l'agriculture numérique révèlent souvent un décalage entre les objectifs politiques, les aspirations en matière de technologies agricoles (agtech) et la réalité des exploitations agricoles. Il faut que cela change, car l'accélération du développement agricole agriculture numérique Il ne s’agit pas seulement de moderniser notre système alimentaire. Il s’agit de faire du secteur agroalimentaire canadien un atout national essentiel dans l’économie numérique mondiale en pleine évolution.
En effet, l’intensification des pressions externes, comme les incertitudes commerciales, la volatilité climatique et la hausse des coûts de production, fait de l’agriculture numérique une nécessité stratégique – et non pas seulement une option – pour maintenir la compétitivité et la résilience du secteur agroalimentaire canadien.
L'agriculture au XXIe siècle
L'agriculture numérique ne se limite pas aux technologies agricoles de précision, comme les capteurs de sol et les tracteurs guidés par satellite. Elle comprend également des logiciels de comptabilité et de ressources humaines, des caméras pour la surveillance du bétail, des machines de traite robotisées, etc. L'intelligence artificielle (IA) et l'apprentissage automatique sont de plus en plus intégrés aux outils agrotechnologiques pour aider les producteurs grâce à l'automatisation, à la détection précoce des maladies du bétail et des plantes, et à l'analyse avancée des données pour mieux comprendre les marchés des matières premières. Compte tenu du développement rapide de l'IA au cours de la dernière décennie, cette tendance ne fera que s'accélérer et s'étendre. A juin 2024 rapport Selon McKinsey & Company, le secteur agricole est sur le point de connaître des changements importants grâce à l'IA en raison de « ses volumes élevés de données non structurées, de sa dépendance importante à la main-d'œuvre, de sa logistique complexe de la chaîne d'approvisionnement et de ses longs cycles de recherche et développement (R&D) ».
Cependant, l'adoption de ces outils dans les exploitations agricoles canadiennes est inégale selon les régions et les exploitations, quelles que soient leur taille et leur type de production (voir le graphique ci-dessous). Les grandes exploitations céréalières et oléagineuses, les serres et l'industrie laitière sont en tête avec une forte adoption. En revanche, l'horticulture et les petites exploitations agricoles sont à la traîne, passant souvent à côté du potentiel des outils numériques et de l'IA, en partie parce que les technologies disponibles sur le marché pour les agriculteurs de ces sous-secteurs sont moins nombreuses.
Figure 1 : Taux d'adoption des technologies agricoles au Canada, en 2016 et 2021

Image de l'Institut canadien des politiques agroalimentaires. Sources : Enstroem, et al., 2023; Easher, et al., 2024
Cette adoption inégale des technologies agricoles engendre trois problèmes majeurs. Premièrement, certaines exploitations agricoles n'atteignent pas leur plein potentiel économique. Deuxièmement, les inégalités existantes au sein de la communauté agricole sont exacerbées. Troisièmement, la compétitivité mondiale des produits agricoles canadiens est réduite, d'autant plus que des pays comparables comme l'Australie, les Pays-Bas et Israël mettent en œuvre ces technologies. cadres complets d'agriculture numérique.
En revanche, l’approche du Canada en matière d’agriculture numérique a été largement fragmentaire, avec des initiatives provinciales non coordonnées et programmes fédéraux à court termeDe nombreux programmes actuels sont également trop complexes et inefficaces pour influencer les décisions d'adoption des technologies par les agriculteurs et le marché des technologies agricoles. À l'ère des restrictions budgétaires, une conception et une mise en œuvre efficaces des programmes sont cruciales.
L'adoption inégale des technologies agricoles pose également un défi aux entreprises canadiennes de technologie agricole. La commercialisation des innovations est difficile, en particulier dans des secteurs spécialisés comme l'agriculture. L'utilisation faible ou imprévisible des technologies émergentes freine le développement des entreprises en démarrage, ce qui aggrave les difficultés existantes, notamment le contexte difficile du capital-risque.
Sans une action politique concertée, le secteur agricole canadien risque de manquer une occasion cruciale d'accroître sa productivité et de contribuer davantage à la prospérité globale du pays. Financement agricole Canada (FAC) estimations Le secteur pourrait générer 30 milliards de dollars supplémentaires de revenus nets au cours de la prochaine décennie si la croissance annuelle de la productivité revient à 2 %, comme c’était le cas entre 1991 et 2010. Pour exploiter ce potentiel, la collaboration sera essentielle, de même que de nouvelles politiques publiques audacieuses qui inciteront les intervenants de l’agriculture canadienne, y compris les agriculteurs, à investir davantage dans les outils et technologies numériques.
Faire de l'adoption des outils d'agriculture numérique une priorité
Un rapport récent, L'avenir est numérique : l'agriculture numérique et la politique agricole canadienne, Publiée par nos deux organisations, CAPI et EMILI, cette étude explore le rôle de l'agriculture numérique dans le renforcement de l'agriculture canadienne en accélérant la transformation numérique du secteur. Cette recherche vise non seulement à comprendre pourquoi l'adoption des technologies à la ferme accuse un retard par rapport à celle des pays comparables et d'autres secteurs économiques, mais propose également des mesures concrètes pour stimuler la numérisation du secteur agroalimentaire au cours de la prochaine décennie.
