Où sont passés tous les scientifiques au Parlement ?
Auteur:
Dr. Christopher Caputo

Avertissement : La version française de ce texte a été traduite automatiquement et n'a pas été approuvée par l'auteur.
Cet article est dédié à Kirsty Duncan, scientifique devenue parlementaire, qui a défendu avec ferveur les preuves, l'intégrité et le rôle de la science dans la prise de décision publique.
Mots-clés : Politiques fondées sur des données probantes, démocratie canadienne, science au Parlement
Il n’est pas surprenant que la plupart de nos grands défis – des changements climatiques et de la transition énergétique à l’essor de l’intelligence artificielle et à la nécessité de bâtir des systèmes de santé et d’innovation résilients – soient liés à des questions scientifiques et technologiques. Ce qui pourrait toutefois en choquer certains, c’est le manque de formation scientifique chez ceux qui élaborent, débattent et prennent des décisions politiques, alors même que la compréhension des sciences et des technologies est essentielle à une prise de décision éclairée. En effet, alors que le Canada s’attaque à ces problèmes complexes et profondément scientifiques dans le cadre d’une nouvelle phase de construction nationale, une question se pose : où sont les scientifiques au Parlement ?
Il ne s’agit pas d’un problème d’offre : selon Statistique Canada, plus de 200 000 Canadiens travaillent dans la recherche et le développement – un nombre comparable à celui du secteur manufacturier, et qui représente environ les deux tiers de l’emploi total dans l’industrie pétrolière et gazière. Pourtant, seulement 12 des 343 députés actuels, soit 3.5 %, ont fait carrière dans la recherche et le développement, et parmi eux, seulement trois, soit 0.9 %, sont des physiciens de profession. De plus, le Comité permanent parlementaire sur la science et la recherche, composé de dix membres, ne compte qu’un seul chercheur, accompagné d’un ingénieur, d’un médecin et de sept membres n’ayant pas de formation scientifique.
Bien sûr, la composition du Parlement n'a pas à refléter exactement la démographie du pays, mais l'écart est plus marqué que pour d'autres professions. À l'instar des agriculteurs, des enseignants, des avocats ou des chefs d'entreprise, les scientifiques sont aussi des acteurs de premier plan dans leur communauté : ils enseignent, font du bénévolat et innovent, contribuant ainsi à améliorer la vie des Canadiens.
Occuper une fonction publique, quel que soit le palier de gouvernement, n'est pas un détournement de la vocation scientifique, mais bien un prolongement. Lorsque les scientifiques mettent directement leur formation au service de leurs fonctions électives, les résultats peuvent être concrets et durables. Ces exemples ne sont pas des cas isolés. En tant que ministre de la Santé, Jane Philpott a mis à profit son expertise médicale pour promouvoir des réponses fondées sur les données à la crise des opioïdes. Feu Kirsty Duncan a tiré parti de ses connaissances scientifiques pour lancer le Comité permanent de la science et de la recherche et créer le Bureau du conseiller scientifique en chef. En Colombie-Britannique, Andrew Weaver a appliqué son expertise en climatologie pour contribuer à l'élaboration de CleanBC, un cadre visant à réduire considérablement les émissions provinciales de gaz à effet de serre. L'élaboration des politiques publiques et la prise de décisions sont plus efficaces lorsque nos représentants démocratiquement élus reflètent toute la diversité des compétences, des perspectives et des expériences du Canada, et la voix des scientifiques est essentielle pour que le pays puisse aborder le XXIe siècle avec clairvoyance plutôt qu'avec le recul.
Les conseillers scientifiques rendent un service essentiel au gouvernement, mais, de par leur fonction, ils ne sont pas des décideurs. Nous avons besoin de leur expertise en recherche au sein des caucus, là où les priorités sont établies et les compromis trouvés. Un sondage mené en 2022 par le Centre canadien des politiques scientifiques a révélé que les députés sont disposés à partager l'information scientifique en caucus et au Parlement, mais que ces discussions sont plus fondées sur des faits lorsque des experts sont présents. in la chambre.
Les scientifiques sont formés à évaluer les preuves, à composer avec l'incertitude, à collaborer avec des collègues aux opinions divergentes et à adopter une vision à long terme. Cela est d'autant plus important sur les sujets où les preuves les plus solides se heurtent aux opinions les plus tranchées. Une action politique durable et efficace en matière de climat, de transition énergétique, de santé publique, de migration ou de sécurité alimentaire exige des décisions plus que jamais fondées sur des données et moins que jamais sur l'idéologie et la vision à court terme des prochaines élections. C'est particulièrement important aujourd'hui, alors que la désinformation érode la confiance du public.
Le Canada compte parmi les meilleurs scientifiques au monde, et une plus grande participation des scientifiques à la vie politique pourrait enrichir le débat politique actuel sur la construction nationale et la façon dont nous relevons les grands défis qui nous attendent. Les partis politiques canadiens gagneraient à recruter activement davantage de candidats issus du milieu scientifique, à l'instar de ce qu'ils font pour les avocats, les chefs d'entreprise et les militants. Les scientifiques, quant à eux, devraient également répondre à l'appel du service public et s'impliquer davantage dans la vie civique, notamment en briguant des mandats électifs. Ce faisant, ils contribueront aussi à préserver l'efficacité des politiques fondées sur des données probantes et la crédibilité de nos institutions.
La science éclaire, et non attise, les problèmes les plus complexes. Le Canada a besoin de plus de scientifiques au pouvoir dès maintenant. Demain, il sera peut-être trop tard.
Bio: Le Dr Christopher Caputo est professeur agrégé et titulaire de la Chaire de recherche du Canada de niveau II en chimie à l'Université York, et membre d'Action Canada participant à des initiatives nationales en matière de politique scientifique.
Courriel : [email protected]

