Piste inconnue
Résumé:
Le Canada fait face à des défis persistants : faible productivité, contraintes budgétaires gouvernementales et une économie mondiale en pleine mutation. Alors que les gouvernements cherchent à consolider les fondements économiques du pays, une occasion unique se présente de mieux tirer parti de la recherche universitaire afin de transformer les découvertes en solutions concrètes qui stimulent la croissance des entreprises canadiennes. Nos panélistes discuteront des facteurs de réussite de la commercialisation de la recherche et de la façon dont le Canada peut relever les défis à l’innovation. Ce contexte souligne la nécessité de convertir l’expertise universitaire en avantage concurrentiel, aidant ainsi les entreprises locales à prendre de l’ampleur, à protéger leur propriété intellectuelle et à renforcer leur résilience économique face à l’incertitude mondiale.
Résumé des conversations
Le panel a examiné le paradoxe persistant selon lequel le Canada excelle dans la formation de chercheurs et d'idées de pointe, mais peine à les transformer en valeur économique. Un thème central a été le décalage entre les résultats universitaires et leur mise en œuvre réussie sur le marché, attribué en grande partie à un manque d'investissements en R-D des entreprises et de capitaux prêts à prendre des risques. Les participants ont souligné que les modèles de financement actuels sont souvent trop réticents au risque, exigeant des indicateurs de revenus que les jeunes entreprises de technologies de pointe ne peuvent atteindre. La discussion a mis en lumière la fragmentation des politiques de propriété intellectuelle entre les institutions, un obstacle majeur à la rapidité et à l'efficacité. Les intervenants ont plaidé pour un changement de culture vers une « approche de portefeuille » qui crée de nombreuses petites opportunités en phase de démarrage, en acceptant un taux d'échec élevé afin de repérer les projets exceptionnels créateurs de valeur. De plus, l'importance de bâtir des écosystèmes régionaux connectés à l'échelle mondiale, plutôt qu'isolationnistes, a été soulignée comme essentielle pour retenir les talents et attirer les investissements.
Messages à retenir/État actuel des défis
- Écart entre la recherche et la commercialisation : Bien que le Canada fasse preuve de résilience en matière de production de talents et de production bibliographique, il échoue manifestement à traduire ces atouts en avantages économiques concrets ou en investissements durables dans la recherche et le développement des entreprises.
- Manque de capitaux tolérants au risque : L'écosystème souffre d'un manque criant de capitaux privés disposés à investir dans les phases initiales, avant même la génération de revenus, des technologies de pointe, contrairement à des juridictions comme les États-Unis où la tolérance au risque est plus élevée.
- Cadres de propriété intellectuelle fragmentés : Il n'existe aucune coordination nationale en matière de gestion de la propriété intellectuelle ; chaque institution applique des politiques différentes, ce qui entraîne des négociations de licences lentes et non standardisées qui freinent les jeunes entreprises.
- Critères de financement restrictifs : Les programmes de financement public exigent souvent des startups qu'elles démontrent un chiffre d'affaires ou un effectif minimum existant, excluant de fait les entreprises de technologies de pointe axées sur la recherche qui passent des années en développement avant d'être monétisées.
- Échelle du programme insuffisante : Les programmes de commercialisation canadiens actuels (par exemple, NSERC I2I) fonctionnent à une fraction de l’échelle de leurs équivalents internationaux comme le SBIR américain, ce qui entraîne un nombre insuffisant de « tentatives » pour générer un impact économique significatif.
- Aversion culturelle à l'échec : L'écosystème canadien résiste culturellement à l'échec, visant des taux de réussite élevés dans les projets financés, ce qui contraste avec les modèles d'innovation efficaces qui acceptent des taux d'échec élevés (jusqu'à 98 %) pour découvrir des licornes.
- Incitations académiques mal alignées : Les chercheurs en début de carrière sont confrontés à des freins à la commercialisation, car les structures de titularisation et de promotion privilégient la recherche fondamentale et les publications par rapport à l'innovation et à la mise sur le marché.
- Exigences de correspondance inadaptées : Le financement de la recherche appliquée exige souvent une contribution financière à parts égales de la part des partenaires industriels, ce qui force la cession précoce de la propriété intellectuelle à des multinationales et empêche la création de jeunes entreprises canadiennes indépendantes et susceptibles d'attirer des investissements.
Recommandations/prochaines étapes
- Adoptez une stratégie d'investissement de portefeuille : Modifier les modèles de financement pour miser sur de nombreux petits investissements dans des startups en phase de démarrage, en acceptant que la grande majorité échouera, mais en comptant sur les quelques succès retentissants pour couvrir les coûts et stimuler la croissance.
- Harmoniser les politiques en matière de propriété intellectuelle : Mettre en œuvre des cadres de licences standardisés et transparents (tels que l’accord « SAIL » proposé) entre les institutions afin d’accélérer le transfert de technologie des laboratoires aux startups.
- Réduire les risques liés aux phases initiales grâce au financement gouvernemental : Le gouvernement devrait privilégier le financement des phases de développement technologique à haut risque et précédant la génération de revenus afin de réduire suffisamment les risques des projets pour que les capitaux privés puissent éventuellement prendre le relais.
- Créer des mécanismes de financement « intermédiaires » : Développer des sources de financement pour l'optimisation et la recherche alignée sur le marché qui ne nécessitent pas de contrepartie financière immédiate de l'industrie ni de nantissement de la propriété intellectuelle, permettant ainsi aux jeunes entreprises de conserver le contrôle de leurs inventions.
- Réformer les récompenses universitaires : Les institutions devraient reconnaître et récompenser officiellement les efforts de commercialisation et l'esprit d'entreprise dans les critères de titularisation et de promotion afin d'encourager l'engagement du corps professoral dans l'innovation.
- Construire des écosystèmes connectés à l'échelle mondiale : Privilégier la création de partenariats régionaux intégrés aux marchés et aux chaînes d'approvisionnement mondiales, plutôt que de tenter de protéger les innovations nationales par des politiques isolationnistes.
- Développement des rôles dédiés à la commercialisation : Accroître les investissements dans des chaires de recherche spécialisées et dans le financement de programmes axés spécifiquement sur la commercialisation afin de constituer une pyramide de talents (postdoctorants, étudiants) visant la mise en application sur le marché.
Redéfinir les indicateurs de valeur : Les décideurs politiques devraient élargir la définition du « retour sur investissement » des fonds publics afin d'y inclure la fidélisation des talents, la création de propriété intellectuelle et le développement d'entrepreneurs en série, plutôt que le seul profit financier immédiat.
Ce résumé est généré à l'aide d'outils d'IA.