L'une des raisons de ce retard est que l'incitation à l'adoption d'outils numériques à la ferme n'est pas un objectif central du Partenariat canadien pour l'agriculture durable (PACD) 2023-2028. Les programmes découlant du cadre stratégique du PACD constituent l'épine dorsale du financement gouvernemental du secteur agricole, tant au niveau fédéral que provincial. Les défis en matière d'infrastructure et l'incertitude réglementaire peuvent freiner davantage l'adoption des technologies à la ferme. Malgré des investissements importants, la connectivité Internet dans les zones rurales pose encore des défis considérables, tandis que l'incertitude quant à la confidentialité et à la propriété des données réduit la confiance des agriculteurs dans les outils numériques.
Il est également crucial de reconnaître que l'agriculture numérique n'est pas une solution universelle et que la résistance perçue des agriculteurs découle souvent de préoccupations légitimes. Les producteurs sont des chefs d'entreprise stratégiques qui concilient besoins à court terme et objectifs à long terme, gèrent les pressions externes tout en s'efforçant de préserver leurs moyens de subsistance. Adopter l'agriculture numérique est l'une des nombreuses décisions complexes auxquelles ils sont confrontés.
Nous croyons que la technologie numérique est un outil essentiel pour renforcer le secteur agroalimentaire canadien et que les gouvernements fédéral et provinciaux doivent prendre des mesures décisives dès maintenant pour faire de l’agriculture numérique une priorité stratégique nationale.
Premièrement, le soutien à l'adoption des technologies agricoles numériques doit être un pilier essentiel du prochain accord-cadre stratégique fédéral-provincial-territorial (FPT). Parallèlement, les gouvernements FPT devraient élaborer un plan d'action décennal pour l'agriculture numérique afin de mettre en œuvre des réponses politiques stratégiques à plus long terme.
Deuxièmement, compte tenu des nombreux risques auxquels ils sont confrontés, les agriculteurs se méfient des technologies non éprouvées, et les entreprises agrotechnologiques méconnaissent souvent les réalités agricoles. Les gouvernements devraient financer et faciliter la création de pôles agricoles numériques régionaux afin de répondre à ces enjeux et de faciliter la collaboration entre les agriculteurs, les entreprises agrotechnologiques et les autres parties prenantes afin de développer et d'adopter des outils agricoles numériques adaptés aux besoins spécifiques des régions.
Troisièmement, les agriculteurs ont besoin de données issues de démonstrations technologiques à une échelle adaptée à leurs propres opérations, et pas seulement de parcelles d'essai expérimentales. Les gouvernements et les entreprises technologiques devraient collaborer pour rémunérer les producteurs qui testent à grande échelle des technologies matures, en visant plus de 5,000 2030 acres de terres seront consacrées aux essais de technologies commerciales d'ici XNUMX. Cela s'appuierait sur les succès existants, comme celui d'EMILI. Fermes d'innovation et Ferme intelligente d'Ottawa de Area X.O mais il faut aller plus loin pour offrir l’étendue et la profondeur des tests et de la validation technologiques que recherchent les agriculteurs.
Quatrièmement, le gouvernement fédéral devrait favoriser le développement de marchés exploitant les données agricoles pour offrir une valeur tangible aux agriculteurs, comme des prix plus élevés pour la traçabilité sur les marchés d'exportation. Si les agriculteurs peuvent générer des données précieuses grâce aux outils numériques, il est difficile d'en identifier les avantages directs. Système néerlandais FarmTrace montre comment les producteurs de fruits et légumes néerlandais peuvent obtenir des prix plus élevés en prouvant que leurs produits sont sans pesticides à l'aide de données agricoles.
Enfin, le gouvernement fédéral doit mettre en œuvre une stratégie nationale globale en matière de données afin de faciliter l'intégration des outils agrotechnologiques à l'économie numérique. Les plateformes propriétaires peuvent engendrer un verrouillage, susciter des inquiétudes en matière de confidentialité et limiter l'interopérabilité. Une stratégie nationale en matière de données, assortie de lignes directrices solides en matière de propriété, de confidentialité, de sécurité et d'interopérabilité des données, peut contribuer à relever ces défis.
Ces cinq mesures représentent des choix audacieux que le Canada pourrait faire pour renforcer son secteur agroalimentaire en s'appuyant sur les leviers de l'agriculture numérique, un secteur stratégique clé de l'économie et un élément essentiel de l'identité nationale du Canada, en particulier dans les collectivités rurales. Il n'y a pas de temps à perdre.
En savoir plus sur l'auteur(s)
Tyler McCann
Institut canadien des politiques agroalimentaires
Directeur Délégué
Dan Lussier
Initiative d'apprentissage en intelligence artificielle pour entreprises (EMILI)
Directeur, Données agroalimentaires

