Tirer parti des dépenses de défense pour renforcer la recherche et le développement du Canada
Auteur:
Elisabeta Lika
Marc Fortin

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.
Les récents événements mondiaux ont démontré la nature multidimensionnelle des guerres modernes, où les conflits sont de plus en plus complexes et façonnés par une variété de facteurs politiques, sociaux, technologiques et transnationaux interconnectés. Ces événements ont montré que les systèmes alimentaires ne sont plus seulement une préoccupation agricole ou économique, mais qu'ils sont au cœur de la sécurité et de la souveraineté nationales. militarisation des exportations alimentaires La guerre froide est devenue une réalité ces dernières années, avec les blocus, la destruction des infrastructures agricoles, l'imposition de barrières commerciales et la réorientation des expéditions de produits agricoles utilisés à des fins politiques. Outre l'utilisation du contrôle des chaînes d'approvisionnement comme outil de coercition, ces tactiques sont devenues un instrument d'influence sur des régions entières.
Les matières premières agricoles ont longtemps été utilisées comme instruments d'influence dans le commerce mondial. Aujourd'hui, la perturbation intentionnelle des chaînes d'approvisionnement alimentaire est devenue une forme particulière de coercition géopolitique. Par exemple, l'interruption des exportations de céréales de l'Ukraine a provoqué des pénuries mondiales et des flambées de prix, affectant des marchés bien au-delà de la zone de conflit. Tandis que le Canada produit environ 70 % de la nourriture qu'il consommeLe Canada dépend également des importations pour près des deux tiers de ses fruits et légumes et la moitié de ses produits transformés. Cela signifie que les perturbations mondiales des chaînes d'approvisionnement mondiales, en particulier dans les catégories où les importations comblent des lacunes critiques, peuvent entraîner des prix plus élevés et une réduction des choix à la caisse, ce qui affecte directement la vie quotidienne des consommateurs canadiens. Les épisodes de perturbation de l'approvisionnement alimentaire et d'instabilité prolongée dans plusieurs régions illustrent encore davantage l'impact des perturbations dans un domaine où le Canada opère à la fois comme exportateur et importateur.
La leçon n'a pas échappé aux grandes puissances. Les États-Unis ont redéfini l'agriculture comme un pilier essentiel de la sécurité nationale, les récentes stratégies des ministères de l'Agriculture et de la Défense affirmant que « la sécurité agricole est une sécurité nationale”, plaçant les systèmes alimentaires aux côtés des infrastructures énergétiques et cybernétiques comme éléments clés de la résilience nationale. L'approche de la Chine est encore plus explicite. Son nouveau Loi sur la sécurité alimentaire mandats «autosuffisance absolue« dans les cultures de base, établit des réserves stratégiques comme instruments de souveraineté et positionne le développement des technologies agricoles comme un levier de défense nationale. L'Union européenne, pour sa part, continue d'allouer près d'un tiers de son budget à la politique agricole commune, favorisant l'autosuffisance. Plus précisément, sa stratégie « De la ferme à la fourchette » a élevé les normes alimentaires au rang de priorité. outil d'influence réglementaire mondialeDans chaque cas, la nourriture n’est pas traitée comme une considération secondaire mais comme un atout stratégique.
En revanche, l'approche canadienne est restée plus fragmentée, la politique sur les systèmes alimentaires et les investissements en matière de sécurité nationale étant souvent élaborés en parallèle. Cette différence d'approche est particulièrement notable à un moment où les défis auxquels sont confrontés les systèmes alimentaires canadiens se sont aggravés.
Le gouvernement fédéral a récemment pris des mesures pour mettre en place son programme national d’alimentation scolaire. permanent, avec un engagement à fournir des repas à un maximum de 400 000 enfants et un financement permanent de 216.6 millions de dollars par an à compter de 2029. Malgré ces progrès, la prévalence de l'insécurité alimentaire demeure élevée et a considérablement augmenté. En 2024, 25.5 % des Canadiens, dont 2.5 millions d'enfants, vivaient dans des conditions de sécurité alimentaire.ménages précaires, le taux le plus élevé enregistré depuis une décennie. L'inflation des prix des produits d'épicerie reste élevée à 2.7 % à l'échelle nationale, le deuxième plus élevé parmi les pays du G7. Les visites aux banques alimentaires ont atteint des niveaux records, avec plus de 2 millions de visites en mars 2024, un Augmentation de 90% par rapport à mars 2019. Réunions récentes du G7 n'a pas placé La politique agroalimentaire figure en bonne place à l'ordre du jour et l'investissement public canadien dans la recherche et le développement (R&D) agricoles se classe le plus bas parmi les sept premiers pays de l’OCDE.
Au cours de la dernière décennie, les investissements publics dans la recherche et le développement agricoles au Canada a décliné de manière significative, chute de 0.86 milliard en 2013 à 0.68 milliard en 2022. Investissement du secteur privé n'a pas compensé, restant modeste et étroitement ciblé. Politique alimentaire pour le Canada 2019, tout en promouvant les objectifs de consommation et de durabilité, n'a pas considéré l'agriculture comme une question de sécurité nationale. Le Canada s'est ainsi retrouvé avec une base d'innovation affaiblie à un moment où d'autres grandes puissances placent les systèmes alimentaires au cœur de leurs stratégies de souveraineté.
Il est essentiel d'harmoniser les investissements, la recherche et les politiques dans les domaines de la sécurité nationale et du système alimentaire afin de combler ces lacunes grâce à une stratégie intégrée et prospective. Les priorités en matière de R-D devraient refléter non seulement la sécurité traditionnelle, mais aussi la résilience communautaire au sens large. Historiquement, la recherche axée sur la défense a produit des technologies présentant des avantages civils majeurs, comme le GPS, Internet et l'imagerie satellitaire. Une approche tout aussi vaste dans le domaine alimentaire pourrait englober des innovations ambitieuses en cours de développement, comme l'agriculture verticale avancée, la traçabilité des systèmes alimentaires de nouvelle génération grâce à la chaîne de blocs et à l'IA, l'agriculture cellulaire et les technologies de culture et d'élevage adaptatives au climat. Ces exemples illustrent comment l'adoption d'une définition plus large de la sécurité et de ce qui constitue une infrastructure essentielle permet au Canada d'atténuer les risques tout en tirant parti de nouvelles possibilités en matière de résilience du système alimentaire.
Singapour Plans de recherche, d'innovation et d'entreprise (RIE) intégrer la science et la technologie dans un «Cadre de « défense totale », reliant des agences comme Laboratoires nationaux DSO et UNE ÉTOILE avec des priorités en matière de résilience alimentaire et de biosécurité. L'ambitieux Objectif 30 par 30 L'objectif de Singapour de produire 30 % de ses besoins nutritionnels sur son territoire d'ici 2030 démontre comment des investissements publics coordonnés et soutenus, ainsi qu'une collaboration interministérielle, permettent des retombées d'innovation intentionnelles et systémiques. Le modèle de R&D à double usage de Singapour confirme comment des objectifs nationaux clairs, une cohérence institutionnelle et des infrastructures partagées peuvent transformer des vulnérabilités complexes en sources de résilience.
L'approche de Singapour souligne comment une conception intentionnelle crée un avantage systémique. À partir de là, plusieurs leçons plus générales s'appliquent au Canada. La R-D en matière de défense et de sécurité nationale offre une valeur maximale lorsqu'elle est alignée sur la mission des secteurs critiques, notamment l'agroalimentaire. Elle est optimale lorsqu'elle constitue des équipes intersectorielles et des consortiums publics qui permettent le transfert de connaissances et la mise en place de solutions systémiques. Enfin, cela nécessite une évaluation des résultats dans l'ensemble du système d'innovation, et pas seulement dans le secteur de la défense. Ces mesures reconnaissent que les répercussions peuvent être accélérées par la conception des programmes ou des politiques.
Le Canada peut renforcer son cadre d’innovation et de sécurité alimentaire en élargissant ses programmes d’innovation en matière de défense dans une optique agroalimentaire. IDÉES (Innovation pour l'excellence et la sécurité de la défense) incluant la sécurité de la chaîne d'approvisionnement, la logistique et la production durable améliorerait la préparation aux événements de crise. La participation à L'accélérateur DIANA de l'OTAN peut être façonné pour soutenir les technologies alimentaires à double usage qui améliorent à la fois la préparation à la défense et la résilience nationale.
Dans un monde où l'alimentation est de plus en plus utilisée à la fois comme outil d'influence et comme cible potentielle dans les rivalités géopolitiques mondiales, l'intégration de l'agriculture au programme de recherche et développement en matière de sécurité nationale et de défense du Canada est fondamentale pour protéger la souveraineté et renforcer la résilience systémique. L'omettre reviendrait à ignorer les systèmes alimentaires, infrastructures essentielles à la stabilité à long terme.
En savoir plus sur l'auteur(s)
Elisabeta Lika
Institut canadien des politiques agroalimentaires
Associé de recherche
Marc Fortin
École de politiques publiques Max Bell, Université McGill
Professeur de pratique à l'Institut Trottier pour la science et la politique

